Aussitôt élu (132 voix sur 133), Ousmane Sonko prend la parole devant l’Assemblée nationale. Ses tout premiers mots sont adressés à son successeur à la Primature. Ahmadou Al-Aminou Lo, 60 ans, a été nommé lundi soir après le limogeage de Sonko.
« Je félicite M. Ahmadou Al Aminou Lo, qui hier a été nommé Premier ministre du Sénégal. Je voudrais rappeler que je connais personnellement le nouveau Premier ministre, que j’ai fait nommer secrétaire général du gouvernement rattaché à la primature que je dirigeais. Avec lui, j’ai cheminé pendant un an et demi et abattu un travail colossal, dans la confection d’abord des référentiels, notamment celui du Sénégal 2050. Et je peux témoigner que c’est un travailleur acharné, un homme compétent et dévoué. »
Ousmane Sonko
Selon le leader du Pastef, son successeur est « un travailleur.» Il assume toutefois avoir des divergences avec lui « sur certaines questions, monétaires comme sur la dette. »
Ahmadou Al-Aminou Lo, est, en effet, un ancien haut fonctionnaire de la BCEAO. Marius Sagna, député du Pastef, dans une publication sur Facebook, lui reproche d’être un pro-FCFA, une ligne contraire au projet qui a fait élire le président Diomaye Faye, souligne-t-il.
« Sa nomination (…) comme premier ministre du Sénégal ne me rassure pas sur l’abolition du franc CFA, sur notre souveraineté à l’égard du FMI…Ce n’est pas un changement de méthode mais de cap auquel veut nous mener le dissident Diomaye. C’est cela le vrai braquage électoral. C’est cela le vrai coup d’État contre PASTEF et ses électeurs. »
Guy Marius Sagna, député sénégalais
« Notre formation politique n’a pas été associée à sa nomination ni à la formation du gouvernement », a, en outre dénoncé, Ousmane Sonko, nouveau président de l’Assemblée nationale.
Dans ce premier discours au ton martial, Ousmane Sonko insiste sur l’éthique politique. Il promet que l’Assemblée nationale assumera fermement ses prérogatives constitutionnelles, notamment le contrôle de l’action du gouvernement.
