Home Actualité 25 ans après sa mort : Sossa Guedehounguè, le dignitaire du Vodun gracié d’une condamnation en 1962

25 ans après sa mort : Sossa Guedehounguè, le dignitaire du Vodun gracié d’une condamnation en 1962

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Ce mardi 27 janvier, le Bénin commémore le 25e anniversaire du décès du Vénérable Sossa Guedehounguè, figure emblématique du Vodun et acteur clé de l’institution de la journée du 10 janvier comme fériée et chômée.

Sossa Guedehounguè, décédé le 27 janvier 2001, a joué un rôle capital dans l’instauration de la ‘journée nationale”fête des religions traditionnelles. Son influence et son travail de médiation auprès des plus hautes autorités, notamment sous Mathieu Kérékou et Nicéphore Soglo, ont été déterminants pour rendre justice au Vodun. Cette journée, aujourd’hui réformée en Vodun days, est devenue un symbole d’unité et de fierté culturelle.

« 27 Janvier 2001 – 27 Janvier 2026. Aujourd’hui, 25 ans déjà que le père de l’indépendance du culte Vodun , le précurseur de la fête du Vodun, le très vénérable Sossa Guededehoungue a rejoint les ancêtres. Merci père pour tout. Tu continues de vivre en nous. Nous perpétrons tes œuvres partout dans le monde et c’est sûr que tu en es fier de là où tu es. Continue de nous combler et d’assurer nos arrières. »

Message souvenir de ses enfants réunis dans le groupe musical Les Frères Guedehounguè

25 ans n’ont pu éteindre la réputation et la grande estime dont il bénéficiait. À Sahouè-Doutou, commune de Houeyogbé, son mausolée continue de drainer du monde même jusqu’à l’international. En 2021, l’association Gi-Mono dans son projet Cirtoum destiné à la mise en valeur des sites touristiques du Mono, a inclus le mausolée du dignitaire ainsi qu’un géant arbre bicentenaire sous lequel il tenait des réunions.

Un épisode méconnu

Toutefois, un épisode méconnu de son histoire s’est joué juste après les indépendances : sa condamnation en 1961 à 15 ans de travaux forcés pour « complot contre la sûreté de l’État et tentative d’assassinat ». Mais cette décision a été très tôt cassée l’année suivante seulement. Sossa Guedehounguè a bénéficié du décret n°62-468/pr.mjl en date du 21 décembre 1962, signé par le Président de la République du Dahomey, Hubert Maga et le Garde des Sceaux de l’époque, J. Kèkè.

La décision lui accorde le « bénéfice de la libération conditionnelle » ainsi qu’à quatre autres personnalités. Le premier nom cité est celui de « Sossa Guedehounguè dit Danyro, né vers 1915 à Sahoue-Doutou, condamné un an plus tôt, le 10 décembre 1961, par la Cour Criminelle Spéciale de Cotonou. » Parmi les autres bénéficiaires, figure également Justin Ahomadégbé, l’ancien président de la République et Raymond Noukoudjo. Ils sont, eux, condamnés à cinq ans de détention pour des charges similaires.

Ce document historique lève un coin de voile sur une période trouble des débuts de l’indépendance, où les luttes de pouvoir et les accusations de complot étaient fréquentes. Celui qui deviendra une autorité morale et spirituelle incontestée n’y a pas échappé.

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