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Forum Mark’ethic Access to market

Forum Mark’ethic Access to market : Mark’ethic crée des passerelles entre producteurs locaux et marchés

Par Sêdaminou Béni AGBAYAHOUN
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La première édition du forum Mark’ethic Access to market s’est déroulée les 5 et 6 juin à Cotonou. Elle a réuni plusieurs acteurs de la chaîne de production et de transformation autour d’activités qui ont mis en lumière les richesses des produits locaux, de la production à la commercialisation. L’événement est porté par l’agence Mark’ethic.

Deux « journées de réelles connexions, d’opportunités, de réseautage ». La première édition du forum Mark’ethic Access to market est partie d’un constat. « Depuis sept ans, nous observons un écosystème entrepreneurial dynamique, des entrepreneurs talentueux, des produits innovants », a indiqué Aimée Ogouma, directrice de Mark’ethic, agence qui porte l’initiative. Si tous ces facteurs favorisent le développement du secteur entrepreneurial, il subsiste tout de même des insuffisances.

« Ce qui manque souvent, ce sont des opportunités concrètes, des connexions réelles pour devenir des champions nationaux. » « Quelle est notre capacité à faire en sorte de domestiquer la plupart des bouts de la chaîne de valeurs dans notre pays, pour que les producteurs puissent bénéficier de leurs énergies ? » C’est autour de ce questionnement que réside, selon Conrad Gbaguidi, président du Conseil économique et social (Ces), l’enjeu du forum.

Mark’ethic Access to market a tenté pendant deux jours d’y répondre. Mark’ethic est une agence engagée dans la promotion des produits locaux. Elle aide les producteurs à structurer leurs produits, construire leur crédibilité et les positionner sur le marché. Sa directrice est convaincue que « les opportunités existent, le talent de nos entrepreneurs est confirmé. Notre responsabilité collective est de créer des conditions pour qu’ils se rencontrent. »

Mais il est « difficile de rencontrer les bons acheteurs, d’intégrer des circuits de distribution formels, de se faire connaître au-delà de son quartier ou du réseau plus loin que son voisinage ». Surtout dans un environnement fortement marqué par l’informel. Pourtant, dans la dynamique actuelle du pays, « la formalisation n’est plus un choix, c’est une obligation », a rappelé Conrad Gbaguidi. Il estime que « les entreprises, même les plus petites doivent penser à se formaliser ».

Promotion du local, une affaire de tous

Dans l’organisation de ce forum, Mark’ethic a eu plusieurs soutiens, dont Iyba Seed Bénin. Le projet de l’Union européenne « vise à renforcer les connexions, les synergies entre acteurs, en particulier entre acteurs locaux, pour améliorer l’écosystème entrepreneurial, permettre aux jeunes entreprises d’avoir de meilleures conditions pour émerger, se développer et essayer de réduire la mortalité des jeunes entreprises », a indiqué Grégoire Gailly, chef adjoint du projet.

« On peut faire toutes les formations qu’on veut, tout le renforcement de capacités sur le capital humain qu’on veut, on peut trouver les financements ou dire que c’est difficile d’accéder aux financements. Mais s’il n’y a pas de marché, on fait tout ça pour rien », a-t-il déclaré, situant ainsi l’importance de l’initiative Mark’ethic Access to market.

À l’instar de Mark’ethic, plusieurs autres organisations s’investissent dans la promotion et la distribution des produits locaux. Elles font « un travail énorme dans l’accompagnement de toute la chaîne de la production vers la transformation et dans la mise en marché des produits locaux », a précisé Mirlain Bossou, président du Réseau national des acteurs de distribution et de promotion de produits locaux (ProLocal). Il a plaidé en leur faveur afin que le Ces les aide « à avoir un statut particulier ». Ce qui contribuerait à alléger leurs charges fiscales.

« Quand on est seul, on est plus fragile »

Conrad Gbaguidi a également évoqué la situation de l’individualité qui freine le développement et la survie des Pme. Elle est souvent motivée par la peur de « se faire voler ses idées » ou de « profiter seul » des bénéfices de l’initiative, a-t-il signalé. Le président du Ces a rassuré les participants « qu’ensemble ils vont gagner, et mieux qu’ils vont gagner plus durablement parce que quand on est seul, on est plus fragile et quand il y a une crise, on tombe plus vite. »

 « Les petites et moyennes entreprises représentent environ 90 % de notre tissu économique » a déclaré José Herbert Ahododé, représentant de l’Agence de développement des petites et moyennes entreprises (Adpme). À ce titre, il a salué l’initiative et a souligné que « c’est une mobilisation collective que nous devons davantage renforcer pour pouvoir atteindre les enjeux liés à l’accès au marché pour nos entrepreneurs au Bénin ».

Françoise Sayi, directrice du Global alliance for improved nutrition (Gain) a pour sa part invité les entreprises participantes « à poursuivre leurs efforts pour fournir des produits de qualité, nutritifs, accessibles ». Elle a ensuite exhorté les acheteurs, distributeurs et partenaires à renforcer leurs engagements en faveur des produits locaux.

Plusieurs autres activités ont rythmé l’agenda des deux jours du forum Mark’ethic Access to market. Il y a eu entre autres la mini foire des produits innovants de transformation locale, le Business clinic – consultations individuelles pour entrepreneurs et Pme. Il y a également eu des panels, mais aussi un concours de pitch en vue du référencement officiel des meilleurs auprès des plateformes de distribution de grande renommée. Un accent particulier a été mis au cours de l’événement sur l’entrepreneuriat féminin.

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