La submersion récente du pont de Djônou et les embouteillages récurrents sur la voie inter-États ont montré aux usagers du Grand Nokoué une réalité criante : l’axe Cotonou-Abomey-Calavi n’a plus la capacité d’absorber un trafic toujours plus dense. Dans ce contexte, Pierre G. Dossa, activiste environnemental, propose comme palliatif la réalisation d’une double voie avec pont entre Houédonou et Gbègnigan. Lire sa contribution.
Une double voie avec pont pour sortir du cauchemar des bouchons
« Au moment où le Bénin poursuit sa dynamique de modernisation sous le leadership du Président de la République, Son Excellence Romuald Wadagni, une réflexion mérite d’être engagée sur les solutions durables à apporter aux difficultés croissantes de mobilité dans le Grand Nokoué. Parmi les propositions susceptibles de renforcer la fluidité du trafic figure la réalisation d’une double voie avec pont reliant Houédonou à Gbegnigan, un projet qui pourrait constituer une réponse structurelle aux embouteillages récurrents observés sur la voie inter-États traversant Abomey-Calavi.
Les importants investissements réalisés par l’État dans les infrastructures routières traduisent une volonté affirmée de préparer le Bénin aux défis de la croissance urbaine et du développement économique. Cette vision, qui privilégie l’anticipation, mérite d’être saluée et encouragée, tant elle contribue à améliorer le cadre de vie des populations et la compétitivité du pays.
Toutefois, l’évolution démographique et l’intensification du trafic dans le Grand Nokoué imposent déjà de nouvelles réflexions. La voie inter-États reliant Cotonou à Abomey-Calavi supporte quotidiennement un volume important de circulation. Aux heures de pointe, les embouteillages s’y multiplient, rallongeant considérablement les temps de parcours et occasionnant des pertes économiques, une surconsommation de carburant ainsi qu’une augmentation des émissions polluantes.
Cette situation devient particulièrement préoccupante lorsqu’un accident de circulation, une panne de véhicule ou des travaux surviennent sur cet axe stratégique. L’absence d’un itinéraire alternatif suffisamment dimensionné entraîne rapidement une paralysie de la circulation, affectant les usagers, les activités économiques et même les interventions des services de secours.
C’est dans cette perspective que s’inscrit la proposition de réaliser une double voie avec pont reliant Houédonou à Gbegnigan. Cette infrastructure constituerait un corridor de délestage capable d’absorber une partie du trafic, de réduire la pression exercée sur la voie inter-États et d’offrir une solution de rechange en cas d’incident majeur.
Au-delà de son rôle dans la fluidification de la circulation, ce projet contribuerait à l’ouverture de nouveaux espaces de développement, à la valorisation foncière des zones traversées, au renforcement des échanges économiques et à une meilleure organisation de l’expansion urbaine. Il participerait également à une mobilité plus durable en réduisant les temps d’attente dans les embouteillages, avec des effets positifs sur la consommation de carburant et la qualité de l’air.
Cette proposition citoyenne se veut avant tout une contribution au débat sur les infrastructures de demain. Elle traduit la conviction que le développement durable repose aussi sur la capacité à anticiper les besoins futurs plutôt qu’à répondre uniquement aux urgences du présent.
À cet effet, il convient d’adresser mes félicitations au Président de la République, Son Excellence Romuald Wadagni, pour la poursuite de la politique de modernisation des infrastructures, tout en exprimant mes vœux de plein succès à Monsieur Georges Alè, Ministre du Cadre de Vie et des Transports, chargé du Développement durable, dans l’accomplissement de sa mission.
L’histoire du développement enseigne que les grandes infrastructures sont souvent conçues avant que les besoins n’atteignent leur point critique. C’est pourquoi la liaison routière entre Houédonou et Gbegnigan mérite d’être étudiée avec attention. Plus qu’une simple route, elle représenterait un investissement stratégique au service de la mobilité, de la sécurité routière, de la résilience urbaine et du développement durable du Grand Nokoué. »
