Home Actualité Prévision océanique : Un Mooc béninois attire 1162 participants de 111 pays

Prévision océanique : Un Mooc béninois attire 1162 participants de 111 pays

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Lancée lundi 27 juillet dernier sur la plateforme FutureLearn, la première édition du mooc Opera rassemble une communauté internationale d’apprenants, avec une forte dominance africaine. Ce programme gratuit porté par la Cipma-Chaire Unesco de l’Université d’Abomey-Calavi dure sept semaines et vise à démocratiser la prévision océanique.

Plus de mystère autour de l’océan, ses mystères, ses courants et ses caprices. Longtemps réservé aux initiés, le champ de la prévision océanique s’ouvre désormais à un public mondial. 1162 participants, issus de 111 pays, se sont inscrits à la première édition du mooc Opera sur les fondamentaux de la prévision océanique.

Cette ampleur témoigne de l’engouement suscité par ce mooc qui s’inscrit dans le cadre du projet Ocean prediction enhancement in regions of Africa (Opera), une initiative quinquennale mise en œuvre par Mercator Ocean International avec le soutien financier de l’Union européenne dans le cadre du programme Arc X / Global Gateway. Il est porté par la Cipma-Chaire Unesco de l’Université d’Abomey-Calavi, en partenariat avec le réseau Gulf of Guinea ocean sciences summer school (Ggosss).

Pour Dr Babette C. Tchonang, responsable scientifique et technique des activités de renforcement des capacités du projet Opera, ce mooc incarne une véritable rupture. « Ce mooc est une invitation à changer notre regard sur la prévision océanique. Pendant trop longtemps, cette discipline a semblé inaccessible. Aujourd’hui, nous démontrons que chacun, où qu’il se trouve, peut comprendre le fonctionnement de l’océan et apprendre à anticiper son comportement. C’est précisément ce dont le monde a besoin », lit-on dans le communiqué obtenu par Bénin Intelligent.

Près des deux tiers des participants, soit 770, résident en Afrique, répartis dans 41 pays. Les autres 392 proviennent du reste du monde. Le top trois des nationalités représentées est dominé par le Bénin, le Nigeria et le Cameroun. Le Brésil et l’Indonésie ne font pas piètre figure.
Environ 40 % des inscrits sont titulaires d’un master ou d’un doctorat, ce qui témoigne d’une communauté d’apprenants déjà solidement formés et désireux d’approfondir leurs compétences dans un domaine stratégique.

Un parcours intense

Le mooc Opera est réparti sur sept semaines. Il a débuté par une introduction aux systèmes de prévision océanique, puis les principes physiques qui gouvernent la circulation océanique, la modélisation numérique, les systèmes d’observation et l’assimilation des données. La formation explore également des applications concrètes dans des secteurs clés comme la pêche, la gestion côtière, la sécurité maritime et les politiques environnementales.

« Les participants découvrent les systèmes d’observation par satellite et in situ, flotteurs Argo, bouées ancrées et radars haute fréquence, ainsi que les techniques d’assimilation de données utilisées pour calibrer les modèles en temps réel. Le cours est dispensé en anglais, avec des sous-titres en français. Les participants qui terminent la formation et réussissent les évaluations obtiennent un certificat reconnu, délivré via FutureLearn et accrédité par la Cipma Chaire Unesco », précise Dr Babette C. Tchonang.

Il faut observer que 500 participants ont été sélectionnés sur la base de la qualité de leur candidature pour intégrer une cohorte dédiée. Ils bénéficieront d’un accompagnement renforcé fait de sessions hebdomadaires en direct avec l’équipe pédagogique, suivi régulier ainsi qu’un soutien pour transformer les connaissances en compétences mobilisables dans leurs pays respectifs.

En outre, les participants les plus engagés auront la possibilité d’aller encore plus loin. Ils seront invités à prendre part à trois webinaires dédiés ainsi qu’à un atelier en ligne de trois jours, au cours duquel ils travailleront sur des exercices avancés en pratique avec les instructeurs. À l’issue de ce parcours approfondi, ils recevront un certificat délivré par l’Université de Toulouse, reconnaissance supplémentaire de leur niveau d’engagement et d’expertise.

Une équipe pédagogique aux quatre coins du globe

Dix chercheurs et enseignants basés au Bénin, au Cameroun, en France, en Italie, en Espagne et aux États-Unis ont mis en commun leurs expertises pour concevoir ce programme rigoureux, interactif et ancré dans les réalités opérationnelles.

L’équipe réunit :

Stefania Ciliberti (Nologin Oceanic Weather Systems, Espagne) ; Gaël Alory et Nicholas Hall (Université de Toulouse, France) ; Serena Illig (IRD, France) ; Emanuela Clementi (CMCC, Italie) ; Fernand Assene (Université d’Ebolowa, Cameroun) ; Frédéric Bonou (ICMPA UNESCO Chair, Bénin) ; ainsi que, aux États-Unis, Ebenezer Nyadjro (Mississippi State University), A. Nathanael Dossa (University of Miami) et Babette C. Tchonang (Florida State University).

« Ce qui me passionne dans ce cours, c’est qu’il ne s’arrête pas à la théorie. Nous avons conçu chaque module afin que les apprenants puissent immédiatement relier les connaissances acquises aux défis concrets qui les entourent, qu’ils soient pêcheurs, gestionnaires du littoral, scientifiques ou étudiants », souligne Frédéric Bonou, chercheur et enseignant à la Cipma-Chaire Unesco de l’Université d’Abomey-Calavi.

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