Le professeur Albert Mawutin Gandonou sera inhumé samedi 10 août dans son village à Kétoukpè. La veille, une messe corps présent est prévue à l’église Saint Michel de Cotonou. Elle sera suivie d’une autre le samedi à l’église de Lago du même village. Puis l’inhumation dans l’intimité familiale.
Albert Mawutin Gandonou est mort le 29 juillet des suites d’une longue maladie. Il était âgé de 71 ans. Professeur de grammaire et écrivain, il a fondé le Mouvement Chrétiens pour changer le monde et l’Institut universitaire du Bénin.
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Albert Gandonou : Itinéraire déroutant d’un intellectuel brillant
Albert Gandonou a soutenu en 1999, à Paris, une thèse sur : «Le Roman ouest-africain de langue française. Étude de langue et de style». Il rejette «l’africanité supposée d’œuvres écrites en français». Car «la littérature ne s’écrit pas avec des idées, mais avec des mots».
Albert Gandonou a mené par ailleurs un militantisme politique agité et périlleux en tant que membre du Parti communiste du Bénin (PCB) depuis sa création en 1977. Son activisme pro démocratie et justice lui a donc valu de connaître l’exil et la prison. Il fait partie des tout premiers détenus politiques sous le président Nicéphore Soglo.
Albert Gandonou raconte cette «croix» qu’il a vécue, dans une autobiographie de 300 pages intitulée : ” Lettre de prison. Chronique d’une détention politique sous le ”Renouveau démocratique” au Bénin» (Éditions de l’Etincelle, 2011). L’ouvrage-épistolaire est adressé, en réalité, à sa fille, Finafa auprès de qui il justifie son engagement politique qui a fait de nombreuses victimes collatérales accusées de complicité. Finafa, élève au moment des faits, aurait voulu, en effet, qu’il abandonne tout ça pour être près d’elle, en paix en famille.


