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Académie nationale de médecine de France : Justin Lewis Denakpo dans le cercle sacré des immortels

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Il est né à Porto-Novo, a grandi dans la vallée de l’Ouémé, et vient de faire entrer le Bénin dans le cercle très fermé des plus grands médecins du monde. Le professeur Justin Lewis Denakpo, gynécologue-obstétricien, a été élu à l’Académie nationale de médecine de France. Une entrée dans le cercle sacré des immortels de la médecine.

Sur sa page Facebook, Justin Lewis Denakpo n’a pas masqué l’émotion. « Dieu règne. Oui, je crie allégresse. Alléluia », écrit-il, comme un homme qui vient de gravir une montagne et contemple enfin l’horizon. L’horizon, pour lui, c’est une institution vieille de plus de deux siècles, fondée par Napoléon Bonaparte, et qui vient d’ouvrir ses portes à un fils de Gangban, modeste commune d’Adjohoun, dans la vallée de l’Ouémé.

Le professeur Justin Lewis Denakpo est entré dans l’histoire. L’Académie nationale de médecine de France, temple du savoir médical occidental, accueille désormais un Béninois pur, professeur titulaire des universités du CAMES, et qui a fait de la santé maternelle son combat de toute une vie.

Né à Porto-Novo, de Nestor Boton Denakpo et Marie Adonhiho Hounwanou, le professeur n’a jamais oublié ses racines. Dans son message de remerciement, il les cite avec fierté. « Dignes fils et fille de Gangban ». Cette nomination, il ne la vit pas comme une consécration personnelle, mais comme un retour de flamme sur tout un peuple, toute une génération de jeunes Africains qui pourraient, demain, suivre la même trajectoire.

Le parcours du professeur Denakpo n’a rien d’un long fleuve tranquille. Il a fallu des années de travail acharné, des nuits passées à étudier, des dizaines de publications, des milliers de patientes sauvées, des centaines d’étudiants formés. Il s’est imposé comme une référence dans le traitement des grossesses à risque, la médecine fœtale et la gynécologie-obstétrique. Il a exercé dans les hôpitaux les plus prestigieux de France — Port-Royal, Necker — mais toujours avec le même objectif : ramener ce savoir au Bénin.

Une élection, un message

Ce qui frappe dans l’élection du professeur Denakpo, c’est la mobilisation exceptionnelle dont il a bénéficié. Il cite des noms qui pèsent lourd dans le monde médical : les professeurs Laurent Mandelbrot, Richard Villet, Yves Ville, membres influents de l’Académie, mais aussi le professeur Marc Gentilini, 98 ans, ancien président de l’Académie, qualifié de « pape de la médecine tropicale ». Et surtout, le professeur Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix, « digne fils d’Afrique » qui a soutenu sa candidature jusqu’au bout.

Cette coalition de soutiens, à la fois français et africains, montre que l’excellence médicale n’a pas de frontières, et l’Afrique produit aujourd’hui des talents capables de siéger dans les plus hautes instances mondiales. Le professeur Denakpo ne l’a pas dit en ces termes, mais son parcours le crie plus fort que tous les discours.

Dans son message, le professeur Denakpo rapporte une formule de son ami anesthésiste-réanimateur, qui résume à lui seul l’état d’esprit du nouvel académicien : « Cela n’arrive pas à ceux qui choisissent de se suicider. »

Une phrase choc, qui sonne comme un avertissement à tous ceux qui, découragés par les difficultés du système, renoncent à leurs rêves. Mais aussi un appel à la persévérance, à la foi — cette foi chrétienne que le professeur revendique haut et fort, ce « plan de Dieu implacable » qui, selon lui, finit toujours par se réaliser.

Le professeur Denakpo n’oublie pas non plus les « personnes toxiques » qu’il a croisées en chemin. « Il y a toujours quelques personnes toxiques qui oublient une chose, le plan de Dieu pour chacun est implacable et se déroule toujours comme il l’a prévu. » Une façon élégante de rappeler que les détracteurs, les jaloux, les sceptiques, n’ont finalement pas eu le dernier mot.

L’élection du professeur Justin Lewis Denakpo à l’Académie nationale de médecine de France est une fierté pour tout le Bénin. Elle rappelle que le pays, malgré ses difficultés, produit des hommes et des femmes d’exception capables de rayonner au-delà de ses frontières. Elle rend hommage à une génération de médecins béninois, formés sur le terrain, qui ont su s’imposer par la qualité de leurs travaux et la pertinence de leurs recherches.

Le professeur Denakpo a dédié cette distinction à ses proches, à ses collègues, mais surtout « aux plus jeunes que ça pourrait inspirer ». Un message d’espoir, à l’adresse des étudiants africains qui rêvent un jour de marcher sur les mêmes traces.

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