Le président de la République, Romuald Wadagni, a créé par décret, la Direction Générale des Services, une entité rénovée qui reprend et renforce les prérogatives de la Direction des services de liaison et de documentation (Dsld), l’ancienne structure chargée du renseignement.
Une réforme à la fois nominale et structurelle. La création de la DGS répond à une dynamique de modernisation des services secrets. Elle repose sur cinq piliers : la préservation de l’intérêt supérieur de la Nation ; la pérennisation de l’action administrative et institutionnelle ; la promotion des valeurs de bonne gouvernance, de responsabilité et d’éthique professionnelle ; le renforcement de l’engagement au service du peuple et des institutions de la République ; et l’adaptation des capacités opérationnelles et stratégiques de l’État aux défis sécuritaires nationaux et internationaux, ainsi qu’aux enjeux diplomatiques contemporains.
La nouvelle DGS se veut mieux structurée et dotée d’un cadre organisationnel renforcé. Elle sera animée par des agents intègres, discrets, loyaux et efficaces. L’objectif est de répondre avec davantage d’efficacité aux menaces émergentes ainsi qu’aux exigences croissantes en matière de sécurité nationale et de coopération internationale avec les services homologues.
Une institution plus structurée pour répondre aux menaces
La réforme des services secrets intervient dans un contexte sous-régional marqué par une recrudescence des défis sécuritaires. Le terrorisme dont l’épicentre était jadis circonscrit au Sahel, se diffuse désormais vers les États du Golfe. Le Bénin, confronté ces dernières années à des menaces terroristes dans sa partie septentrionale, entend ainsi renforcer son dispositif de renseignement pour mieux anticiper et neutraliser les dangers.
Selon l’Institut pour l’économie et la paix, l’indice de terrorisme au Bénin a augmenté pour atteindre 5,43 points en 2025, contre 4,80 points en 2024. L’index global du terrorisme 2025 place le Bénin dans le top 20 mondial des pays les plus touchés par les attaques terroristes. Le président Wadagni a déjà enregistré la première attaque sous son mandat, avec un bilan de quatre morts, selon plusieurs médias. Le gouvernement n’a pas officiellement réagi.
Le capitaine de frégate Orphée Hounkanrin, qui dirigeait la DSLD, a été nommé directeur général des services.
