En vue de consolider les acquis significatifs du programme OmiDelta, le ministère de l’Energie, de l’eau et des mines (Meem) a lancé mercredi 6 mars à Cotonou, le programme DURAGIRE-Delta Ouémé. Il est financé par l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas près le Bénin et mis en œuvre par le consortium SNV-VNG-ANCB.
« Nous étions inondés tout le temps. Même quand il ne pleut pas. Nous usions alors des déchets comme remblaie. Mais grâce au programme OmiDelta nous n’avons plus ce problème. On nous a réalisé des caniveaux et appris qu’il faut canaliser l’eau ». Voilà le témoignage de Rose Dossou-Yovo Houangni, résidente à Tokpa Zoungo. Localité située dans la commune d’Abomey-Calavi.
Comme elle, Antoinette Degbo du marché de Djassin Tokpa et les autres usagers du marché ont bénéficié des fruits du projet. « En période de crue, nous ne pouvions pas vendre nos poissons. L’inondation nous chassait. Le projet a permis de réaménager la rive. Et nos activités ont repris de plus belle », témoigne-t-elle. Toutefois, souligne la commerçante, « nous avons toujours des difficultés et avons encore besoins de l’appui du projet ». Ce besoin, le consortium SNV-VNG-ANCB, en est conscient. C’est la raison d’être même du programme DURAGIRE. Il ambitionne créer une synergie d’actions autour de la ressource eau pour un usage optimal. Mais également prévenir les risques qui y sont liés.
« L’évaluation a confirmé de très bon résultats d’OmiDelta. Mais aussi il y avait quelques défis en termes de durabilité », révèle Jeanette de Regt, directrice de la SNV. « Les différents épisodes d’inondations que notre pays a connus montrent que les avancées en matière de Gestion intégrée des ressources en eau [GIRE] sont insuffisantes », souligne Luc Sètondji Atrokpo. D’où le lancement du projet DURAGIRE.
Il est « une réponse proactive et stratégique aux défis » des communautés locales en matière de sécurité hydrique, de responsabilisation dans les acquis de OmiDelta, d’effectivité de la GIRE dans le bassin de l’Ouémé et de prévention des risques et catastrophes liés à l’eau, précise Chabi Konlo Chabi, représentant du ministre de l’Energie, de l’eau et des mines.
Gains et défis
« L’eau pourtant nécessaire à la vie demeure une menace constante pour nos communauté », constate Luc Sètondji Atrokpo, président de l’ANCB. « Comment pouvons-nous transformer l’eau, source de vie et de richesse, en une force positive éloignant de nos communautés, les malheurs et le désespoir ? » La question guide les actions de l’Association nationale des communes du Bénin (Ancb) « depuis les inondations dévastatrices de 2010 ». Et dont les souvenirs ont été ravivés par celles de 2022.
OmiDelta a permis de mettre en œuvre des actions concrètes contre l’érosion des sols, la sécheresse et les inondations. Il a contribué à la valorisation des ressources en eau notamment sur le plan économique. OmiDelta a également favorisé l’amélioration de la gouvernance locale de la GIRE et la mise en place d’un système d’alerte précoce communautaire contre les inondations.
En dépit des nombreux acquis, plusieurs défis restent à relever. Par exemple la mise en place et l’opérationnalisation des organes de gouvernance de la GIRE, l’opérationnalisation du cadre réglementaire de la GIRE ou encore l’implication des communes dans la mise en œuvre de la GIRE. Ce qui appel à l’engagement de tous les acteurs impliqués ; engagement pris par Luc Atrokpo au nom de ses paires. « Nous sommes convaincus qu’une bonne synergie d’actions entre les différents acteurs et un montage institutionnel adéquat peuvent garantir une meilleure gestion des ressources en eau ».
DURAGIRE-Delta Ouémé vient donc consolider les acquis du programme OmiDelta. Notamment en termes de durabilité de la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE). Il s’étant sur la période 2024-2026. Son point d’impact : les 16 communes du delta de l’Ouémé dont 14 déjà intégrées et 2 à déterminer. Il ambitionne aider les collectivités locales à faire face à deux défis majeurs. Il s’agit des inondations et les effets dévastateurs des changements climatiques.

Valorisation et prévention
L’objectif global de DURAGIRE est de contribuer à l’amélioration de la résilience des communautés du delta de l’Ouémé face aux risques liés à l’eau. Au-delà de l’intervention, VNG International espère « que ce soit trois ans de renforcement de capacités ». Les communautés pourront alors par elles-mêmes, poursuivre les actions, souhaite Hervé Dossoumou, représentant pays de VNG International.
DURAGIRE-Delta Ouémé va d’implémenter sur la base des initiatives locales. Son champ d’action se décline en trois actions majeures autour de la ressource en eau. « Coordonner ses usages pour un accès équitable à l’eau, préserver la ressource pour qu’elle puisse rendre des services aux populations et aux générations futures et aussi se protéger contre cette ressource en eau », énumère Lise Florin, cheffe de projet DURAGIRE-Delta Ouémé.
D’un coût global de 11 millions d’euros, soit 7,2 milliards Fcfa, DURAGIRE-Delta Ouémé est financé par l’ambassade royale de Pays-Bas. L’Organisation néerlandaise de développement (SNV), l’Agence de coopération internationale de l’association des municipalités néerlandaises (VNG) et l’Association nationale des communes du Bénin (Ancb) en assureront la mise en œuvre.
La cérémonie de lancement du projet a connu la participation de l’ambassadeur des Pays-Bas près le Bénin, Joris Jurriëns. Il voit en ce projet, la consolidation des relations entre le Bénin et les Pays-Bas. « Depuis 2003, l’ambassade du Royaume des Pays-Bas accompagne le Bénin dans le secteur de l’eau avec le budget d’aide au développement ». DURAGIRE en est « la dernière phase ». L’ambassadeur compte sur chacune des parties prenantes pour, à la fin du programme, « être capable de gérer les infrastructures et les aménagements par eux-mêmes ».
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