Maryse Boko a soutenu avec succès, lundi 29 juin à l’Enstic-Uac, son mémoire de master en Conception, gestion et évaluation de projet numérique de développement territorial. Son enquête auprès de 155 jeunes, sanctionnée par la mention très bien (17/20) porte sur le programme ”Tita digital skills” et pointe un défi majeur, celui du suivi post-formation.
« Contribution du programme Tita digital skills au développement des compétences numériques et à l’employabilité des jeunes béninois de 2022 à 2025 ». Celle qui a défendu les résultats de ce sujet de recherche n’est pas un novice. Community manager et consultante en marketing digital, Maryse Boko est elle-même bénéficiaire du programme Tita digital skills porté par la Fondation MTN Bénin et Digital valley depuis 2022.
« Si j’ai choisi ce sujet, c’est parce que je fais partie de ces jeunes-là. En 2025, ce programme m’a apporté des compétences que je n’aurais peut-être jamais eu l’occasion d’acquérir autrement. Je voulais comprendre, avec un vrai travail de recherche, ce qu’il change réellement dans la vie des jeunes béninois », confie-t-elle.
Son enquête s’inscrit dans un contexte précis. Selon l’Arcep Bénin, le taux d’accès à l’internet mobile est passé de 42,1 % à 55,4 % entre 2022 et 2023. Cette évolution, rappelle l’impétrante, a des répercussions directes sur le marché du travail, où les compétences numériques sont de plus en plus recherchées. Pourtant, l’Anpe Bénin estimait en 2022 le taux de sous-emploi à 70 %, une réalité qui touche particulièrement les jeunes diplômés.
C’est dans ce contexte que la Fondation MTN Bénin a lancé le programme Tita digital skills, en partenariat avec Digital valley, dans le cadre de la MTN skills academy prévue sur cinq ans minimum. L’objectif pilote était initialement de former 300 étudiants de l’Université d’Abomey-Calavi. Fort des résultats de cette phase, le programme a été étendu et compte aujourd’hui 930 bourses octroyées, réparties sur 10 modules de formation, lesquelles couvrent l’Université d’Abomey-Calavi et l’Université de Parakou.
Jusqu’à ce travail de Maryse Boko, aucune étude indépendante n’avait mesuré les effets de ce programme, un manque que la recherche qu’elle vient ainsi combler.
Pour conduire son étude, l’impétrante a adopté une approche quantitative qui lui a permis d’administrer un questionnaire d’enquête à 155 bénéficiaires du programme Tita digital skills. L’objectif est d’évaluer l’impact de la formation sur le développement des compétences numériques et sur l’employabilité des jeunes formés, à travers des indicateurs précis : mobilisation des compétences, évolution de la situation professionnelle, perception de la contribution du programme aux opportunités professionnelles, et identification des principaux défis.
Un impact réel, mais un défi de taille
Les résultats de l’enquête dessinent un tableau globalement positif. En effet, 94,8 % des répondants déclarent avoir mobilisé les compétences acquises dans un contexte concret après la formation — emploi, projet personnel ou activité entrepreneuriale. 78,7 % témoignent qu’elle a induit une évolution de leur situation professionnelle. Par ailleurs, 78,1 % des enquêtés estiment que la formation a fortement contribué à leur développement numérique. 56,1 % parmi eux attribuent une note de 4 ou 5 sur 5 à la contribution du programme à leurs opportunités professionnelles.

Ces chiffres confirment que Tita Digital Skills remplit son rôle de tremplin numérique pour la jeunesse béninoise, en leur fournissant des compétences concrètes dans des domaines recherchés sur le marché du travail, notamment le community management, le marketing digital, la création de contenu, ou encore l’usage des outils numériques professionnels.
Toutefois, un aspect attire l’attention. Environ 70 % des répondants identifient le déficit de suivi post-formation comme le principal défi du programme. Ce constat, qui fonde les recommandations de l’étude, nuance le bilan positif et appelle à une évolution du dispositif.
Renforcer le suivi pour pérenniser l’impact
Face à ce constat, Maryse Boko a formulé plusieurs recommandations opérationnelles à l’attention de la Fondation MTN Bénin et de Digital valley. Elle préconise notamment la mise en place d’un accompagnement renforcé après la formation, pour transformer les compétences acquises en opportunités concrètes.
Ces pistes, saluées par le jury présidé par le professeur Raphaël Yebou, avec comme membres Dr Laurent de-Laure Faton et Jean Biaou pourraient permettre au programme d’évoluer et de consolider durablement les acquis des jeunes formés, en dépassant la simple logique de formation pour s’inscrire dans une véritable stratégie d’insertion professionnelle.
Au Bénin, le numérique s’impose comme un levier incontournable de développement économique et d’insertion professionnelle.
