« Inspirer. Connecter. Transformer. » : c’est la devise de l’Ong ”Leadership Féminin et Développement” (LFD) créée le 2 avril 2026 à Bohicon. Elle se donne pour mission de lever les freins à l’épanouissement des femmes et des jeunes filles. Mais cette organisation se distingue aussi par une conviction : l’égalité des genres se construit avec les hommes, pas contre eux. Dans cette interview, sa présidente, Nisette Samba, en détaille les objectifs, la gouvernance et les modalités d’adhésion.
Journaliste : Pour nos lecteurs qui découvrent votre organisation, qu’est-ce que Leadership Féminin et Développement ?
Nisette Samba : Merci à vous. Leadership Féminin et Développement, en abrégé LFD, est une organisation non gouvernementale à but non lucratif, apolitique, laïque et sociale, créée à Bohicon le 2 avril 2026 à l’issue de notre assemblée générale constitutive. Elle est régie par la loi n°2025-19 du 22 juillet 2025 relative aux associations et aux fondations en République du Bénin et est régulièrement déclarée auprès des autorités compétentes. LFD œuvre pour le renforcement des capacités des femmes et des jeunes filles, la promotion du leadership féminin, l’autonomisation économique, l’inclusion sociale et la défense de leurs droits et de leur dignité. Notre devise résume tout : « Inspirer. Connecter. Transformer. »
Qu’est-ce qui a motivé la création de cette ONG ?
Un constat simple et préoccupant : les femmes et les jeunes filles, qui constituent une part importante de la population béninoise et mondiale, continuent de faire face à de profondes inégalités et discriminations, notamment dans l’accès à l’éducation, aux opportunités économiques, à la participation sociale et politique, ainsi qu’au marché du travail. Elles sont également touchées par les violences basées sur le genre et par l’insuffisance de protection de leurs droits fondamentaux. Convaincus que l’autonomisation des femmes est essentielle pour bâtir une société équitable, inclusive et durable, les membres fondateurs ont décidé de créer LFD.
Quelle est votre vision et quelle mission vous êtes-vous assignée ?
Notre vision est celle d’« un monde équitable, juste et inclusif où chaque femme est autonome, influente et pleinement actrice du développement ».
À l’horizon 2030, LFD veut être un instrument reconnu d’utilité publique et sociale en matière de promotion du leadership féminin, contribuant directement aux Objectifs de développement durable 1 (Pas de pauvreté), 5 (Égalité des sexes) et 10 (Inégalités réduites), en droite ligne de la Vision Bénin 2060 Alafia.
Notre mission est de renforcer les capacités des femmes et des jeunes filles à travers la formation professionnalisante, la promotion du leadership, l’autonomisation économique et l’inclusion sociale, tout en transformant les normes sociales pour les rendre plus favorables à l’égalité de genre.
Concrètement, sur quels axes allez-vous intervenir ?
Nos objectifs spécifiques sont clairs : renforcer l’autonomisation économique des femmes par la promotion d’activités génératrices de revenus ; offrir des formations professionnalisantes et pratiques intégrant l’innovation et la digitalisation ; promouvoir le leadership féminin et la participation des femmes dans les instances de décision à tous les niveaux ; favoriser l’inclusion sociale des femmes vulnérables ; sensibiliser sur les droits des femmes et lutter contre toutes les formes de discrimination et de violences basées sur le genre ; promouvoir les droits et la santé sexuelle et reproductive ; et intégrer la dimension environnementale dans nos actions. Le tout adossé à des partenariats stratégiques et à des mécanismes rigoureux de suivi, d’évaluation et de redevabilité.
Votre action se limitera-t-elle à Bohicon, où se trouve votre siège ?
Pas du tout. Notre siège social est effectivement à Bohicon, au quartier Saclo, mais LFD est une association d’envergure nationale et à visée internationale. Nos actions démarrent d’ailleurs simultanément à Bohicon dans le département du Zou, à Cotonou dans le département du Littoral, où nous disposons d’une antenne au quartier Zogbohouè, et à Abomey-Calavi dans le département de l’Atlantique.
Nos statuts prévoient en outre des directions exécutives pays et des coordinations régionales, départementales, zonales et communales.
Nous ne saurions limiter nos activités à une région donnée : partout où une femme ou une jeune fille a besoin d’être inspirée, connectée et transformée, LFD a vocation à agir.
On pourrait croire qu’une Ong dédiée au leadership féminin est une affaire de femmes uniquement. Quelle place accordez-vous aux hommes dans votre combat ?
