La ville de Porto-Novo a accueilli, du 13 au 15 juillet, Advocacy Nexus, une convergence régionale consacrée au renforcement des capacités des défenseuses des droits humains. Organisée par le Réseau des femmes leaders pour le développement (Rfld), cette rencontre a réuni 30 participantes issues de 20 organisations de la société civile de huit pays francophones d’Afrique de l’ouest.
La cérémonie officielle d’ouverture a été présidée par Rémy Ngoy Lumbu, rapporteur spécial de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (Cadhp) sur les défenseurs des droits humains. Pendant trois jours, des défenseuses venues du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo, ont renforcé leurs compétences autour de trois thématiques majeures : le plaidoyer numérique, la sécurité numérique et physique, ainsi que la construction de coalitions transfrontalières entre organisations de défense des droits humains.

Invité d’honneur de cette rencontre régionale, Rémy Ngoy Lumbu a prononcé l’allocution inaugurale. Le rapporteur spécial de la Cadhp a salué une initiative qui s’inscrit dans les efforts de renforcement de la protection des défenseuses des droits humains en Afrique, dans un contexte marqué par le rétrécissement de l’espace civique, la multiplication des menaces numériques et les risques auxquels sont confrontés les acteurs de la société civile.
Au cours de l’atelier, les participantes ont été outillées sur les techniques de plaidoyer numérique, les stratégies de communication sur les réseaux sociaux, la documentation des violations des droits humains et la conception de campagnes de sensibilisation.
Elles ont également bénéficié de sessions pratiques consacrées à la protection des données, au chiffrement des communications, à la prévention du harcèlement en ligne et aux réponses à apporter en cas de coupure d’Internet ou de surveillance numérique.
Assistance rapide en faveur des défenseuses

Les échanges ont aussi permis de renforcer les liens entre les organisations participantes afin de favoriser la mise en place de mécanismes de solidarité et d’assistance rapide en faveur des défenseuses exposées à des risques dans leurs pays respectifs. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet Afrofeminist initiative for human rights development in francophone west Africa (Aihrdfwa), mis en œuvre par le Rfld sur la période 2025-2028.
Le projet est financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement (Bmz), avec l’appui de la Deutsche Gesellschaft für internationale zusammenarbeit (Giz).
À l’issue des travaux, les participantes sont reparties avec des outils pratiques destinés à renforcer leurs actions de plaidoyer et la sécurité de leurs organisations. Un mécanisme de suivi régional sur douze mois a également été annoncé afin de consolider les acquis de cette convergence et de maintenir une coopération active entre les défenseuses des droits humains des huit pays représentés.
