Sans langue de bois, le président Romuald Wadagni a admis, dans son discours d’investiture ce dimanche 24 mai, l’impératif de faire entrer la croissance économique dans le quotidien des Béninois.
Romuald Wadagni prend ses distances avec le seul langage des indicateurs macroéconomiques. Le successeur du président Talon a annoncé dans son discours d’investiture au palais des congrès, à Cotonou sa priorité de traduire la croissance économique dans les assiettes des populations. En effet, a-t-il expliqué, « Une croissance nationale n’a de sens que lorsqu’elle devient visible dans la vie ordinaire des populations. »
Wadagni reconnaît les progrès accomplis sous le régime Talon : « Notre économie a progressé. C’est une réalité. » Toutefois, cette performance nationale doit se muer en bien-être local. « Après le travail de révélation et de transformation engagé, notre devoir est désormais clair : faire en sorte que la force retrouvée de notre État se traduise plus profondément dans la vie quotidienne de chaque famille béninoise », a-t-il insisté.
Il donne des exemples concrets qui parlent à tous : une mère qui soigne son enfant sans craindre le coût des soins, un agriculteur qui écoule sa production grâce à une route praticable, une famille qui accède à l’eau potable, à l’électricité, à un logement décent.
Cibles prioritaires
Wadagni s’est spécifiquement adressé à certaines composantes, loin des déclarations d’intention vagues. Parmi ces catégories, figurent, primo, les jeunes. « Aux jeunes du Bénin, qui refusent les fatalités anciennes et veulent réussir ici chez eux par leur travail, je veux dire ceci: le Bénin croit en vous, et il vous donnera les chances de réussir. » Le nouveau président leur dit donc qu’il est possible de se réaliser au pays, dans le milieu de vie habituel. Une déclaration forte contre l’aventure périlleuse de l’immigration clandestine.
Secundo, Romuald Wadagni s’est adressé aux femmes dont il a loué la contribution silencieuse à l’économie. Il s’est engagé à renforcer leur « accès au financement, à la propriété, à la protection sociale et aux responsabilités ».
Un septennat sous le signe du territoire et de l’inclusion
Tertio, Romuald Wadagni considère les agriculteurs comme les nourrisseurs de la nation. Il leur promet mécanisation, semences adaptées, financements pertinents, équipements de transformation et, innovation majeure, « une protection sociale agricole ». Car, « une Nation qui respecte celles et ceux qui la nourrissent est une Nation qui se respecte elle-même. »
Le président a conclu ce volet social par une phrase à vocation programmatique. « C’est dire que le développement du Bénin doit se vivre dans chaque composante de la Cité et dans chaque territoire de la République » Autrement, Romuald Wadagni dédie son septennat à une véritable inclusion : ne plus concentrer les fruits de la croissance dans les centres urbains, mais irriguer les zones rurales, les communes oubliées, les terroirs agricoles.
Son discours d’investiture reste donc constant avec sa promesse électorale de créer six pôles de développement axés sur les potentialités économiques de chaque région.
