Home Actualité Couverture médiatique des Dssr et de l’Ivg sécurisée : L’Aj-Ssr renforce les capacités d’une vingtaine de journalistes et blogueurs

Couverture médiatique des Dssr et de l’Ivg sécurisée : L’Aj-Ssr renforce les capacités d’une vingtaine de journalistes et blogueurs

Par Koladé Raymond FALADE
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À l’initiative de l’Association des journalistes en santé sexuelle et reproductive au Bénin (Aj-Ssr), une vingtaine de journalistes et blogueurs ont pris part, jeudi 27 et vendredi 28 août à Bohicon, à un atelier résidentiel consacré à la couverture médiatique des Droits et de la santé sexuels et reproductifs (Dssr) et de l’Ivg sécurisée.

Durant ces deux jours, les participants ont été outillés sur plusieurs thématiques, notamment la maîtrise du cadre juridique encadrant les Dssr et l’Ivg sécurisée, le renforcement de l’écriture journalistique sur les sujets liés aux Dssr et la production de contenus adaptés aux différents formats médiatiques, notamment les articles, reportages et productions radio, télévision et digitales.

Animée par Elvis Sériki, cette session a permis aux participants de revisiter la loi n° 2021-12 du 20 décembre 2021 modifiant et complétant la loi n° 2003-04 du 3 mars 2003 relative à la santé sexuelle et à la reproduction, ainsi que le décret n° 2023-151 du 19 avril 2023 fixant les conditions d’Interruption volontaire de grossesse.

La formation a également accordé une place importante à la pratique. Travaux de groupe, exercices individuels, proposition de sujets et rédaction de pitches ont rythmé les différentes séquences de l’atelier. Pour Fulbert Adjimehossou, journaliste scientifique et formateur, cette approche devait permettre aux participants de passer des connaissances acquises à la production de contenus journalistiques concrets sur les Dssr et l’Ivg sécurisée.

La présidente de l’Aj-Ssr, Olive Oussougoué, a félicité et remercié les journalistes et blogueurs ayant pris part à la formation. Elle les a encouragés à travailler davantage sur les sujets liés aux Dssr et à l’Ivg sécurisée afin de mieux informer, sensibiliser et éduquer la population.

Les participants ont été sélectionnés à la suite d’un processus marqué notamment par un appel à candidatures. Environ 200 dossiers ont été enregistrés au cours de cette étape, avant la sélection des journalistes et blogueurs retenus pour l’atelier.

Au terme de la formation, chaque participant devra produire, dans un délai d’environ un mois, un contenu sur l’Ivg sécurisée. Ces journalistes et blogueurs, dont plusieurs travaillent déjà sur ces questions, ont pris l’engagement de poursuivre dans cette dynamique.

À travers ces productions, l’Aj-Ssr entend contribuer à une meilleure information du public sur les Dssr et l’Ivg sécurisée, mais aussi à alimenter le débat sur l’application et l’amélioration des dispositions légales encadrant l’Ivg au Bénin.

Fulbert Adjimehossou : «Nous souhaitons que ces réflexions puissent déboucher sur des productions journalistiques»

Journaliste : Vous avez été formateur au cours de cet atelier qui s’est déroulé pendant deux jours. En gros, que retenir de cette formation et quelle était la raison d’être de cette thématique ?

Fulbert Adjimehossou : D’abord, ce n’était pas un atelier de formation en tant que tel, mais plutôt un atelier de co-construction. Pendant deux jours, nous avons réfléchi ensemble, entre confrères, à la manière d’utiliser les données probantes et les études scientifiques pour mieux documenter nos productions journalistiques et contribuer à l’amélioration des politiques en matière de santé sexuelle et reproductive. Nous avons notamment échangé sur le gap qui existe aujourd’hui entre les dispositions prévues par la loi et leur mise en œuvre sur le terrain.

Nous avons également réfléchi à la manière de nous appuyer sur les recommandations issues des études scientifiques pour en faire des productions journalistiques pertinentes et bien documentées. Nous avons aussi travaillé sur la mise en œuvre de l’approche de l’enquête par hypothèse.

Puisque nous réalisons des enquêtes journalistiques fondées sur des données probantes, nous devons pouvoir partir d’hypothèses et mobiliser les démarches scientifiques pour mieux étayer nos sujets, les argumenter et les nourrir d’évidences. L’objectif est que, lorsque ces productions sont diffusées auprès du public, elles puissent contribuer à la prise de décisions éclairées.

Je suis très heureux de cette rencontre parce qu’entre confrères, nous avons pu faire émerger beaucoup d’idées de sujets, mais également des formats innovants pour sensibiliser, éduquer et alerter sur les situations liées à la mise en œuvre, ou à la non-mise en œuvre, de la loi de 2021 portant sur la santé sexuelle et reproductive au Bénin. Cette loi réglemente notamment l’accès aux soins d’interruption volontaire de grossesse (IVG) sécurisés.

Quelles sont vos attentes à l’issue de cet atelier ?

Mes attentes sont également celles des participants, puisque nous sommes entre confrères. Nous souhaitons surtout que, dans les prochains jours, ces réflexions puissent déboucher sur des productions journalistiques.

Le mois de septembre sera marqué par une journée dédiée à l’IVG. Avant cette échéance, nous devons pouvoir produire des contenus permettant de montrer ce qui a été fait cinq ans après l’adoption de la loi, trois ans après la prise du décret d’application, et ce qui est fait aujourd’hui.

Il s’agit aussi de comprendre pourquoi, malgré ce cadre légal, on constate encore des cas d’avortements clandestins dans certaines localités et des situations rapportées par plusieurs études scientifiques.

Nous avons encore suffisamment de temps, puisqu’il reste environ un mois avant la Journée dédiée à l’IVG. Pendant cette période, les confrères ont la possibilité de réaliser des interviews, des reportages et des enquêtes. Nous-mêmes, en tant que journalistes, avons le devoir de faire ce travail afin que les médias puissent apporter une contribution significative à la documentation de la mise en œuvre, ou non, de la loi portant sur la santé sexuelle et reproductive au Bénin dans le cadre de l’année 2026.

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