Les Organisations de la société civile, des représentants des communes des départements de l’Atlantique-Littoral et des acteurs du sous-secteur des Enseignements maternel et primaire, se sont retrouvés en formation à l’hôtel Tibi Libi d’Abomey-Calavi du jeudi 17 au vendredi 18 février. Pendant ces deux jours, l’initiative de l’Ong Changement social Bénin soutenue par la Coopération Suisse à travers son opérateur GFA Consulting group, vise à les outiller sur les normes de qualité de l’éducation dans l’optique d’un exercice de redevabilité voulu systématique désormais.
Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
Trois objectifs spécifiques sont poursuivis derrière cet atelier de deux jours avec une vingtaine de participants. Les modules de formation visent à partager avec les participants les principes de l’Approche basée sur les droits humains (Abdh) et leur contribution à l’amélioration du processus de la redevabilité ; outiller les Osc et les acteurs de l’offre sur la redevabilité ainsi que les mécanismes de sa mise en œuvre ; et examiner les normes de l’École de qualité fondamentale(Eqf) et leurs indicateurs de suivi afin d’élaborer des outils de collecte de données relatives au respect des Normes Eqf dans les écoles maternelles et primaires.
Une éducation de qualité préoccupe, en effet, le gouvernement qui s’est donné des normes. Le rôle des Osc compte dans l’application effective desdites normes. À travers le projet intitulé « systématisation de l’exercice de la redevabilité axé sur les normes de qualité dans le sous-secteur des Enseignements maternel et primaire », l’Ong Changement social Bénin entend renforcer les capacités des personnes ressources des Osc et des acteurs de l’offre éducatif. Plus clairement, « le projet vise à outiller les Osc spécialisées dans le domaine de l’éducation et le sous-secteur des Enseignements maternel et primaire sur les normes de qualité que le gouvernement même s’est données pour améliorer la qualité de l’éducation au Bénin », a expliqué Josué Dohami, responsable suivi-évaluation au sein de l’Ong CsB. « L’objectif c’est de leur donner les outils pour qu’ils comprennent d’abord quel est le contenu de ces normes et qu’après, ils aillent sur le terrain pour collecter des informations sur leur application effective », a-t-il précisé. Cette formation à Abomey-Calavi, a-t-il précisé, intervient après l’étape des autres communes du Bénin. Elle regroupe les acteurs du cadre de concertation du sous-secteur des Enseignements maternel et primaire, les acteurs des mairies en charge de la planification et les Osc.
Mais, avant d’en arriver à faire focus sur le sous-secteur des Enseignements maternel et primaire, l’Ong CsB a dans une initiative antérieure, travaillé sur quatre secteurs (énergie, santé, eau et éducation). Dans ce cadre, rappelle Ralmeg Gandaho, président du conseil d’administration, les Osc ont ramené du terrain des données importantes sur 1034 écoles primaires parcourues. En septembre 2020, elles ont fait l’objet de dialogue avec le ministère des Enseignements maternel et primaire. « Entre acteurs de l’offre et de la demande, il était question de se mirer à travers ces données venues du terrain, de tous les départements du pays. L’exercice était intéressant. Le ministère avait pris de très bonnes décisions, correctives par endroit et des décisions qui s’inscrivent dans la durée notamment la mise en place des cadres de concertation », a-t-il situé. Désormais, l’Ong CsB envisage que l’exercice de redevabilité au sein des cadres de concertation devienne systématique. « Qu’automatiquement cela se fasse chaque fois relativement aux normes de qualité, pas sur autre chose » puisque les Osc qui font la redevabilité au sein de ce sous-secteur ont défini les normes de qualité comme leur base commune, a martelé Josué Dohami.
Bon accueil
L’initiative est bien accueillie. Elle « est capitale et vient à point nommé pour permettre aux Osc qui travaillent avec les différents acteurs de l’éducation nationale, de pouvoir jouer correctement leur rôle. En tant que Osc je rentre dans les écoles pour voir si les règles sont respectées, afin d’assurer de bons résultats en fin de compte au niveau du système éducatif », a salué Martin Luther Aderomu, Directeur départemental des Enseignements maternel et primaire du Littoral (Ddemp). « Nous sommes la priorité du gouvernement en matière d’éducation. Du coup il y a plusieurs partenaires qui abordent ce secteur et accompagnent le sous-secteur des Enseignements maternel et primaire dans l’atteinte des objectifs qui lui sont assignés. Il urge donc de recadrer un peu, de créer un cercle des échanges pour ne pas toujours perdurer dans l’autosatisfaction et croire peut-être que ce que nous faisons est bon. C’est le moment pour vous Osc d’être outillées pour entrer véritablement dans votre rôle de veille citoyenne. Il vous revient donc de saisir cette opportunité, vous appropriez des modules pour que très prochainement on sente vos effets au niveau des actions du sous-secteur des Enseignements maternel et primaire », a exhorté Arnaud Awena, chef du service de la coopération au Memp.
