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Exposition N.art.urel

Exposition «N.art.urel» : Une vingtaine d’artistes s’extériorisent en forêt à Pahou

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Dans la forêt classée de Pahou, une vingtaine d’artistes plasticiens s’extériorisent hors des quatre murs de leur lieu d’exposition habituel. L’idée de casser les codes vient de Dominique Zinkpè, promoteur de Le lieu Unik-Abomey en collaboration de l’Institut Français du Bénin.

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La riche exposition collective N.art.urel mobilise 23 figures chevronnées de l’art contemporain au béninois. Ce sont le peintre, acteur et écrivain. Gratien Zossou, les sculpteurs Sébastien Boko (bois), Marius Dansou (coiffure en fer à béton). De même que le jeune photographe Carlos Sodokpa, Aston, Eliane Aïsso, Adjoss Togbé, Génie créateur, Towin, Sika da Silveira, Bamouss, et Nathanaël Vodounhè, peintre sculpteur.

Le vernissage de l’exposition N.art.urel, très minutieusement préparée, a drainé samedi 6 janvier des visiteurs de marque dont le président de la République. Patrice Talon, grand amoureux de l’art, s’est prêté avec sourire aux éclairages de Dominique Zinkpè aux côtés de son ministre du Tourisme, de la culture et des arts, Babalola Jean-Michel Abimbola.

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L’idée d’exposer dans la nature est inhabituelle voire inédite dans l’univers culturel béninois. L’initiative émane d’une réflexion bien mûrie explique son promoteur.

« Ce projet est né parce que nous avons souhaité que les plasticiens ne soient pas enfermés dans les lieux conventionnels d’exposition. Nous puisons aussi nos matériaux de la nature. C’est un moyen de mettre en harmonie l’art et la nature. Chaque artiste apporte ce qu’il a de plus intelligent pour que l’ensemble de l’exposition ait un sens», justifie Dominique Zinkpè, célèbre par ses oeuvres à base des Ibeji – statuettes des jumeaux.

Exposer dans la nature, «C’est pour démystifier l’art. Ce sont des artistes qui sont sensibles à la nature » décrit-il.
Le prochain défi de l’homme et ses collègues, amener les œuvres loin des sols. « Nous aspirons aller exposer nos œuvres sur l’eau à Ganvié » rêve l’artiste.

«Hope» by Sika da Silveira

Sika da Silveira polyvalente et aussi très adroite en photographie, peinture acrylique sur toile que dans la technique du collage. Son unique oeuvre dans l’exposition N.art.urel est dénommée «Hope». Elle n’a pas trahi sa ligne artistique de défense de l’équilibre cosmique.

La forêt classée de Pahou est séparée en deux : partie sauvage et la partie exploitation. Précision importante, «l’exposition s’est tenue dans la partie exploitation qui permet de protéger la partie sauvage. C’est là où on met du bois à disposition de la population pour qu’elle n’entre pas dans la forêt pour toucher des arbres n’importe comment», souligne l’artiste.

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Dans l’œuvre ”Hope”, Sika da Silveira présente un tas de charbons au milieu duquel pousse un jeune kapokier.
« J’ai voulu raconter l’histoire de ces lieux. En venant et écoutant l’histoire, c’est ce que j’ai ressenti », confie Sika da Silveira. Et pour conter l’histoire, elle s’est servie de plusieurs éléments à savoir la photographie sur toile, du charbon et d’un kapokier.

« Lorsque vous regardez, vous verrez des visages. Le tout premier à gauche c’est celui de mon guide qui m’a fait découvrir la forêt. Il s’appelle Simon. Il m’a dit qu’on ne coupe pas un arbre ici sinon la nature dictera sa loi sur vous. Au milieu, nous avons un arbre dont la sculpture est particulière. À la rencontre de cet arbre, je me voyais en face d’une entité, un esprit. Le charbon rappelle le côté exploitation. Parce que chaque arbre qui sort d’ici est destiné à faire la cuisson », explique-t-elle.

Dans cette oeuvre, le charbon ou le bois qui brûle renvoie au chaos. Le kapokier (arbre sacré) symbolise, lui, «la force de vie qui peut rejaillir au milieu du chaos. C’est grâce aux arbres que les hommes sont protégés et c’est aussi grâce aux hommes que les arbres vivent et sont protégés. C’est un espoir de vivre ».

L’exposition N.art.urel se retire de la forêt classée de Pahou, jeudi 17 janvier 2024.

Avec Donatien SOWANOU

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