RÉPUBLIQUE DU BÉNIN
Discours d’investiture du Président de la République
Monsieur Romuald WADAGNI Cotonou, le 24 mai 2026
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Monsieur le Président de la Cour constitutionnelle,
Mesdames et Messieurs les Présidents et membres des Institutions de la République,
Mesdames et Messieurs les Représentants de Gouvernements étrangers,
Mesdames et Messieurs les membres du corps diplomatique et les représentants des organisations internationales,
Chers invités,
Mes chers compatriotes,
En cet instant où le peuple béninois me confie la charge suprême de conduire notre Nation, j’éprouve un sentiment profond de reconnaissance et de gravité.
Je mesure l’honneur qu’il m’a fait le 12 avril dernier, en sortant massivement accomplir son devoir citoyen.
Je mesure surtout la responsabilité qui en découle. Car il est, dans la vie d’une Nation, des moments où une élection dépasse le choix d’un homme pour devenir le choix d’une direction, d’une méthode et d’une ambition partagée.
Mes chers compatriotes,
Au cours des dix dernières années, le Bénin s’est profondément transformé. Les Béninois ont renoué avec le sentiment de fierté et notre pays a retrouvé le chemin du développement.
Ce parcours a exigé des efforts et de la discipline. Il a imposé des sacrifices qui ont permis à notre Nation de retrouver quelque chose d’essentiel: la confiance en elle-même.
C’est la preuve que notre pays pouvait se réformer sans s’effondrer.
Que la rigueur pouvait coexister avec la justice sociale.
Que les institutions pouvaient être remises debout sans perdre l’âme du peuple qui les habitait.
Je veux donc ici rendre hommage au Président Patrice TALON qui, avec détermination, avec le courage des décisions difficiles, la constance des bâtisseurs et la capacité rare à penser le Bénin dans le temps long, a rendu cette renaissance possible.
Je voudrais aussi rendre hommage à nos pères fondateurs, en particulier aux autres Présidents qui se sont succédé à la tête du pays depuis le début du Renouveau démocratique en 1990. Je veux citer les Présidents Nicéphore Dieudonné SOGLO, Mathieu KEREKOU et Boni YAYI.
A leur suite à tous, je veux être le continuateur de la tradition de paix qu’ils ont instaurée au fil du temps et qui nous permet, malgré nos incompréhensions ponctuelles, de faire front ensemble pour relever le défi du développement.
Mes chers compatriotes,
Après le travail de révélation et de transformation engagé, notre devoir est désormais clair: faire en sorte que la force retrouvée de notre État se traduise plus profondément dans la vie quotidienne de chaque famille béninoise.
Notre économie a progressé. C’est une réalité. Mais nous savons tous qu’une croissance nationale n’a de sens que lorsqu’elle devient visible dans la vie ordinaire des populations, lorsqu’un jeune trouve une opportunité dans son milieu de vie habituel.
Oui, la croissance est encore plus perceptible lorsqu’une mère peut faire soigner son enfant sans craindre le coût des soins;
Lorsqu’un agriculteur peut vendre sa production parce que la route est praticable;
Ou lorsqu’une famille accède enfin à l’eau potable, à l’électricité, à un logement décent.
C’est dire que le développement du Bénin doit se vivre dans chaque composante de la Cité et dans chaque territoire de la République.
Aux jeunes du Bénin, qui refusent les fatalités anciennes et veulent réussir ici chez eux par leur travail, je veux dire ceci: le Bénin croit en vous, et il vous donnera les chances de réussir.
Aux femmes du Bénin, qui portent silencieusement une part immense de notre économie et avancent toujours avec courage et dignité, je veux dire ceci: votre accès au financement, à la propriété, à la protection sociale et aux responsabilités sera renforcé.
Aux agriculteurs du Bénin, dont l’abnégation au travail se doit d’être davantage reconnue, je veux dire ceci: vous aurez un meilleur accès à la mécanisation, aux semences adaptées, aux financements pertinents et aux équipements de transformation. Nous construirons une protection sociale agricole, parce qu’une Nation qui respecte celles et ceux qui la nourrissent est une Nation qui se respecte elle-même.
