Leaders communautaires, entrepreneurs, jeunes engagés et acteurs des organisations de la société civile se sont réunis, samedi 7 mars à Cotonou, autour de la Vision Bénin 2060 – Alafia. La rencontre, dénommée « Conférence des apôtres du développement Osons Bénin 2060 », vise à mobiliser une nouvelle génération d’acteurs déterminés à contribuer à la concrétisation de cette vision à long terme.
Venus de plusieurs départements, notamment du Littoral, de l’Atlantique, du Borgou, du Zou, de l’Atacora et de l’Ouémé, les participants ont répondu à l’appel d’un groupe de personnalités pour le développement du pays. L’initiative ambitionne de sensibiliser la jeunesse aux enjeux de la Vision Bénin 2060 et de structurer un réseau national de leaders capables de porter la dynamique du développement dans leurs communautés.
Selon Olivier Noukpokinnou, représentant du comité d’organisation, la Vision Bénin 2060 constitue un appel à la responsabilité collective, notamment pour les jeunes générations. « Nous avons une grande responsabilité sur les 35 prochaines années. La plupart d’entre nous auront plus de 60 ans à cet horizon. Ce sont donc nos actions d’aujourd’hui qui seront jugées demain », a-t-il expliqué.
Pour lui, chaque citoyen doit se considérer comme un acteur du développement. « Nul ne sera de trop pour l’accomplissement de cette mission », a-t-il insisté, appelant les participants à repartir de la conférence avec la conviction d’être des « apôtres du développement » chargés de porter la vision dans leurs milieux respectifs.
Le rôle déterminant de la mentalité
La conférence inaugurale, animée par le professeur Euloge Ogouwalé, a porté sur le thème « La mentalité pour le développement : quels défis pour les jeunes béninois et africains ». Dans sa communication, l’universitaire et coach en développement personnel a insisté sur l’importance du facteur humain dans les processus de développement.
Selon lui, les ressources naturelles ne suffisent pas à transformer un pays si les mentalités ne changent pas. « La première ressource du développement, c’est l’homme », a-t-il affirmé, citant l’exemple de pays comme le Japon ou la Corée du Sud, qui ont réussi leur transformation économique malgré des ressources naturelles limitées. Le professeur Ogouwalé a également invité les participants à s’attaquer aux blocages mentaux, qu’il considère comme l’un des principaux obstacles au progrès en Afrique.
Des participants inspirés
La conférence a suscité de nombreuses réactions parmi les jeunes. Monique Kpossoublè, technicienne en industrie des bios ressources et entrepreneure, a confié avoir été « très honorée de participer à cette conférence. C’était très enrichissant et inspirant » a-t-elle déclaré. Pour Odette Houndagnon, étudiante à l’Institut national du cadre de vie, « il faut que nous, les jeunes, changions nos mentalités et fixions des objectifs clairs pour participer au développement ». Sobour Moustapha, également étudiant, a insisté sur le rôle de la responsabilité individuelle. « Le développement commence par nous-mêmes. Si chacun change sa mentalité, le développement devient possible » a-t-il souligné.
À travers cette initiative, les organisateurs souhaitent créer un réseau national pour le développement et l’épanouissement du Bénin. L’objectif est de former des leaders capables d’inspirer leurs communautés et de promouvoir des valeurs essentielles telles que la discipline, la responsabilité, le travail bien fait et la solidarité.
Les participants ont ainsi été invités à s’engager personnellement à devenir des modèles de développement dans leurs milieux respectifs, afin de contribuer à la transformation durable de la société.
Former un réseau national d’« apôtres du développement »
Avant un panel consacré aux modèles de développement de certains pays, animé par Alida Ahouandjinou, Arnaud Dangbenon et Thanguy Agoï, l’expert Fortuné Codo a présenté une communication sur le document Vision Bénin 2060. Cette intervention a permis aux participants de mieux comprendre les orientations stratégiques de cette vision et les responsabilités des citoyens dans sa mise en œuvre.
Dans cette dynamique, les initiateurs de la rencontre ont expliqué la symbolique des « apôtres du développement ». À l’image des douze apôtres dans la tradition biblique, le Bénin compte douze départements, ce qui correspond symboliquement à un apôtre par département. En multipliant ce chiffre par douze, l’objectif est de constituer un réseau de 144 apôtres leaders répartis sur l’ensemble du territoire national.
« Nous n’avons pas encore atteint les 144 apôtres. Cela signifie que la mission commence maintenant. Si chacun de nous s’engage à être un apôtre du développement, c’est déjà un premier pas. Dans chaque département, nous devons identifier d’autres leaders capables d’intégrer ce réseau », a expliqué Olivier Noukpokinnou.
L’ambition est qu’au cours des prochains mois, ce réseau soit pleinement constitué afin de porter la dynamique de développement dans toutes les régions du pays. Les promoteurs de l’initiative ont également évoqué la mise en place d’un réseau baptisé REgarde, destiné à fédérer ces acteurs engagés et à encourager chaque citoyen à « regarder le pays autrement », en privilégiant l’action collective et la responsabilité individuelle.
