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Contrôle des armes légères : L’Unrec renforce les capacités de 22 experts africains à Ouidah

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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La phase pratique du programme de bourse de formation à la gestion et au contrôle des armes légères et de petit calibre (Alpc) a démarré mardi 18 août au Centre de perfectionnement aux actions post-conflictuelles de déminage et de dépollution (Cpadd) de Ouidah. Jusqu’au 21 août, 22 cadres et opérationnels issus de 16 pays africains renforcent leurs capacités sur les mécanismes de contrôle, de marquage et de traçage des armes. À l’initiative, le Centre régional des Nations unies pour la paix et le désarmement en Afrique (Unrec), soutenue par le Bureau des Nations unies pour les affaires du désarmement (Unoda).

Face à la circulation illicite des armes légères et de petit calibre et aux menaces sécuritaires qui traversent les frontières africaines, les Nations unies misent sur le renforcement des capacités des États. C’est dans cette dynamique que se tient, à Ouidah, la phase pratique du programme de bourse de formation initié par l’Unrec dirigé par Anselme Yabouri. Pendant cinq jours, des cadres et opérationnels issus notamment des forces armées, de la police, de la gendarmerie, des douanes et des commissions nationales de lutte contre la prolifération des Alpc prennent part à des sessions destinées à renforcer leurs compétences techniques.

À l’ouverture de la formation, le représentant du gouvernement, le colonel Gbéto, a salué l’initiative et insisté sur la nécessité pour les Africains de prendre davantage en main les questions de sécurité du continent. Selon lui, la sécurité de l’Afrique doit se construire à partir de compétences solides, d’institutions fortes et d’une coopération transfrontalière effective.

Au-delà des connaissances techniques, la formation entend également favoriser la constitution d’une communauté africaine de praticiens. Les participants, venus des cinq régions du continent, sont appelés à poursuivre les échanges et la coopération au-delà de la session de formation.

Représentant le directeur du Cpadd, le commandant Jean-Eudes Bujadoux, directeur des études a rappelé que le centre, créé en 2003, s’est d’abord fait connaître pour son expertise dans le domaine du déminage et de la dépollution. Au fil des années, le Cpadd a développé d’autres domaines de compétences, notamment le stockage des munitions ainsi que les armes légères et de petit calibre. Depuis 2019, le centre dispense également des formations consacrées à la lutte contre les Engins explosifs improvisés (IED).

Cette évolution, explique le commandant Jean-Eudes Bujadoux, permet au Cpadd d’accueillir cette nouvelle session consacrée au contrôle des Alpc. Il a également salué le partenariat établi avec l’Unrec, qui a déjà permis l’organisation de plusieurs formations conjointes.

Les conséquences dépassent la seule question sécuritaire

Ousmane Niang, représentant la coordonnatrice résidente des Nations unies au Bénin a, pour sa part, mis l’accent sur les conséquences humaines de la circulation illicite des armes. Pour lui, la prolifération des Alpc ne constitue pas seulement un problème de sécurité. Elle affecte directement le développement humain, fragilise les communautés et compromet les perspectives de la jeunesse.

Conflits armés, criminalité organisée, violences contre les femmes, déplacement des populations et interruption de la scolarité sont autant de conséquences liées à la circulation illicite des armes. « Derrière chaque arme illégale, il y a une crise humaine », a-t-il souligné.

Ousmane Niang a invité les participants, issus de secteurs et de pays différents, à tirer profit de cette diversité. Pour lui, les expériences acquises dans les différentes administrations peuvent contribuer à améliorer les réponses apportées aux défis sécuritaires. « La coopération ne s’improvise pas en temps de crise », a-t-il déclaré avant d’inviter les stagiaires à partager leurs expériences, à questionner les pratiques établies et à créer des liens professionnels durables.

Unoda : « Les réseaux criminels se moquent des frontières »

Présent à Ouidah pour l’ouverture de la formation, Dr Adedeji Ebo, directeur de l’Unoda et adjoint à la Haute-Représentante des Nations unies pour les affaires du désarmement, a réaffirmé l’engagement de son institution aux côtés des États africains. Il a salué l’expertise du Cpadd, l’engagement de la Cnl-Cpal ainsi que le travail de l’Unrec sur le continent. Pour lui, l’objectif du programme dépasse la transmission de connaissances techniques. Il s’agit surtout de renforcer durablement les capacités nationales et régionales et de permettre aux praticiens de traduire les engagements internationaux et régionaux en actions concrètes.

Le directeur de l’Unoda a rappelé que les armes légères alimentent les conflits, renforcent la criminalité et aggravent les crises humaines. Leur contrôle constitue, selon lui, un levier important de prévention des conflits, de protection des populations et de renforcement de la sécurité humaine.

Il a également insisté sur la nécessité d’une coopération qui dépasse les frontières nationales. « Les réseaux criminels se moquent des frontières. Vos réponses doivent aussi dépasser les frontières », a-t-il souligné aux participants.

La formation prévoit notamment des enseignements sur le marquage et le traçage des armes. Mais pour le responsable onusien, l’enjeu est également de maintenir, après la session, les liens entre les participants grâce au partage d’expériences et à la coopération entre institutions.

Une formation issue d’un programme de bourse de l’Unrec

Cette session constitue la phase ultime du programme de bourse de formation à la gestion et au contrôle des Alpc mis en œuvre par l’Unrec. L’initiative s’inscrit dans le cadre de la Résolution 77/71 adoptée le 7 décembre 2022 par l’Assemblée générale des Nations unies, qui encourage le renforcement des capacités et le contrôle effectif des armes légères et de petit calibre aux niveaux mondial et régional.

La formation vise à constituer un vivier de praticiens africains capables d’appliquer les standards internationaux dans leurs administrations respectives et de contribuer à une meilleure maîtrise de la chaîne de gestion des armes et des munitions.

À Ouidah, les 22 participants issus de 16 pays poursuivront ainsi pendant cinq jours leurs travaux autour des aspects techniques du contrôle des armes. La démarche vise autant l’acquisition de compétences que la construction d’un réseau africain de professionnels capables de coopérer face à une menace qui, elle, ne connaît pas de frontières.

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