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Terrorisme et divisions : Le jeu de l’ennemi

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Récemment, des Béninois se sont livrés, avec une légèreté déconcertante, à la diffusion de fausses informations, faisant le jeu de la propagande djihadiste. Ils ont alimenté les rumeurs d’une prétendue attaque terroriste dans le nord du pays. Plus grave encore, ils ont relayé une intoxication d’une toute autre nature : un supposé coup d’État contre le président Patrice Talon. Certains ont affirmé que ce dernier avait été capturé ; d’autres, dans une surenchère aberrante, ont prétendu qu’il s’était réfugié au Nigeria.

Ces deux intoxications, mises côte à côte, traduisent une réalité alarmante : des Béninois semblent souhaiter le malheur de leur propre pays. Vendredi dernier, en conférence de presse, le porte-parole du gouvernement a lancé une exhortation qui résonne avec gravité : « Ne pas faire le jeu de l’ennemi.»

Il est douloureux de constater que le patriotisme, jadis ciment de l’unité nationale, s’effrite chez de nombreux citoyens. Sur les réseaux sociaux, les réactions choquent par leur désinvolture. À lire certains propos, on pourrait croire que ces compatriotes disposent d’une “nationalité de rechange”, sur laquelle ils s’appuieraient pour justifier leur acharnement contre le Bénin.

Il convient de le dire sans détour : la divergence d’opinions, la pluralité politique, voire l’aversion personnelle envers un chef d’État, ne doivent en aucun cas se muer en un rejet du patriotisme. Le Bénin, comme l’a si justement rappelé le porte-parole du gouvernement, est éternel. Chaque citoyen devrait se voir comme un potentiel réserviste, prêt à répondre à l’appel de la nation.

Mais pour cela, il est impératif que le Bénin reste debout. La défense de son intégrité territoriale doit transcender les querelles partisanes et les frustrations personnelles. Le patriotisme n’est pas une option, mais un impératif moral et citoyen.

Si, sous prétexte de critiquer la gouvernance actuelle, nous nous évertuons à attirer la foudre sur notre pays, alors nous faisons preuve d’une immaturité coupable et d’une vision étroite. Aimer sa patrie ne signifie pas approuver tous ses dirigeants, mais œuvrer à sa stabilité, sa sécurité et sa prospérité.

Le Bénin ne pourra triompher des défis qu’en restant uni. Ceux qui, par leurs actions ou leurs propos, fragilisent cette unité, doivent se rappeler qu’ils ne sont pas seulement des spectateurs, mais des acteurs de l’avenir de cette nation.

Pourquoi ne pas faire le jeu de l’ennemi ?

L’ennemi est un imposteur. Il est l’incarnation de la jalousie envers notre paix et notre vivre-ensemble, certes perfectibles, mais précieux. Là où le terrorisme prospère, il s’appuie toujours sur des failles politiques remédiables ou des tensions socio-communautaires connues, parfois ancrées dans l’histoire. Ces fragilités, il les exploite sans vergogne, les amplifiant pour nourrir ses desseins destructeurs.

C’est un maître de la manipulation et un bonimenteur hors pair. Son art réside dans la création de la peur et de la confusion. Là où règnent la paix et la stabilité, il ne trouve aucun terreau fertile. Alors, il promet monts et merveilles, un prétendu mieux-être qui n’existe que dans l’illusion de ses discours trompeurs. Ceux qui mordent à son appât découvrent trop tard qu’ils ont troqué l’espoir contre le chaos.

L’ennemi n’a qu’une seule ambition : s’emparer du pouvoir. Mais il ignore tout de la gouvernance éclairée ou de la justice. Son seul projet est la destruction et la soumission. Avant même que ses victimes ne réalisent l’ampleur de l’aberration, il impose un régime de terreur. Et alors, cette démocratie, bien que perfectible, qui garantissait la liberté d’expression et l’alternance politique, ne sera plus qu’un souvenir amer. Retrouver une vie normale après avoir cédé au chant des sirènes de l’ennemi serait soit un défi titanesque, soit une quête désespérée et ruineuse. Les sacrifices nécessaires pour reconstruire ce qui aura été détruit seraient immenses, bien au-delà de ce que nous pourrions imaginer aujourd’hui.

C’est pourquoi il est impératif de ne pas jouer le jeu de l’ennemi. Nous devons rester vigilants et unis, car notre avenir dépend de notre capacité à préserver ce qui fait la force de notre nation : la paix, le dialogue et la résilience face à l’adversité.

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