Home Actualité Labellisation des rites Vodun : Mission fructueuse auprès de cinq obédiences à Porto-Novo

Labellisation des rites Vodun : Mission fructueuse auprès de cinq obédiences à Porto-Novo

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Le Comité des rites Vodun a achevé, dimanche 20 septembre, l’étape de Porto-Novo de sa tournée nationale. Après Egungun, Oro, Zangbétô et Hunvè, le Vodun Gù a été la dernière obédience reçue. Les dignitaires, à qui des documents de référence ont été distribués, ont adhéré aux bonnes pratiques prônées par le Comité, en vue d’un Vodun assaini et intégré au tourisme religieux. Le professeur Mahougnon Kakpo, président du Comité des rites Vodun fait le bilan. Des participants livrent aussi leur satisfaction.

Mahougnon Kakpo : « Le Vodun en tant que culture, en tant que patrimoine est dans la modernité »

L’étape de Porto-Novo a concerné les Vodun Egungun, Oro, Zangbétô et Hunvè. Aujourd’hui, nous venons d’achever cette étape-là avec le Vodun Gù sur le plan national. Les dignitaires, les hauts dignitaires de ce Vodun ont répondu présents à notre appel. Nous avons donc poursuivi la sensibilisation sur les pratiques, les bonnes pratiques et les pratiques que nous devons bannir, celles que nous devons améliorer et celles que nous devons adopter à partir de maintenant.

Les hauts conseils que nous sommes en train de mettre en place sur le plan national, départemental, communal et d’arrondissement sont appelés à faire respecter ces bonnes pratiques. Nous avons profité pour distribuer les imprimés que nous avons conçus et qui portent des éléments de langage, les éléments d’appréciation de la communauté Vodun, du Vodun et chacun des Vodun, tels que la théologie, le symbole du Vodun, la compréhension que l’on doit avoir du Vodun, les vertus et les comportements que le Vodunsi doit avoir. Nous avons distribué tous ces documents, tous ces imprimés aux responsables des Vodun que nous avons rencontrés.

La réaction est très positive dans le rang des dignitaires et dans le rang des fidèles. La réaction est très positive parce que ces communautés attendaient elles-mêmes déjà qu’une telle organisation puisse se mettre en place et elles ont beaucoup apprécié ce que nous avons dit. Elles ont promis de façon unanime à respecter ce que nous sommes en train de dire afin que les pratiques du Vodun, afin que le milieu Vodun, afin que les temples et couvents Vodun puissent être complètement assainis, aseptisés, hygiéniques et que les bons comportements au niveau individuel, social puissent être davantage adoptés par les membres de cette communauté afin que le Vodun puisse constituer pour nous un patrimoine inaliénable, un patrimoine que d’autres personnes d’autres pays peuvent venir visiter, peuvent venir connaître, découvrir afin de permettre à notre tourisme d’être inséré dans un nouvel esprit, l’esprit d’un tourisme religieux autour du Vodun.

« La religion ce n’est pas ce qui importe pour nous, ce qui importe pour nous c’est la culture, l’assainissement de certaines pratiques de cette culture puisque c’est cette culture-là que nous montrons »

Voilà donc la démarche, les objectifs ainsi que les résultats que nous sommes ainsi en train d’atteindre dans cette sensibilisation des fidèles et pratiquants du Vodun. Ce dont nous sommes en train de parler, c’est de la culture. L’on peut être de culture Vodun sans être de religion Vodun. La religion ce n’est pas ce qui importe pour nous, ce qui importe pour nous c’est la culture, l’assainissement de certaines pratiques de cette culture puisque c’est cette culture-là que nous montrons, c’est cette culture qui est le patrimoine que nous montrons à tout le monde et ce patrimoine-là doit être amélioré. Cela se passe ainsi dans tous les autres pays, dans toutes les autres communautés, c’est parce que nous n’avons peut-être pas les informations que nous croyons que modifier, améliorer, rester dans le goût du temps que cela peut être préjudiciable à ce que nous avons toujours l’habitude de faire et cette façon de dire « c’est ce que nous avons toujours l’habitude de faire » montre que nous restons dépassés.

Le Vodun en tant que culture, en tant que patrimoine est dans la modernité. Dans la modernité parce qu’il nous vient du passé et nous conduit dans l’avenir et le temps fait qu’il y a de l’amélioration, il y a des changements, il y a des innovations et l’homme doit pouvoir s’adapter à son temps. C’est pour cela qu’il y a des éléments qui sont des éléments fossilisés et donc dépassés dans le Vodun que nous devons obligatoirement améliorer.

Nous en avons parlé avec les fidèles, avec les dignitaires et ils sont d’accord avec nous. Ils ont promis de s’insérer dans cette voie pour que nous puissions aller davantage plus loin.

Réactions de participants
Kowé Dodji Avimèdji, président du Vodun Gù au niveau de la commune de Klouékanmè, département du Couffo.

« Je tiens à remercier en général le Comité des rites Vodun et en particulier son président. Les interdictions concernant la publicité sur les réseaux sociaux numériques, il faut poursuivre pour que tout le monde puisse mettre fin à ça. Parce qu’au temps de nos aïeux, il n’y avait même pas de téléphone. Mais pourtant, ils travaillaient. Ils étaient tous des guérisseurs traditionnels, mais aujourd’hui, nous constatons qu’il y a des gens qui ne sont même pas initiés dans le domaine pourtant, ce sont eux qui publient des choses de notre culture sur les réseaux sociaux.

Donc, ma doléance c’est qu’ils mettent fin à ces genres de choses surtout ceux qui publient les feuilles, les tisanes sur les réseaux sociaux. Parce qu’on rencontre beaucoup de cas où les gens publient ces tisanes-là n’arrivent même pas à maîtriser les feuilles qu’ils ont publiées. Secondo, la population qui utilise ces produits a encore d’autres problèmes dus à ces tisanes.

Dandjinou Okelo Soumaila, dignitaire du Vodun Gù :

« J’ai retenu beaucoup de choses. La première chose, ça fait partie du respect que nous devons avoir entre nous d’abord et les comportements dignes qui vont nous permettre de se montrer autrement par rapport à certaines habitudes que nous n’avons pas le droit d’adopter. Et faire en sorte que le respect réservé aux divinités soit un respect digne sur le plan national. Ceux qui ont pris l’initiative pour que le Bénin se retrouve dans une situation où quand on va parler de Vodun, les gens vont savoir que vraiment c’est quelque chose que nous devons adorer sans crainte ni peur et avoir le cœur d’y aller comme nous le voulons. »

Le Comité des rites Vodun poursuit sa tournée à Bohicon dès ce lundi 21 septembre. Il y passera trois jours et reçoit , en premier, la communauté des Vodun Lissa et Nὲsuxwé.

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