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Avortement sécurisé : L’Aj-Ssr appelle les médias à mieux informer sur l’Ivg

Par Koladé Raymond FALADE
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À l’occasion de la Journée internationale pour l’avortement sécurisé, l’Association des journalistes pour la santé sexuelle et reproductive (Aj-Ssr) met l’accent sur le rôle des médias dans l’information du public. À trois mois des cinq ans de la loi n°2021-12, elle relève une maîtrise encore imparfaite du cadre légal de l’Ivg chez une partie des journalistes et plaide pour davantage de formation et un meilleur accès aux sources.

Au Bénin, la loi n°2021-12 du 20 décembre 2021 a modifié et complété la loi n°2003-04 relative à la santé sexuelle et à la reproduction, avec des avancées en matière d’accès à l’Interruption volontaire de grossesse (Ivg). Cinq ans après son adoption, l’Aj-Ssr estime toutefois que les médias peuvent encore mieux documenter les réalités liées à son application.

L’association fonde notamment son constat sur une collecte de données réalisée auprès de 50 journalistes pendant près d’un mois. Selon elle, plus d’un journaliste sur deux ne maîtrise encore qu’imparfaitement le cadre légal de l’Ivg. Une situation qui, estime l’Aj-Ssr, pose un enjeu de qualité de l’information diffusée au public.

Mais la connaissance de la loi sur l’avortement sécurisé n’est pas le seul obstacle relevé. Dans son communiqué de presse publié mercredi 23 septembre, l’association évoque également le manque de renforcement des capacités et les difficultés à identifier et à trouver des personnes ressources disponibles sur les questions de Dssr. Ces contraintes contribuent, selon elle, à une couverture encore limitée de sujets pourtant directement liés à la santé sexuelle et reproductive.

Pour Olive Oussougoué, présidente de l’Aj-Ssr, le rôle des journalistes ne consiste pas à militer en faveur des Dssr, mais à donner au public les éléments nécessaires pour comprendre les dispositions en vigueur et les réalités de terrain. « Nous ne demandons pas aux journalistes de militer pour les Dssr mais d’être prêts à expliquer les cadres légaux, à collaborer avec des sources fiables au bon moment, à donner la parole aux femmes sans les exposer », souligne-t-elle.

L’association insiste ainsi sur la responsabilité éditoriale des médias dans le traitement de ces sujets. « Nous mesurons rarement notre capacité à changer des trajectoires, dans le bon sens », ajoute Olive Oussougoué. Elle estime que des productions responsables peuvent contribuer à mieux faire comprendre la loi, à documenter les écarts sur le terrain et à ouvrir d’autres pistes de réflexion.

La formation au cœur des préoccupations

La formation constitue l’une des pistes avancées par l’Aj-Ssr. Les données recueillies auprès des journalistes montrent, selon l’association, qu’une formation antérieure en santé ou sur les questions de Dssr est statistiquement associée à de meilleures pratiques journalistiques.

Les journées des 26 et 28 septembre doivent notamment permettre de poursuivre les échanges sur cette question et sur la place des médias dans la vulgarisation de la loi.« Les journées du 26 et du 28 septembre sont l’occasion d’en discuter, mais aussi de voir comment repositionner les médias au cœur de la vulgarisation de la loi et d’une couverture responsable des progrès, des écarts, des défis et des solutions », explique Fulbert Adjimehossou, journaliste scientifique et membre de l’Aj-Ssr.

Au-delà des sessions de formation, l’association plaide pour des ateliers décentralisés, prolongés par un accompagnement éditorial afin de soutenir les productions journalistiques. Elle appelle également à faciliter l’accès aux données et aux personnes ressources fiables et accessibles.

Les institutions de recherche sont, elles aussi, invitées à partager leurs données et à les traduire dans des formats utilisables par les rédactions. L’Aj-Ssr souhaite enfin l’appui des partenaires techniques et financiers pour soutenir les formations et la constitution d’un répertoire national de sources fiables en santé sexuelle et reproductive, regroupant notamment des professionnels de santé, des juristes et des Ong.

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