Home Actualité Investiture du président Wadagni : l’AES au balcon, main tendue de Cotonou contre le terrorisme

Investiture du président Wadagni : l’AES au balcon, main tendue de Cotonou contre le terrorisme

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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La cérémonie d’investiture Romuald Wadagni, ce dimanche 24 mai, à Cotonou, a été marquée par la présence particulièrement remarquée des hautes délégations des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Le nouveau président a prôné la coopération régionale contre le terrorisme.

Un signal fort de dégel dans un contexte sécuritaire régional tendu ? Le Niger, qui maintient ses frontières fermées avec le Bénin, a tout de même dépêché au Bénin son Premier ministre, Ali Mahaman Lamine Zeine. Le Burkina Faso et le Mali ont dépêché leurs ministres des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré et Abdoulaye Diop.

Ces trois délégations ont été chaleureusement applaudies par le public au moment des salutations protocolaires adressées au président Romuald Wadagni. Dans son discours d’investiture, le successeur de Patrice Talon leur a adressé, sans les nommer directement, un message d’unité africaine et de coopération régionale face aux défis communs, notamment la lutte contre le phénomène terroriste.

« Nous sommes condamnés à travailler ensemble »

En effet, la sécurité et la lutte contre le terrorisme font partie des priorités évoquées par Romuald Wadagni. « Je peux vous rassurer : le Bénin ne cédera ni à la peur ni au relâchement. L’État sera ferme face à tout ce qui menace notre cohésion et notre sécurité.»

Romuald Wadagni prône une lutte qui allie le répressif et le développement socio-économique inclusif. « Nous allons également construire la sécurité par la poursuite du développement des services sociaux de base, l’offre d’opportunités économiques locales et le maintien de la présence effective de l’État partout sur le territoire. Il en sera ainsi car notre sécurité, c’est notre unité ; notre unité, c’est notre force. », a-t-il déclaré.

Il a alors promis la poursuite des investissements dans les forces de défense et de sécurité. Sur la question spécifique du terrorisme, son approche globale est celle de la coopération régionale. Dans un clin d’œil aux délégations des pays voisins présentes, il a martelé l’urgence d’une action commune.

« Ma conviction est que, dans une sous-région confrontée au péril terroriste, nous sommes condamnés à travailler ensemble. Je veux donc réitérer la disponibilité du Bénin à agir de concert avec eux pour venir à bout de ce fléau. »
Et d’ajouter, « Je veux leur dire ma conviction qu’ensemble avec eux, nous pouvons bâtir une Afrique puissante en faisant nos propres choix d’orientation stratégique et en veillant surtout à leur bonne exécution. »

Romuald Wadagni

Les nouveaux choix stratégiques des pays de l’AES ont fortement enrhumé les relations diplomatiques et politiques dans la sous-région. Le Bénin promet donc de respecter lesdits ‘lchoix d’orientation stratégique” des pays de la confédération AES, qui se sont retirés de la Cedeao, ont dénoncé la coopération avec la France jugée néocoloniale et déséquilibrée et se sont tournés vers la Russie pour la lutte contre le terrorisme.

Romuald Wadagni a salué chaleureusement les trois voisins pour leur présence. « À nos pays frères d’Afrique, et d’abord à nos voisins de la sous-région dont je veux saluer ici la présence à nos côtés tant elle nous réjouit, je veux renouveler le message de fraternité du peuple béninois. »

Relations tendues avec le Niger

Depuis septembre 2023, le Niger a rompu sa coopération militaire avec le Bénin. Le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (Cnsp) accusait Cotonou d’avoir « autorisé le stationnement de militaires, mercenaires et matériels de guerre dans la perspective d’une agression voulue par la France, en collaboration avec certains pays de la Cédéao contre notre pays, malgré l’accord de coopération militaire du 11 juillet 2022 liant nos deux Etats » La Cedeao menaçait de réinstaller par la force le président déchu, Mohamed Bazoum.

L’accord de coopération militaire du 11 juillet 2022, dénoncé par le nouveau régime, prévoyait le droit de poursuite au-delà des frontières vu le caractère transfrontalier et mouvant de la menace, ainsi que l’échange de renseignements et des opérations conjointes entre les deux armées, béninoise et nigérienne.

Depuis, le président Tiani a multiplié d’autres accusations de déstabilisation, toujours démenties par le Bénin. Depuis le Niger a renoncé à Cotonou comme port naturel et gardé ses frontières fermées malgré les assurances du gouvernement du président Talon.

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