Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes (Jif 2026), l’ambassade d’Haïti près le Bénin a organisé une rencontre autour du thème « Sécurité, paix et justice : Des droits inaliénables pour toutes les femmes du monde ». La séance a permis à la communauté haïtienne au Bénin ainsi qu’à leurs sympathisants béninois, de réfléchir sur la situation des femmes dans le monde en général et dans les deux pays en particulier.
Malgré les décennies de lutte pour l’émancipation des femmes, les inégalités hommes-femmes ont à peine régressé. « En 2026 encore, la représentation des femmes au plus haut niveau de l’État reste minoritaire », a déclaré Josette Bruffaerts Thomas. La rencontre qui s’est tenue à l’ambassade d’Haïti près le Bénin a été l’occasion de réfléchir sur la question et analyser les perspectives et voies d’amélioration.
Elle a eu pour thème « Sécurité, paix et justice : Des droits inaliénables pour toutes les femmes du monde ». Les participants ont échangé sur « les fondements mêmes d’une société juste ». Dominique Brutus, chargée des affaires de l’ambassade d’Haïti près le Bénin a au cours de la rencontre, rappelé l’importance d’une femme autonome pour sa société.
Les femmes sont en effet des actrices de la stabilité des familles, la cohésion des communautés, l’éducation des générations futures et la construction « d’institutions plus juste ». De ce fait, « aucune paix n’est possible lorsque les femmes vivent dans la peur, aucune justice ne peut être authentique lorsque leurs droits demeurent fragiles ou incertaines, et aucune sécurité durable ne peut être garantie sans la participation entière des femmes dans l’édification des sociétés », a expliqué Dominique Brutus.

Et cette lutte, les femmes la mènent « aux côtés des hommes qui comprennent que la sécurité et la dignité des femmes renforcent toute la société ». Un avis que partage Josette Bruffaerts Thomas. « Aucun homme n’aimerais que sa fille soit méprisée, n’aie pas une équité sociale, que sa sœur n’ait pas la même chance que lui de continuer ses études et mener une vie normale », a-t-elle souligné.
Elle a par ailleurs insisté sur la nécessité pour les femmes d’adopter « une approche nouvelle et universelle » dans la quête de l’aboutissement de leurs revendications.
L’éducation comme moteur d’autonomisation des femmes
En dépit des célébrations et sensibilisations, la situation peine à avancer. Les panelistes s’accordent sur le besoin de changer de paradigme, vers une transformation systémique. L’éducation apparaît comme une solution. Pour Josette Bruffaerts Thomas, elle est « une arme de construction massive ». À condition qu’elle soit transmise aussi bien aux garçons qu’aux filles, de la même manière.
Lyly Houngnihin, historienne de l’art, en a donné l’exemple. Dans une présentation descriptive, imagée, détaillée et assumée, elle s’est assuré d’imprimer la trace de son passage dans les esprits. L’une des causes de la stagnation de la situation étant pour elle, « l’invisibilisation des femmes ». « On ne peut pas impliquer dans les stratégies de politiques publiques, ce qu’on ne voit pas, on ne peut pas accorder de l’égalité ou de l’équité à quelqu’un qu’on ne voit pas et surtout, on ne peut pas offrir les mêmes opportunités à la personne qu’on ne voit pas »
Pour Dominique Brutus « la force d’un peuple se mesure aussi à la dignité de ses femmes ». Pour en arriver là, elle a émis le vœu que l’ambassade d’Haïti « soit un espace de dialogue, de coopération, d’initiatives en faveur de l’autonomisation des femmes, de l’éducation et de la promotion de la paix ». Notamment en raison du lien à la fois historique, culturel et diplomatique entre le Bénin et Haïti.
« Entre nos deux peuples existe un lien de mémoire, de culture et d’histoire qui nous rappelle que nous sommes unis par des racines profondes et par une même quête de dignité et de liberté », a souligné Dominique Brutus.
