Home Actualité Lutte contre les violences basées sur le genre : Le Rame-Vbg mise sur un traitement médiatique responsable

Lutte contre les violences basées sur le genre : Le Rame-Vbg mise sur un traitement médiatique responsable

Par Koladé Raymond FALADE
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Le Réseau des acteurs et actrices des médias engagé·es contre les Violences basées sur le genre (Rame-Vbg) a organisé vendredi 14 août, en collaboration avec le consortium Sos Civisme Bénin-Banouto, son premier Café « Stop Corruption, Stop Vbg ». À l’occasion, les professionnels des médias ont échangé sur les exigences d’un traitement de l’information qui protège les victimes sans renoncer au devoir d’informer.

« Informer sans blesser, dénoncer sans stigmatiser », c’est le thème de cette première édition. Il résume la préoccupation placée au centre des échanges : comment rendre compte des Violences basées sur le genre sans ajouter une nouvelle épreuve aux personnes qui les subissent ? Pour le Rame-Vbg, la question se pose avec d’autant plus d’acuité que les femmes, les jeunes filles et d’autres personnes vulnérables continuent de subir des violences dans différents milieux.

À l’ouverture de la rencontre, le président du réseau Polycarpe Hounsou a rappelé la responsabilité des médias face à cette réalité. Il a notamment appelé les professionnels à ne pas détourner le regard et à faire de leurs « plumes », « micros » et « caméras » des outils au service de la dignité humaine. « Le silence n’est plus une option », a-t-il déclaré.

Dr Tanguy Agoï, journaliste, chef de production à Canal 3 Bénin et secrétaire général de l’Odem, était l’invité de cette première édition. Il a été appelé à partager son expérience avec les participants sur le traitement des informations relatives aux Vbg.

Les échanges ont ainsi placé la pratique professionnelle au centre de la réflexion. Dans le traitement d’un cas de violence basée sur le genre, le journaliste doit veiller à la manière dont les faits sont présentés, afin que l’information ne se transforme pas en facteur supplémentaire d’exposition ou de stigmatisation pour la victime.

Cette exigence renvoie directement au thème retenu par le Rame-Vbg. Informer suppose de rapporter les faits, mais également de tenir compte de la dignité et de la situation de la personne concernée. La couverture médiatique des Vbg appelle donc une attention particulière dans le choix des mots, des informations diffusées et de la manière de présenter les victimes.

De la formation à la création d’un réseau

Le Rame-Vbg est né à la suite d’une formation organisée dans le cadre du projet « Stop Corruption, Stop Vbg ». Selon Maryse Assogbadjo, secrétaire générale du réseau, les journalistes formés sur la corruption sexuelle et l’accès à l’information ont voulu aller au-delà des productions réalisées dans leurs médias.

L’idée a alors émergé de se mettre ensemble pour participer au débat et poursuivre le travail sur les Violences basées sur le genre. Le réseau rassemble aujourd’hui des journalistes, techniciens, caricaturistes, graphistes et reporters d’images issus de la presse publique et privée.

Ses objectifs portent notamment sur la lutte contre les Vbg en milieux scolaire, universitaire et professionnel, la sensibilisation des lecteurs, auditeurs et téléspectateurs et le renforcement des capacités des professionnels des médias. Le réseau entend également contribuer à la lutte contre les Vbg à travers l’information, l’éducation, la sensibilisation, la dénonciation et la protection des victimes.

La corruption sexuelle et la sextorsion

Hippolyte Ezin, chef projet « Stop corruption, Stop Vbg » a pour sa part présenté ledit projet, dans lequel s’inscrit la dynamique ayant conduit à la création du réseau. Le projet s’intéresse notamment à la corruption sexuelle, un phénomène que ses promoteurs jugent encore insuffisamment documenté et souvent englobé dans la notion générale de corruption.

L’objectif est notamment de mieux documenter le phénomène afin de disposer d’éléments susceptibles d’alimenter la réflexion sur les réponses institutionnelles et le cadre légal béninois. La sextorsion constitue l’autre axe important du projet. L’usage des téléphones portables et des outils numériques fait apparaître de nouvelles formes de violences, particulièrement à l’encontre des femmes et des jeunes filles.

Mis en œuvre depuis octobre 2025 sur une période de 18 mois avec l’accompagnement d’Expertise France, le projet cible Abomey-Calavi, Cotonou, Parakou et Porto-Novo.

Dans ce cadre, une étude documentée sur les faits de corruption sexuelle a été réalisée. Son rapport a notamment été validé à Bohicon avec des acteurs institutionnels intervenant sur les questions de Vbg et de corruption. Le projet prévoit aussi des actions de sensibilisation à l’endroit des femmes, des filles, des hommes et des jeunes garçons. Des séances ont été menées auprès d’élèves et d’étudiants, dans les écoles et les arrondissements.

Un cadre pour les professionnels des médias

Le projet prévoit également des interactions avec les acteurs institutionnels, les médias et la société civile. Ces différentes parties prenantes ont été associées aux réflexions dans le cadre d’un comité de pilotage chargé notamment de rechercher des pistes d’amélioration et de contribuer au plaidoyer.

Pour le représentant du consortium Sos Civisme Bénin-Banouto Olivier Ribouis, le Rame-Vbg constitue ainsi un cadre permettant aux professionnels des médias de prendre leur part dans la lutte contre les Violences basées sur le genre et de partager leurs bonnes pratiques.

Avec ce premier Café « Stop Corruption, Stop Vbg », le réseau a surtout ouvert le débat sur une question qui engage directement la pratique journalistique : comment donner à voir et à comprendre les Violences basées sur le genre sans exposer davantage celles et ceux qui les subissent ?

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