Le Bénin, pays pilote dans le cadre de la mise en place d’une stratégie régionale de gestion des inondations menée par la Cedeao, a accueilli trois experts de la Banque mondiale qui soutient ledit dispositif. Après une immersion, le groupe a rencontré, au cours d’un atelier vendredi 5 juin à Godomè, des acteurs béninois impliqués dans la gestion des crises, la protection de l’environnement et la protection civile en vue de la co-construction d’un plan de gestion des risques d’inondation pour le Grand Nokoué.
Dans la nuit du 5 au 6 mai dernier, les populations de Cotonou ont eu l’impression d’avoir frôlé le déluge biblique. En l’espace de trois heures seulement, « nous avons enregistré environ 17,3 centimètres d’eau », une intensité jamais observée depuis plusieurs décennies, selon une note de l’Agence nationale de la météorologie.
C’est dans ce contexte que le Bénin, désigné pays pilote par la Cedeao pour la mise en place d’une stratégie régionale de gestion des inondations, a accueilli trois experts de la Banque mondiale. Il s’agit de Silvia Sánchez, Laura de Vries et Sylvain Meslier, ingénieur conseil, senior consultant, diplômé de l’École Centrale de Marseille et de l’ENSE3 Grenoble.
Les experts de la banque mondiale ont pour mission d’accompagner le Bénin dans la rédaction d’un plan-pays de gestion des inondations. L’objectif à terme est l’harmonisation des plans de gestion au niveau régional. Le projet de la CEDEAO vise également à promouvoir l’intégration du risque d’inondation dans les documents de planification au sein des États membres.

Lors de l’atelier de sensibilisation et de co-construction, qui a réuni une trentaine d’acteurs locaux, ils ont exposé, sous la modération de Abdel Hakim Ale, agent de l’Agence béninoise de la protection civile (ABPC), les réalités observées dans les communes du Grand Nokoué.
Des facteurs naturels et humains épinglés
La présentation de Silvia Sánchez a mis en avant plusieurs facteurs expliquant la vulnérabilité du Grand Nokoué face aux inondations. Le premier est d’ordre naturel. Il s’agit de la géographie qui rend lesdites communes vulnérables. L’immersion a aussi révélé la proximité de la nappe phréatique, la convergence de plusieurs fleuves et la submersion marine dans les différentes zones.
Sur le plan humain, les experts ont relevé l’inadaptation de certaines infrastructures hydrauliques, l’urbanisation anarchique avec l’occupation des exutoires naturels d’eau, ainsi que des routes surélevées qui bloquent l’écoulement des eaux de ruissellement. À cela s’ajoute l’incivisme, notamment le dépôt sauvage d’ordures dans les canaux d’écoulement et les lits naturels.
Silvia Sánchez a indiqué que la rencontre visait à améliorer cet état des lieux grâce au regard et à l’expertise des acteurs locaux. Les échanges ont permis aux participants d’amender et d’enrichir les résultats de la phase d’immersion.
Plusieurs institutions étaient représentées, parmi lesquelles la Météo Bénin, l’Agence béninoise de la protection civile (ABPC), la direction générale de l’Eau (DG-Eau), l’institut de recherche halieutique et océanographique du Bénin (IRHOB), la Direction générale des Eaux, Forêts et Chasse (DGEFC), la société de gestion des déchets et de la salubrité (SGDS), la direction générale du développement urbain (DGDU), l’Agence nationale d’aménagement du territoire (ANAT), la Direction générale de l’environnement et du climat (DGEC), l’Agence béninoise de l’environnement (ABE), la Faculté des sciences agronomiques (FSA/UAC), l’Agence nationale des soins de santé primaires, la Cellule technique de suivi et d’appui à la gestion de sécurité alimentaire (CT-SAGSA) ainsi que des représentants d’autorités préfectorales
Après les échanges en plénière, les participants ont planché en groupes sur plusieurs axes de réflexion, allant de l’amélioration de la connaissance et de la conscience des risques d’inondation à la proposition d’actions concrètes.
Munis de cartes et de tableaux, chaque groupe a été invité à construire une ville modèle où activités socioéconomiques, culturelles et urbanisation cohabitent dans le respect le plus strict des contraintes environnementales.
Cette rencontre se veut une étape importante dans l’élaboration d’une feuille de route pour une meilleure résilience du Grand Nokoué face aux inondations.
Le journaliste Josué Mehouenou, président de « Média citoyen pour la protection civile » (Mcpc), a saisi cette occasion pour exposer les objectifs de l’association et solliciter le soutien des acteurs et institutions spécialisées dans le domaine de la protection civile.
