Désiré Katchon a soutenu, mardi 30 juillet à l’École nationale des sciences et techniques de l’information et de la communication (Enstic) de l’Université d’Abomey-Calavi, son mémoire de master professionnel ayant porté sur le sujet « Place du numérique dans la valorisation du patrimoine culturel immatériel : défis et opportunités pour la commune de Bantè ». Le jury présidé par le professeur Maxime da Cruz aux côtés du Dr Géraud Ahouandjinou, rapporteur et Jean-Claude Kouagou, examinateur a salué le travail par la mention très bien, et la note 16/20.
Désiré Katchon est désormais titulaire d’un master en Conception, gestion et évaluation des programmes numériques de développement territorial. Un chiffre édifiant résume sa recherche académique. 98,36% des personnes enquêtées estiment que le numérique représente une opportunité majeure de valorisation, de visibilité, de sauvegarde et de transmission intergénérationnelle du patrimoine culturel immatériel.
Cette adhésion quasi unanime confirme l’hypothèse centrale de la recherche : le numérique peut devenir un moteur de développement culturel et territorial à Bantè. En effet, les populations perçoivent les technologies comme un levier pour documenter, archiver et diffuser leurs pratiques culturelles, leurs langues, leurs savoir-faire et leurs expressions artistiques.
« L’engagement des acteurs et la motivation des jeunes dans la valorisation numérique des traditions témoignent d’une évolution importante du numérique appliqué au patrimoine culturel de Bantè », souligne l’impétrant.
Des obstacles majeurs freinent l’appropriation
Mais cette adhésion se heurte à des obstacles tout aussi significatifs. 94,91 % des répondants ont évoqué des difficultés majeures, telles que le faible niveau de compétences numériques des acteurs culturels ; l’insuffisance des infrastructures numériques; les difficultés d’accès à une électricité fiable ; et la fracture numérique qui creuse les inégalités.
L’étude révèle, par ailleurs, que l’usage des technologies numériques pour la valorisation du patrimoine culturel n’est pas totalement acquis dans la commune. Seule une minorité d’acteurs sait utiliser correctement quelques appareils et les met au profit du patrimoine. La majorité recourt encore aux méthodes traditionnelles comme la prise de notes sur cahier ou le bouche-à-oreille.
Désiré Katchon identifie plusieurs défis prioritaires à relever pour favoriser une intégration réussie du numérique dans la gestion du patrimoine culturel à Bantè. Il évoque notamment le renforcement des compétences numériques des acteurs culturels ; l’appropriation des nouvelles technologies; la documentation systématique des éléments du patrimoine ; et l’archivage numérique dans des bases de données sécurisées et accessibles.
L’impétrant rappelle que ces enjeux rejoignent les analyses du modèle d’acceptation de la technologie de Davis (1989), qui met en avant deux facteurs clés : l’utilité perçue et la facilité d’utilisation. Pour que les acteurs culturels de Bantè s’approprient pleinement les outils numériques, encore faut-il qu’ils en perçoivent l’utilité et qu’ils disposent des compétences nécessaires pour les utiliser.
Des suggestions pour une valorisation numérique effective
Fort de ces résultats, Désiré Katchon propose des actions concrètes pour accompagner la transition numérique du patrimoine culturel à Bantè. Il suggère la mise en place d’une politique locale le valorisation numérique du patrimoine culturel immatériel, incluant documentation, archivage et diffusion ponctuelle.
Il propose, ensuite l’organisation d’ateliers de formation en compétences numériques à l’endroit des acteurs culturels et des jeunes, afin de favoriser une appropriation effective et structurée des outils technologiques. Désiré Katchon propose enfin, la création d’une plateforme numérique locale dédiée à la promotion et à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, ainsi que le recrutement d’un spécialiste en gestion du patrimoine culturel immatériel pour accompagner la mise en œuvre des initiatives.
« Pour que la valorisation numérique du patrimoine soit effective à Bantè, plusieurs défis restent à relever tels que le développement de compétences numériques, l’archivage et la documentation des objets culturels ainsi que le devoir de suivre l’évolution des nouvelles technologies », conclut Désiré Katchon.