A notre diaspora, à ces femmes et à ces hommes qui vivent loin de leur terre natale mais dont le cœur demeure attaché au Bénin, je veux dire ceci: le pays que nous bâtissons est aussi le vôtre.
Et à celles et ceux que l’histoire a éloignés de cette terre il y a des siècles, fils et filles d’Afrique dispersés par la traite, je veux dire ceci: le Bénin sera toujours la maison du retour. Notre porte demeure ouverte, et notre mémoire, fidèle.
Mes chers compatriotes,
En prêtant serment devant la Nation, je prends aussi un engagement clair, celui d’être le garant de nos institutions, de l’État de droit et des libertés fondamentales.
Car la force d’une démocratie se mesure à la confiance que ses institutions inspirent aux citoyens, à la justice de la République qui leur garantit l’équité de ses règles et la protection effective de leurs droits.
Cela sera d’autant plus important que notre région vit une période de tensions graves avec le terrorisme qui progresse.
Mais je peux vous rassurer: le Bénin ne cédera ni à la peur ni au relâchement. L’État sera ferme face à tout ce qui menace notre cohésion et notre sécurité.
Nous continuerons d’investir dans nos forces de défense et de sécurité.
Et surtout, nous allons également construire la sécurité par la poursuite du développement des services sociaux de base, l’offre d’opportunités économiques locales et le maintien de la présence effective de l’Etat partout sur le territoire.
Il en sera ainsi car notre sécurité, c’est notre unité; notre unité, c’est notre force.
Mes chers compatriotes,
Avec nos pays voisins, nous mettrons un accent particulier sur l’approfondissement de la coopération régionale. Le Bénin continuera d’agir pour la stabilité, le dialogue et le respect.
À nos pays frères d’Afrique, et d’abord à nos voisins de la sous-région dont je veux saluer ici la présence à nos côtés tant elle nous réjouit, je veux renouveler le message de fraternité du peuple béninois.
Ma conviction est que, dans une sous-région confrontée au péril terroriste, nous sommes condamnés à travailler ensemble. Je veux donc réitérer la disponibilité du Bénin à agir de concert avec eux pour venir à bout de ce fléau.
Je veux leur dire ma conviction qu’ensemble avec eux, nous pouvons bâtir une Afrique puissante en faisant nos propres choix d’orientation stratégique et en veillant surtout à leur bonne exécution.
À nos partenaires internationaux qui nous soutiennent dans cette démarche, je veux dire que le Bénin demeurera fidèle à ses engagements et attaché à des partenariats fondés sur le respect mutuel, la confiance et l’intérêt partagé. Le Bénin restera ouvert au monde, sans jamais s’éloigner de lui-même.
Mes chers compatriotes,
La tâche qui s’annonce, qui nous incombe collectivement, est grande.
Je n’ai cependant pas de doute quant à notre capacité à relever le défi. Je suis persuadé que, comme nous l’avons fait ces dernières années pour hisser le Bénin au niveau où il se trouve actuellement, nous saurons encore nous mobiliser, et nul ne sera de trop sur ce chantier, pour prolonger notre belle épopée.
Je connais les attentes immenses qui accompagnent ce mandat. Je connais aussi les impatiences et parfois les inquiétudes de certains d’entre vous.
Je veux prendre devant la Nation un engagement simple.
Je servirai le Bénin avec intégrité, avec courage et avec constance.
Avec la conscience permanente que le pouvoir n’est jamais un privilège personnel.
Que le pouvoir est une responsabilité devant le peuple et devant l’histoire.
En ce jour, je forme un vœu pour notre Nation:
Que le Bénin demeure libre.
Que le Bénin se tienne debout, toujours plus haut.
Et qu’ensemble, nous allions plus loin.
Vive la République.
Vive le Bénin.
Je vous remercie.
