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Rites Vodun : À Bohicon, la cause partagée d’une nouvelle ère

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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À Bohicon, le Comité des rites Vodun a bouclé quatre jours de mission par la rencontre avec les fidèles et dignitaires des Vodun Dan et Toxiô avant de mettre le cap sur le nord.

Majoritairement vêtus de blanc, sautoirs au cou. Ils sont venus nombreux, les fidèles et dignitaires des Vodun Dan et Toxiô. La mobilisation est si impressionnante que certains ont dû suivre les échanges par les fenêtres de l’hôtel Ekagnon devenu exiguë.

En langue fongbé, l’orateur principal, Mahougnon Kakpo a passé en revue les pratiques et comportements qui, dans le Vodun, doivent être assainis. Au terme des échanges, les deux communautés ont pris des engagements fermes.
Interviewé à l’issue de la rencontre, le président du Comité des rites Vodun, Mahougnon Kakpo, a rappelé l’ambition portée par la dynamique gouvernementale.

« Nous allons bâtir, conformément à la vision gouvernementale, un nouvel état d’esprit, un état d’esprit de tourisme religieux pour que le Vodun puisse confirmer qu’il est un trésor », a-t-il déclaré. Mais cette démarche n’a rien d’inédit. « Le Vodun n’est pas la première religion authentique qui améliorerait ses pratiques. Toutes les autres religions, dans le monde, sont passées par là », a-t-il souligné.

Le nouvel état d’esprit prôné par le président du Comité des rites Vodun touche aussi à la scolarisation des enfants. Dodji Amouzouvi, professeur titulaire de sociologue religieuse, et pourtant Baba Avimadjènon, Seigneur du Vodun Sakpata, représente, illustre Mahougnon Kakpo, la preuve éloquente de la compatibilité entre Vodun et école classique.

La question de l’hygiène et l’attractivité des couvents Vodun a le plus occupé les échanges. Les immolations sauvages de bêtes, l’exposition hyperbolique du sang surtout sur les réseaux sociaux numériques, Mahougnon Kakpo les a dénoncées sans concession. Menace de sanction, de fermeture de convents ou temples pour les dignitaires qui y persisteraient.

« Il nous est arrivé d’appeler les sapeurs-pompiers à l’aide pour éteindre un incendie chez le Tolègba. Koyi, le Vodun est-il demandeur de l’insalubrité qu’on constate ? Non », a-t-il tranché sous de fortes acclamations.

L’orateur a, en outre, décrypté au parterre de dignitaires le symbole transversal du Vodun. « Certains Vodun, dans leur spécificité, ont des éléments d’identification. Le Vodun, en tant que panthéon, n’avait pas de symbole. Le point représente une sorte d’œuf, qui renvoie à ceux qui pratiquent le Vodun. Désormais c’est ce symbole qui va accompagner, précéder tout ce qui sera fait dans le Vodun. »

Les dignitaires s’engagent

La phase interactive de la séance a révélé la convergence de vue entre le Comité et la communauté des Vodun Dan et Toxiô. Le président national du Vodun Dan s’est réjoui du nouveau regard porté sur le Vodun. « À une époque de notre histoire, un gouvernement a persécuté le Vodun : des couvents, des arbres sacrés ont été détruits. Aujourd’hui, le même pouvoir politique défend la cause du Vodun. C’est une bonne nouvelle. »

Il a également pris l’engagement de répandre la nouvelle donne. « Le Vodun est aujourd’hui valorisé. Nous dignitaires sommes prêts à nettoyer. Nous souhaitons que ces actions soient périodiques. Je m’engage à diffuser ces nouvelles notions aux fidèles qui ne sont pas venus. »

Le président du Haut conseil national du Vodun Toxiô a, pour sa part, prêté serment. « Nous fidèles, jurons de conjurer toute pratique rétrograde de nature à inhiber le développement de la communauté du Vodun. »

« La soif d’un interlocuteur digne »

Dans la salle, la parole a aussi été donnée au public. Un fidèle a exprimé l’attente de la base. « La mobilisation massive de ce matin est la preuve de la soif qui prévalait, la soif d’avoir un interlocuteur digne qui prenne au sérieux la cause républicaine du Vodun. » Il a formulé deux doléances : « Je plaide pour la création d’une juridiction spéciale qui connaîtra des litiges liés aux forêts sacrées par exemple. Ensuite, je demande aussi que les Vodun days soient rotatifs. Abomey aussi, Abomey-Calavi, etc. »

Des forêts menacées, reconnaît Mahougnon Kakpo avec une promesse forte. « Dans certains milieux, des forêts sacrées sont au coeur de litiges, d’autres sont rognées et fortement réduites aujourd’hui par les habitations. Plus jamais ça ! La forêt sacrée est un patrimoine communautaire. Elles doivent être défendues, protégées. »

Le Comité poursuit la dernière étape de sa tournée nationale à Natitingou et Parakou.

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