La société belge d’investissement dans les pays en développement, BIO Invest et l’institution de microfinance, Vital Finance ont scellé, mardi 13 janvier à Cotonou, un accord de financement de 3 millions d’euros. Ce partenariat, présenté comme « un grand départ », vise à renforcer l’accès au crédit des petites et moyennes entreprises, avec une attention particulière portée à l’entrepreneuriat féminin, pilier d’une économie inclusive.
Aubert Dieudonné Hodonou est économiste et expert en développement économique local. Il est surtout connu comme fondateur de ”Hodonou aquaculture and poultry farm”. Il y a quelques années, cette ferme sise à Dja, dans la commune de Sèmè-Podji a reçu un nouveau souffle financier : vingt millions de francs Cfa. L’appui vient d’une institution qui y a cru : Vital Finance.
Les capacités de la ferme ont alors explosé. De seulement 3000 à 10 000 sujets, la production est passée à 20 000 poissons. La ferme met désormais sur le marché 5 tonnes à 25 tonnes de poissons par trimestre. Le fondateur rêve encore mieux. Il poursuit une projection de 50 tonnes par trimestre d’ici à 2027 avec 65% d’accroissement du chiffre d’affaires.
Le succès de ”Hodonou aquaculture and poultry farm” est un aiguillon et une fierté pour Vital Finance. Il illustre l’impact que cette institution de microfinance et de mésofinance, désormais renforcée par BIO Invest, entend avoir à plus large échelle. « De plus en plus, des petites et moyennes entreprises frappent à nos portes pour des financements qu’elles ont du mal à obtenir auprès des banques traditionnelles », avoue Wakil Adjibi. Un rejet bancaire qu’Aubert Dieudonné Hodonou connaît bien, lui.
L’accord de financement entre Vital Finance et Bio investment promet un accompagnement plus efficaces des acteurs économiques locaux, les plus grands constributeurs au développement économique. Elle vise également à faciliter et encourager davantage l’entrepreneuriat féminin. A juste titre, Wakil Adjibi salue « un partenariat stratégique fondé sur la confiance ».
Cette convention de partenariat entend soutenir les Pme, « véritable cœur de l’économie, tant au Bénin qu’en Belgique », afin de contribuer au développement national. Cela fait partie justement des « priorités de développement » de la Belgique au Bénin telles que l’agriculture et la santé, assure Sandrine Platteau, l’ambassadrice de Belgique près le Bénin.
« Nous sommes honorés d’avoir Bio invest pour mieux soutenir les Pme, promouvoir l’emploi». Bio invest, poursuit-elle, constitue alors « un outil stratégique pour renforcer les efforts que nous menons déjà aux côtés du gouvernement béninois et des autres acteurs de la société béninoise ».
Autonomisation des femmes, une priorité partagée
« On veut développer des activités et contribuer pleinement à la prospérité du Bénin. Cet investissement n’est pas une finalité pour moi, c’est un grand départ. (…) Ensemble, nous créons les conditions pour que des milliers d’entrepreneurs puissent réaliser leurs potentiels », félicite Joris Totté, CEO de BIO Invest. Mais ce qui l’impression davantage c’est la part importante que Vital Finance accorde à l’autonomisation des femmes.
« Investir dans les femmes, c’est investir dans la scolarisation des enfants, la stabilité des employés, la croissance locale et l’innovation et la diversification de l’économie, éviter la violence de la trésorerie », soutient Joris Totté. « 66% de [la] clientèle [de Vital Finance] est féminine et elle développe des produits spécifiquement adaptés aux besoins des entrepreneuses béninoises. Cet investissement de Bio renforcera encore cette dynamique d’inclusion financière et d’autonomisation économique des femmes.», a-t-il ajouté.
Le pari d’une vision commune, « celle d’un développement inclusif, responsable et ancré dans la réalité locale de l’économie.» Joris Totté espère alors que cette convention fasse émulation auprès d’autres institutions.
