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Rites Vodun : Grand ménage dans le corps des Bokonon

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Le Comité des rites Vodun a rencontré, mercredi 23 septembre à Bohicon, une forte communauté des Bokonon dans le cadre de sa tournée nationale. Les deux parties ont convenu de la nécessité d’assainir ce corps.

Des individus qui se proclament Bokonon sans pouvoir justifier d’une formation auprès d’un sachant reconnu. Dépôt des vô (sacrifie) sur les espaces publics. Des séances de consultation sur les réseaux sociaux numériques ainsi que la publicité de recettes supposées magiques. Ces comportements desservent l’ambition du Bénin d’être une terre de splendeurs, une destination prisée.

Le Comité des rites Vodun en a discuté sans langue de bois avec des centaines de Bokonon à l’étape de Bohicon. Le Fa, dit Mahougnon Kakpo, président du Comité et Bokonon lui-même, rappelle la valeur du Fa dans l’ère culturelle Aja-Tado.
« Le Fa n’est pas le messager de Dieu. Le Fa, c’est plutôt le verbe de Dieu », a-t-il d’entrée rectifié. Pour lui, le Fa constitue « notre identité remarquable » et un « domaine universel », ce qui justifie son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. « Nous sommes dans le domaine du Vodun où on ne peut pas se passer du Fa », a-t-il rappelé.

Le président du Comité a dénoncé « beaucoup de déviances » et « beaucoup de non appropriation des pratiques du Fa ». Il a donc attiré l’attention des Bokonon et Babalawo sur ces éléments. Ces derniers ont reconnu la pertinence du diagnostic et des « nouveaux éléments du langage » que les Bokonon doivent désormais adopter.

À l’unanimité, ils ont décidé de suivre les voies tracées par le Comité, convaincus que cette réforme profitera non seulement au Fa, mais aussi à tout le pays. « À partir du moment où nous aurons réussi à consolider la confiance autour du Fa, des Babalawo et des Bokonon, la pratique deviendra une pratique quotidienne ordinaire », a promis Mahougnon Kakpo, avant de conclure : « Le Fa est le flambeau des ténèbres. »

« Le Fa, c’est plutôt le verbe de Dieu »

Le Fa n’est pas le messager de Dieu. Le Fa, c’est plutôt le verbe de Dieu (…) Le Fa est notre identité remarquable. Le Fa est un domaine qui est universel. C’est pour cela qu’il a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.
Nous sommes dans le domaine du Vodun où on ne peut pas se passer du Fa. Il y a beaucoup de deviances, il y a beaucoup de non appropriation des pratiques du Fa.

Nous avons donc attiré l’attention des Bokonon et Babalawo sur ces éléments. Ils ont reconnu que ce que nous avons dit est effectif. Ils ont reconnu que les nouveaux éléments du langage que désormais les Bokonon doivent avoir que c’est pertinent. Par conséquent, à l’unanimité ils ont décidé d’aller sur les voies que nous venons de leur tracer.

Ces voies là qu’ils ont appelé, non seulement le domaine du Fa de façon générale, non seulement les Bokonon et Babalawo eux-mêmes mais tout notre pays en conséquence. Parce qu’à partir du moment où nous aurons réussi à consolider la confiance autour du Fa, des Babalawo et des Bokonon la pratique deviendra une pratique quotidienne ordinaire, une pratique quotidienne normale ; et chaque enfant qui va naître sera orienté sur la voie du Fa. Parce que le Fa est le flambeau des ténèbres.»

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