Le Sénat béninois a été installé ce jeudi 30 juillet au siège de l’Assemblée nationale. En l’absence de Dieudonné Nicéphore Soglo, doyen d’âge de cette première mandature, la cérémonie a été présidée par Élisabeth Pognon, deuxième personnalité la plus âgée du Sénat. Elle était entourée des deux plus jeunes sénateurs, Charles Toko et Adidjatou Mathys, qui composent le présidium de cette séance inaugurale.
Dans son discours d’installation, l’ancienne présidente de la Cour constitutionnelle a rappelé le contexte ayant conduit à la création de cette seconde chambre du Parlement béninois. Elle a évoqué les réformes politiques et institutionnelles intervenues au cours de la dernière décennie, notamment les modifications apportées à la Constitution du 11 décembre 1990 en 2019 et en 2025.
Pour Élisabeth Pognon, la mise en place du Sénat vise à répondre à un besoin de régulation de la vie institutionnelle et politique. Elle a expliqué que la Cour constitutionnelle, dans son rôle, ne peut connaître que des litiges à caractère juridique et ne peut trancher des questions politiques qui ne reposent pas sur un fondement constitutionnel ou légal.
Les institutions judiciaires, de leur côté, ne peuvent intervenir lorsque les faits ne présentent pas un caractère pénal. « C’est ce vide observé dans notre vie institutionnelle et politique que le Sénat vient combler », a-t-elle déclaré.
S’appuyant sur les dispositions de l’article 113.1 de la Constitution, Élisabeth Pognon a rappelé les missions assignées au Sénat.
La nouvelle institution est chargée notamment de réguler la vie politique, de veiller aux mœurs politiques et de contribuer au renforcement de la stabilité politique, de la démocratie et de la paix.
Elle a également présenté la composition de cette chambre, constituée de membres de droit et de membres désignés. Pour cette première mandature, des personnalités ont été désignées afin de compléter l’effectif du Sénat fixé à 25 membres.
Aux premiers sénateurs, Élisabeth Pognon a rappelé la responsabilité particulière qui leur incombe. « Vous et moi avons l’honneur redoutable d’être les premiers au sein de cette nouvelle institution », a-t-elle déclaré, les invitant à donner au Sénat ses premières marques et à contribuer à son prestige.
Elle a par ailleurs reconnu les interrogations suscitées par la création de cette nouvelle institution auprès de la population et de la classe politique. Selon elle, le Sénat devra gagner la confiance des citoyens par l’objectivité de ses démarches et de ses décisions.
