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Projets bancables DURAGIRE

Gestion intégrée des ressources en eau : DURAGIRE accompagne les acteurs locaux vers des projets bancables

Par Sêdaminou Béni AGBAYAHOUN
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Dans le cadre de la mise en œuvre des actions du programme DURAGIRE dans les communes de la moyenne et basse vallée de l’Ouémé, une mission d’accompagnement est en cours depuis le mois de juillet et ce jusqu’en octobre. Son objectif est de renforcer les capacités opérationnelles des Comités de Gestion des Actions GIRE (CGA GIRE) non couverts par les actions du programme. Déployée dans les espaces de compétence des Comités locaux de l’eau (CLE), elle œuvre à faire émerger des initiatives locales, les transformer en projets bancables et à aider les acteurs à mobiliser durablement des financements pour répondre aux enjeux liés à l’eau et au climat.

Marcellin Toha est un paysan. Il vient du village de Tangnigbadji, commune de Zè. Il a pris part, le vendredi 4 septembre, avec plusieurs autres concitoyens, membres d’ONG, de la mairie, du CGA GIRE, des CLE et des Plateformes Locales de Réduction des Risques de Catastrophe (PL/RRC-ACC) à la séance d’échange en vue de monter un projet bancable dans sa localité en matière de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE).

« Nous n’avons pas d’eau, ni de cours d’eau. En temps de pluie, il y a un point où l’eau est retenue et que nous utilisons pour nos besoins en productions agropastorales. Mais ce répit ne dure que quelques semaines. En saison sèche, le bassin s’assèche entrainant la perte de nos produits et le retour à la pénurie d’eau. Nous avons échangé avec les acteurs du programme DURAGIRE qui nous ont demandé de proposer des initiatives locales pour soulager nos peines », a témoigné Marcellin.

Ici à Zè centre, le projet en débat est relatif à la construction de forages pour aider les populations demandeuses dans leurs activités.

La GIRE au Bénin repose entre autres sur la capacité des acteurs locaux à identifier les difficultés de leurs terroirs et à construire des réponses adaptées. C’est dans cette dynamique que s’inscrit la mission d’opérationnalisation des CGA GIRE non couverts par les actions de DURAGIRE. Le programme intervient dans 14 communes. La mission actuelle prend en compte 12 d’entre elles.

Dans son approche, la mission s’appuie sur les réalités vécues par les communautés. Elle accompagne les CGA GIRE dans l’identification des problématiques liées à l’eau, leur hiérarchisation, puis l’émergence d’initiatives locales portées par les communautés elles-mêmes et susceptibles d’apporter des réponses adaptées. « Ce sont eux qui y vivent, ils maîtrisent mieux les réalités », explique Khévine Robaverge Mahougnon DJOGLI, chef de la mission.

Cette démarche s’inscrit dans le prolongement des actions de renforcement de capacités déjà engagées par DURAGIRE. Au quatrième trimestre de 2025, des communes et ONG locales avaient notamment été renforcées sur l’accompagnement des structures locales de GIRE et la formulation de sous-projets. La nouvelle mission travaille à passer davantage de l’acquisition de connaissances à leur mise en application. Elle appuie directement les CGA GIRE qui n’ont pas encore bénéficié d’actions de mise en œuvre de projets.

Projets bancables DURAGIRE

Rompre avec la dépendance au seul financement de DURAGIRE

La particularité de cette mission réside dans le fait qu’elle va permettre aux structures locales de mieux formuler leurs besoins, concevoir des réponses structurées. Mais aussi et surtout, rechercher elles-mêmes les ressources nécessaires à leur réalisation.

La recherche de financements constitue l’un des axes majeurs de la mission. Les initiatives identifiées par les communautés ne nécessitent pas toutes de lourds financements. Certaines peuvent être réalisées localement grâce à l’appui de DURAGIRE. D’autres, en revanche, exigent des financements plus importants et doivent être transformées en projets bancables susceptibles d’être soumis à des appels à projets, a expliqué le chef de la mission.

Le dispositif prévoit notamment un dossier bancable par espace de CLE, avec la participation d’au moins un CGA GIRE ciblé. La mission a fait le choix de favoriser une approche en consortium, en impliquant les CLE, les communes, les ONG locales et les PL/RRC-ACC dans la préparation et le suivi de ces dossiers. Pour les projets nécessitant d’importantes ressources, cette mise en consortium présente, selon le chef de la mission, l’avantage de renforcer la qualité des propositions, de mutualiser les compétences et de consolider les capacités de mise en œuvre.

Pour Khévine Robaverge Mahougnon DJOGLI, « le programme DURAGIRE, qui appuie les CGA GIRE et les CLE, ne sera pas là indéfiniment pour les accompagner financièrement ». Les projets bancables doivent donc devenir un instrument d’autonomisation. Une fois les financements mobilisés, les organisations concernées pourront davantage porter elles-mêmes la mise en œuvre des actions sur le terrain et consolider leurs capacités de gestion des ressources en eau.

Plus près des communautés

Sur le terrain, 47 villages sont concernés par les activités. Le chronogramme de la mission prévoit l’intervention de quatre animateurs dans les communes et villages. Leur mission, organiser les séances d’apprentissage communautaire et accompagner la formulation des projets bancables au niveau des espaces de CLE.

Les problématiques identifiées sont diverses selon les localités. Elles concernent, entre autres, des actions et initiatives de curage et d’aménagement de canaux et de drains, la réalisation de retenues d’eau, la réalisation de forages, ainsi que bien d’autres besoins liés à la gestion des ressources en eau. A terme, les actions devraient soulager les populations dans la conduite de leurs activités génératrices de revenus – maraîchage, pisciculture, élevage, agriculture. Mais aussi renforcer leur résilience face aux défis climatiques et à la crise de l’eau.

« La crise de l’eau demeure une réalité d’actualité. Elle est étroitement liée aux effets du changement climatique. Si certaines problématiques sont aujourd’hui moins perceptibles dans les espaces CLE, c’est notamment grâce aux interventions du programme DURAGIRE au cours des dernières années, qui ont permis d’apporter des réponses concrètes à plusieurs d’entre elles. Toutefois, des défis persistent et nécessitent encore des actions adaptées et durables », souligne Khévine Robaverge Mahougnon DJOGLI.

De l’accompagnement à l’autonomie

La mission qui devrait se poursuivre jusqu’en octobre apparaît ainsi comme un trait d’union entre renforcement des capacités des acteurs et leur autonomisation pour des actions concrètes. Au-delà d’aider les CGA GIRE à identifier leurs difficultés, il est davantage question de leur donner les moyens de transformer ces difficultés en initiatives, puis en propositions susceptibles d’attirer des financements.

Le programme DURAGIRE entend ainsi faire évoluer les CGA GIRE ciblés de bénéficiaires d’appui à acteurs capables de porter leurs propres réponses aux problèmes de l’eau. Dans des territoires où les effets de la crise climatique se conjuguent à des besoins persistants en matière d’accès, de gestion et de valorisation de la ressource eau, la capacité d’initiative et de mobilisation financière pourrait constituer l’un des leviers de pérennisation de la gestion intégrée des ressources en eau au niveau local. L’enjeu sera alors de maintenir la dynamique en cours au-delà de la mission.

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