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Colloque d’hommage : Émotion et remise de Mélanges au professeur Pierre Mèdéhouègnon

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Le colloque d’hommage au professeur Pierre Mèdéhouègnon s’est achevé, vendredi 26 juin à l’Université d’Abomey-Calavi, sur des témoignages émouvants qui ont célébré l’œuvre et la dimension humaniste de ce grand critique du théâtre africain ainsi que la remise de Mélanges et son élévation à la dignité de chef traditionnel de la Côte d’Ivoire.

Vêtu d’une toge à lui offerte par l’administration de l’Inmaac dont il est directeur-fondateur honoraire, c’est un homme submergé d’émotion, frêle, mais défiant le poids de l’âge, qui s’est tenu devant le public réuni à la salle Mensah de l’Ena. « Que dire encore ? Je suis vraiment ému », s’est-il contenté, en signe de gratitude. « Professeur Raphaël Yebou [maître d’œuvre du colloque, ndlr] a gagné son pari », a-t-il salué.

Raphaël Yebou, président du comité d’organisation du colloque, n’avait jamais envisagé des études trop poussées. Le professeur Pierre Mèdéhouègnon a été le catalyseur du parcours qui l’a amené aujourd’hui jusqu’au grade de professeur titulaire des universités du Cames. Ce n’est donc pas un hasard que le colloque d’hommage s’achève sur une date anniversaire.

En effet, après sa soutenance de DEA, le 26 juin 2008, sous la direction du professeur Pierre Mèdéhouègnon, « il m’a encouragé à poursuivre jusqu’à ce niveau d’étude qui ne m’avait jamais effleuré l’esprit », témoigne-t-il, la voix empreinte de reconnaissance. Pierre Mèdéhouègnon « possède un sens aigu des devoirs et des responsabilités », ajoute Raphaël Yebou.

Au-delà d’une simple reconnaissance, ce colloque, qui a drainé des scientifiques de quatre pays africains — Bénin, Togo, Burkina Faso et la Côte d’Ivoire — vise, précise-t-il, à « susciter une saine émulation auprès des jeunes ».

« Un monument de bonté et de partage »

Le professeur Valy Sidibé de la Côte d’Ivoire, fort de 40 ans de carrière enseignante, assure, lui aussi, que « Pierre Mèdéhouègnon est un monument, un monument de bonté, de partage », un « faiseur d’homme, le laboureur des temps modernes qui tanguent ».

Parmi d’autres témoignages, ceux d’Adrien Huannou, de Gabriel Boko, de Bienvenu Koudjo ou encore de Fernand Nouwligbèto, actuel chef du Département des Lettres modernes que Pierre Ahotondji Mèdéhouègnon a dirigé dix ans durant (1999 – 2010). Tous ont rendu hommage à celui qui a marqué des générations entières d’étudiants et de collègues.

Des collègues absents, togolais et béninois, dont Flavien Gbéto, ont plutôt envoyé des éloges écrits, signe de leur profond respect pour le maître. « Il a enseigné au département des Lettres modernes cinq ans sans salaires, ne vivant que de vacation », a révélé le professeur Bienvenu Koudjo, face à un public surpris et admiratif.

Gabriel Boko, qu’il a accompagné à l’Université d’Abomey-Calavi alors que celui-ci était pris dans une fonction administrative, garde de lui un sens de travail et d’engagement aiguë. Des confidences de celui-ci, les deux se sont retrouvés au département des Lettres modernes en 1996.

« Il m’aidait avec un sens du devoir. Pierre Mèdéhouègnon est capable de fédérer des egos qui débordaient, irréconciliables. Au plan psychologique, Pierre Mèdéhouègnon possédait une force que je n’ai jamais trouvée ailleurs. Pierre Mèdéhouègnon, tu n’as pas été seulement un compagnon sur le chemin, tu as été le chemin ».

Gabriel Boko, ancien directeur de Cabinet du ministre des Enseignements primaire et secondaire.

Remise des Mélanges

La remise des Mélanges a constitué le climax de la cérémonie. L’ouvrage, riche de quinze articles, est une somme intellectuelle. Il regroupe les communications savantes présentées lors du colloque. Elles traitent des études théâtrales, de narratologie et de la stylistique, des domaines dans lesquels le dédicataire s’est illustré avec éclat. Il est notamment auteur d’une thèse de doctorat d’État ès Lettres et sciences humaines, option études théâtrales, soutenue en février 2009 à l’Université d’Abomey-Calavi sur le sujet « Innovations et créations dans le théâtre francophone de l’Afrique de l’Ouest (État des lieux et analyse de la dramaturgie de 1970 aux années 2000 en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, au Togo et au Bénin).

Le professeur Pierre Mèdéhouègnon, aujourd’hui âgé de 75 ans, a reçu de nombreux cadeaux lors de la cérémonie : enveloppe financière, chemises, tableau et d’autres lots non dévoilés.

Élévation à la dignité de chef traditionnel

L’un des moments les plus solennels de la clôture du colloque a été l’élévation du professeur Pierre Mèdéhouègnon au rang de chef traditionnel du pays Sénoufo, en Côte d’Ivoire. Le professeur Valy Sidibé, chef de la délégation ivoirienne, a revêtu l’heureux élu de l’habit traditionnel honorifique, orné de rayures et de bordures aux couleurs de l’or.

Il s’agit d’un attribut emblématique des chefs traditionnels du nord de la Côte d’Ivoire. Une distinction méritée pour Pierre Mèdéhouègnon, qui a vécu de longues années en Côte d’Ivoire, où il a mené une carrière enseignante, notamment à Gagnoa, avant de regagner l’Université d’Abomey-Calavi. En juin 2016 et mai 2017, il a été par exemple professeur missionnaire de l’Agence universitaire de la francophonie (Auf) pour le bureau Afrique de l’Ouest. À ce titre, il a dispensé des cours de méthodologie de la recherche à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, dans le cadre du Master sous-régional de didactique de la langue française.

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