Home Actualité Maîtrise des armes légères : 22 experts africains bouclent leur formation à Ouidah

Maîtrise des armes légères : 22 experts africains bouclent leur formation à Ouidah

Par Koladé Raymond FALADE
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Après trois semaines de formation entre le Togo et le Bénin, 22 participants issus de 16 pays africains ont achevé, vendredi 21 août à Ouidah, un programme consacré au contrôle des armes légères et de petit calibre (Alpc). La cérémonie de clôture a permis de dresser le bilan d’un parcours marqué par des enseignements théoriques, des exercices pratiques et des visites de terrain. À l’issue de la formation, les participants ont enregistré un taux de réussite de 100 % aux tests finaux.

La formation s’est achevée sur une note de satisfaction. Initialement prévue sur quatre semaines, elle a finalement été condensée en trois semaines, avec un programme particulièrement dense. Les 22 participants, sur les 23 initialement inscrits, ont suivi l’ensemble du parcours, qui s’est déroulé successivement au Togo et au Bénin.

Pour Anselme N. Yabouri, directeur du Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Afrique (Unrec), cette réussite traduit l’engagement des participants. La note la plus faible obtenue au test final est de 14 sur 15, tandis que l’ensemble des stagiaires ont validé l’évaluation. « 100 % d’entre vous, hommes comme femmes, ont réussi le test », s’est-il réjoui, estimant que cette promotion pourrait être l’une des meilleures en termes de résultats. Il a également salué la qualité des projets individuels présentés par les participants au terme de la formation.

Durant les trois semaines, les participants ont été formés sur plusieurs aspects liés au contrôle des Alpc. Les enseignements ont notamment porté sur les cadres internationaux et régionaux, le marquage, l’enregistrement et le traçage des armes, la gestion des stocks de munitions, leur destruction, la sécurité aux frontières, les transferts d’armes ainsi que le fonctionnement des commissions nationales.

La formation a également intégré des dimensions liées au genre, à la jeunesse et à la prévention de la violence. Les visites de terrain et les exercices pratiques ont permis aux stagiaires de confronter les connaissances acquises aux réalités opérationnelles.

L’objectif était surtout de permettre aux participants de réfléchir à des réponses adaptées aux réalités de leurs pays. Les projets individuels réalisés au cours de la formation devaient ainsi partir de problèmes concrets et déboucher sur des propositions susceptibles d’être mises en œuvre.

Pour les organisateurs, l’enjeu dépasse toutefois l’acquisition de connaissances techniques. Il s’agit également de constituer une communauté de praticiens africains capables de maintenir les échanges et de partager leurs expériences au-delà de la formation. « Il s’agit également de faire de vous des agents de changement positif », a expliqué Anselme N. Yabouri aux participants.

De retour dans leurs pays, ceux-ci sont appelés à mettre leurs acquis au service de leurs institutions, à formuler des recommandations, à apporter une expertise technique et à contribuer aux négociations internationales sur les armes légères et de petit calibre.

Une formation conçue pour les réalités africaines

Cette initiative trouve son origine dans des consultations entre États africains sur la nécessité de renforcer les capacités des techniciens et diplomates dans le domaine du contrôle des Alpc. Portée ensuite au niveau continental puis soumise à la conférence d’examen du Programme des Nations Unies sur les armes légères et de petit calibre, elle a finalement été entérinée par l’Assemblée générale des Nations Unies.

Le choix d’une organisation continentale de la formation répond à la diversité des réalités liées à la circulation illicite des armes.

Les problématiques rencontrées en Afrique ne sont pas nécessairement les mêmes que celles observées dans d’autres régions du monde, ni même d’un pays africain à un autre.

Cette approche a permis de réunir à Ouidah des professionnels venus de 16 pays et issus de différents secteurs, avec l’ambition de favoriser les échanges d’expériences et la coopération régionale.

Le pari d’un réseau de praticiens

Au-delà des résultats académiques, les responsables de la formation ont insisté sur la nécessité de maintenir les liens établis entre les participants. Pour la représentante du Bureau des affaires du désarmement des Nations Unies (Unoda), la formation doit contribuer à faire émerger une communauté de praticiens africains en mesure de poursuivre les échanges sur les bonnes pratiques et les défis liés aux Alpc.

Dans ses propos, Rasheeda Aliyu Lawwal, représentante des stagiaires, a pour sa part salué l’apport des experts et des formateurs. Au nom de ses collègues, elle a souligné que la formation leur a permis d’acquérir de nouvelles connaissances et compétences, mais également de partager des expériences entre professionnels de pays différents. « Nous repartons aujourd’hui avec de nouvelles connaissances, de nouvelles compétences, de nouvelles idées et surtout une plus grande motivation pour mettre en pratique les enseignements reçus », a-t-elle déclaré.

La clôture a également été l’occasion pour les participants de saluer les équipes de l’Unrec, de l’Unoda et du Centre de perfectionnement aux actions post-conflictuelles de déminage et de dépollution (Cpadd), qui ont contribué à l’organisation de la formation.

En accueillant la troisième semaine du programme, le Cpadd a ainsi permis aux participants de poursuivre les enseignements à travers des infrastructures et des exercices adaptés. Son directeur adjoint Jean-Eudes Bujadoux a salué le taux de réussite enregistré et souhaité que les acquis de la formation contribuent à améliorer les procédures nationales et la coopération régionale. « La menace n’a pas de frontière », a-t-il rappelé. Il a exhorté les participants à utiliser leurs nouvelles compétences pour faire progresser le contrôle des Alpc dans leurs pays respectifs.

La cérémonie de clôture a été marquée par la remise des attestations de participation et de réussite aux participants.

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