C’est une question essentielle, et je veux être très claire : la promotion du genre n’est pas une guerre contre les hommes, c’est un projet de société qui se construit avec eux. Notre règlement intérieur le dit expressément : est membre de LFD toute personne, sans distinction de sexe, qui partage notre vision et notre mission. La preuve par l’exemple : notre propre Conseil d’administration compte un homme en la personne de notre secrétaire général. L’égalité de genre ne peut pas se réaliser si la moitié de la société reste spectatrice ou, pire, se sent accusée.
Comment comptez-vous, concrètement, impliquer les hommes dans la promotion du genre ?
Notre mission inclut la transformation des normes sociales, et cette transformation passe nécessairement par les hommes : pères, époux, frères, chefs traditionnels et religieux, décideurs.
Nous allons les associer à nos sensibilisations sur les droits des femmes et sur la lutte contre les violences basées sur le genre, car ils sont des alliés stratégiques et des modèles positifs pour d’autres hommes.
Un mari sensibilisé soutient l’activité économique de son épouse ; un leader communautaire engagé fait reculer les pesanteurs qui freinent les filles. Nous invitons donc les hommes à adhérer à LFD, à porter le plaidoyer avec nous et à devenir des champions de l’égalité dans leurs foyers et leurs communautés.
Qui sont les membres du Conseil d’administration qui vous accompagnent dans cette aventure ?
Conformément à nos statuts, le Conseil d’administration compte sept membres, élus par l’assemblée générale constitutive pour un mandat de trois ans renouvelable une fois. Il est composé, outre moi-même, de : Kpeha Véronique Opportune, vice-présidente ; Marcel Tete, secrétaire général ; Edwige Zogo, secrétaire générale adjointe ; Imelda Bangana, trésorière générale ; Inès Rolande Samba, trésorière générale adjointe ; et Véronique Vodonou, chargée de mobilisation. C’est une équipe engagée, à qui l’assemblée générale a exprimé toute sa confiance pour conduire la destinée de l’organisation.
Quelles garanties offrez-vous en matière de bonne gouvernance et de transparence ?
La gouvernance de LFD repose sur trois organes : l’Assemblée générale, organe suprême d’orientation et de décision ; le Conseil d’administration, organe de mise en œuvre ; et une Commission de vérification interne et d’assurance qualité, qui contrôle la gestion, se réunit deux fois par an et commandite des audits externes annuels.
Une Direction générale assure la gestion quotidienne. Nous garantissons l’information régulière de nos membres, un rapport annuel d’activités et un rapport financier, et une reddition de comptes vis-à-vis des membres, des partenaires et des autorités compétentes. La transparence et la redevabilité ne sont pas des slogans chez nous, ce sont des principes statutaires.
Comment devient-on membre de LFD, et à quelles conditions ?
C’est très simple. Toute personne qui partage notre vision et notre mission peut adresser au président du Conseil d’administration un dossier de demande d’adhésion comprenant : le formulaire de demande d’adhésion disponible au siège, rempli et signé, accompagné d’une lettre de motivation ; deux photos d’identité ; la copie d’une pièce d’identité en cours de validité et de l’acte de naissance ; et la quittance de versement des frais d’adhésion, fixés à dix mille (10 000) francs Cfa, payables en un seul versement auprès de la trésorière contre reçu ou sur le compte bancaire de l’Ong. Les dossiers sont étudiés par le Conseil d’Administration et entérinés par l’Assemblée générale, et chaque membre reçoit une carte de membre.
Un appel à lancer à nos lecteurs et lectrices ?
Oui, et de tout cœur. Femmes, jeunes filles, hommes convaincus que l’égalité est une richesse, personnes de bonne volonté : rejoignez Leadership Féminin et Développement ! Ensemble, nous pouvons inspirer, connecter et transformer des vies et des communautés.
Pour adhérer ou obtenir des informations, rendez-vous à notre siège social à Bohicon, parcelle EL 9767s, Lot 2375, Maison Samba, quartier Saclo, Bohicon 1, ou à notre antenne de Cotonou, Lot 2042, Zogbohouè. Vous pouvez aussi nous joindre au +229 01 65 13 53 22 ou au +229 01 96 63 67 51, et par courriel à l’adresse leadershipfeminind@gmail.com. LFD, c’est votre organisation : venez écrire avec nous cette belle page de l’histoire du développement de notre pays.
