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Dossier ‘’École Montaigne’’ : Les mises au point du Conseiller de coopération

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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L’école française Montaigne est au centre de la polémique. LAssociation des parents d’élèves l’accuse de racisme dans un dossier de recrutement d’expatriés résidents avec la réduction des enseignants expatriés. Une option bien pensée et moins coûteuse mais combattue par l’Ape qui a bloqué le processus. Dans notre parution 411 du lundi 22 juin, nous dénoncions une « ingérence perfide » de sa part. Nous vous proposons ici les clarifications de Kasbarian, le Conseiller de coopération et d’action culturelle (Ccac), représentant l’AEFE (ministère des Affaires étrangères de la France) et en charge du suivi de l’établissement.

Kasbarian clarifie :

En tant que Ccac il me parait utile de clarifier certains points et de rappeler objectivement les faits.

Montaigne est un établissement dont la qualité d’enseignement et d’éducation a été largement soulignée en 2019 dans le rapport de renouvellement de l’homologation, un processus conduit par l’AEFE à période régulière dans tous les établissements français et qui doit attester de la bonne mise en œuvre du cadre d’enseignement français.  Tous les établissements homologués ne sont pas sous convention avec l’AEFE. Le conventionnement assure un niveau d’engagement financier plus important de la France, principalement dans la prise en charge des enseignants et de l’administration mais les élèves français peuvent bénéficier des bourses dans les deux types d’établissement, simplement homologués ou homologués et conventionnés avec l’AEFE. La qualité reconnue de Montaigne tient d’abord aux enseignants titulaires français de l’éducation nationale, aux enseignants locaux, et à l’ensemble du personnel qui a réussi, récemment, une reprise remarquable des enseignements en présentiel, après la fermeture et les cours à distance qui ont permis d’assurer une continuité pédagogique sans failles.

La gouvernance d’un établissement homologué et sous convention avec l’AEFE est une compétence partagée entre la direction, représentée par le proviseur et l’Association de Parents d’élèves élus qui représentent l’ensemble des parents. Le rapport de renouvellement de l’homologation mentionnant des points de vigilance dans la gouvernance de l’établissement, une mission d’appui, celle évoquée dans l’article, a été demandée d’un commun accord entre l’ambassade, la direction et l’association de parents d’élèves et s’est tenue en décembre 2019. Cette mission n’a jamais eu à traiter de problèmes financiers comme évoqué dans l’article et pour cause : l’établissement se porte très bien financièrement. Cela tient d’une part à la contribution importante de l’Etat français, notamment dans les salaires des enseignants titulaires français (60% des enseignants, l’un des taux les plus élevés de la région) et aux bourses accordées aux élèves français qui représentent la moitié des 1100 élèves, dont beaucoup ont la double nationalité, française et béninoise. Cette bonne santé financière, d’autre part, tient à la forte contribution des parents d’élèves à travers les écolages, dont une part significative contribue au salaire des personnels titulaires français et à la rémunération des personnels locaux, au fonctionnement et aux investissements.  C’est à ce titre que l’APE se montre légitimement soucieuse des engagements budgétaires dont elle assure la responsabilité au nom de l’ensemble des parents.

Il est toujours possible de discuter des choix d’investissement, comme cela l’a été récemment pour la construction d’une cantine. C’est le rôle des assemblées générales que de décider des grandes orientations, et il appartient à l’APE élue de les traduire dans un budget annuel, que les parents doivent approuver en assemblée.

S’agissant donc de la réalité des problèmes de gouvernance évoqués dans l’article du Matin libre, ils tiennent, au-delà des personnes, à des divergences, soulignées dans le rapport, entre l’APE et la direction sur la délimitation et l’exercice de leurs compétences et responsabilités respectives. C’est en référence à la convention entre l’APE et l’AEFE, qui précise, sans entrer dans le détail, le champ des compétences et des responsabilités de l’APE gestionnaire et de la direction, que l’AEFE a été amenée à faire des recommandations dans son rapport. Il importe qu’elles soient effectivement mises en œuvre, dans un dialogue sincère et constructif entre l’APE gestionnaire et la direction, avec l’appui de l’ambassade et ce pour que le renouvellement de la convention à la rentrée 2021 ne puisse être mis en cause.

Que des attentes différentes vis-à-vis de l’école française Montaigne apparaissent au sein de la communauté éducative, entre parents dont la diversité fait la richesse de cet établissement, n’est pas un problème. Mais il importe que ces différences ou désaccords s’expriment clairement et sereinement, non pas seulement dans les réseaux sociaux, mais dans les instances statutaires de l’établissement et en référence à la convention APE-AEFE. Ce doit être, de façon privilégiée, lors des assemblées générales où sont élus les parents qui souhaitent s’investir et faire entendre leur voix au sein l’APE. Et c’est par l’élection et la participation aux travaux de l’APE, dont les membres bénévoles acceptent de donner de leur temps à l’établissement, que la diversité de la communauté éducative, des parents, expatriés, locaux, étrangers tiers, doit pouvoir se retrouver.

 

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