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10 ans de réforme dans la santé : De l’asphyxie à la renaissance

Par Sêdaminou Béni AGBAYAHOUN
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A quelques jours de sa passation de charge, la rédaction de Bénin Intelligent jette un regard rétrospectif sur les réformes mises en œuvre pendant la décennie de gouvernance du président Patrice Talon, notamment dans le secteur de la santé qui a subi une refonte profonde, passant ainsi d’un secteur dysfonctionnel à un dispositif mieux équipé et mieux régulé.

En 10 ans de gestion, le gouvernement de Patrice Talon a engagé plusieurs réformes structurelles et structurantes dans plusieurs secteurs. De la sphère politique au système éducatif en passant par l’économie, la coopération internationale, la culture pour ne citer que ceux-là. Le système de santé, jusque-là marqué par plusieurs dysfonctionnements a également reçu une attention particulière du gouvernement Talon.

Les réformes initiées dans ce secteur portent sur plusieurs aspects, notamment la modernisation des infrastructures, l’assainissement de la gouvernance hospitalière et à la mise en place d’une régulation rigoureuse. L’ambition derrière ces initiatives est de garantir des soins de qualité à tous les citoyens, indépendamment de leur milieu de provenance, de résidence ou de leur rang social.

Dans cette perspective, le gouvernement Talon a mis en place une commission technique chargée des réformes du système de santé. Après son diagnostic, elle a décelé plusieurs dysfonctionnements. Il s’agit essentiellement « des mauvais indicateurs socio-sanitaire, la mauvaise gouvernance du secteur de la santé et un plateau technique inadéquat », a rappelé Prof. Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé.

L’Ars, le gendarme du secteur de la santé

Par décret n° 2019-417 du 25 septembre 2019, l’Autorité de régulation du secteur de la santé (Ars) est créée. « Rattachée à la Présidence de la République », elle est investie de la mission de « veiller à la réalisation du droit à la santé pour tous les citoyens par l’amélioration continue de la qualité des soins ».

Une disposition prévue à l’article 3 du décret de sa création. Il faudra attendre le 13 juillet 2022 pour que soient nommés en conseil des ministres les neuf membres qui composent l’organe, avec à leur tête, Dr Lucien Dossou-Gbété. Ils prendront officiellement fonction le 12 septembre 2022.

A cette occasion, le chef de l’Etat leur a rappelé les attentes qu’il place en eux. « Mon espérance va au-delà des mots. La régulation du secteur de la santé permettra à chaque Béninois d’espérer que désormais les choses se feront autrement dans notre pays et pour de bon ». Il se disait alors convaincu que de leur « succès dépendra la survie et la longévité de cet outils si précieux et indispensable pour l’offre qualitative des soins au Bénin ». Dr Dossou-Gbété s’était alors engagé au nom de ses pairs, à accomplir la mission assignée à l’Ars « avec zèle et abnégation ».

Pour répondre aux aspirations placées en elle, l’autorité a mené plusieurs actions d’envergure au plan national. Elles vont des visites des formations sanitaires à la certification des structures de soins et l’accréditation des professionnels de santé. Mais également des rencontres d’incitation des jeunes docteurs en médecine et en pharmacie à rester sur place afin de mettre leurs compétences au service du secteur de la santé au Bénin.

Parallèlement aux actions de l’Ars, le gouvernement Talon a relancé la lutte contre les structures illégales de fourniture des services de santé et engagé la régulation des activités pharmaceutiques à travers la loi n° 2021-03 du 1er février 2021 portant organisation des activités pharmaceutiques en République du Bénin.

Gestion optimale des infrastructures hospitalières

La formation de relais communautaires, l’acquisition de nouvelles ambulances ou encore le recrutement d’internes des hôpitaux sont autant d’actions menées en vue de la restructuration du secteur de la santé. Les internes des hôpitaux devraient entrer dans un circuit de 4 à 5 ans de formation pour devenir des spécialistes accomplis. Le gouvernement veut ainsi contribuer à créer une nouvelle génération d’élites dans le domaine de la médecine.

Les réformes du gouvernement Talon dans le secteur de la santé ont particulièrement affecté les formations sanitaires. Elles se sont matérialisées par une restructuration de leur fonctionnement et l’introduction de nouvelles méthodes de gestion axées sur les résultats. En amont, l’exécutif à travers le ministère de la Santé a renforcé l’assainissement de l’appareil sanitaire. Notamment à travers l’interdiction du double exercice (public et clientèle privée) de la profession d’agent de santé et le démantèlement des réseaux frauduleux d’offre de service de santé.

En effet, au titre des dispositions de l’article 3 du décret n°2018 – 034 du 31 janvier 2018, il est prévu que « la délivrance de l’autorisation du ministre chargé de la Santé aux agents publics fonctionnaires ou agents contractuels de l’État ou des collectivités territoriales, aux fins d’exercer en clientèle privée, une profession médicale ou paramédicale est subordonnée aux conditions suivantes : (…) signer et produire un engagement notarié à ne pas se soustraire à ses obligations d’agent public au bénéfice de l’exercice en clientèle privée ».

La disposition vient mettre un terme à des pratiques de certains professionnels de santé qui consistaient à privilégier l’exercice en clientèle privée à leur devoir dans le secteur public.

Exit le droit de grève

L’une des réformes majeures a été l’interdiction du droit de grève dans certains secteurs dont celui de la santé. La loi n°2018-34 du 5 octobre 2018 modifiant et complétant la loi n°2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève en République du Bénin dispose en effet en son article 2 modifié : « en raison de la spécificité de leurs missions, (…) les personnels des services de santé ne peuvent exercer le droit de grève ».

Cette décision, malgré les contestations qu’elle a suscitées, est quand même entrée en vigueur. Le gouvernement a ainsi contribué à mettre fin à une « anarchie » qui régnait dans le secteur. En effet, pour faire entendre leurs revendications, les professionnels de la santé observaient des grèves interminables, aux mépris du bien-être des populations. Lors d’une de ses rencontres avec les centrales syndicales, le président Talon a déploré une affirmation qui lui aurait été rapporté par un de ses ministres. « Quand il y aura des dizaines de morts, le gouvernement va céder », aurait affirmé un responsable syndical au ministre en question.

Patrice Talon en a conclu que « les syndicalistes du secteur de la santé [faisaient] de la vie, un élément de chantage ». Ce qu’il estime être « une arme disproportionnée ». « On ne peut pas utiliser la vie des autres comme un moyen de négociation, c’est grave », avait-il alors condamné. Dans ce contexte, il relevait selon lui du « bon sens » que d’interdire le droit de grève au personnel de santé.

Une vision claire et structurée

Le Bénin s’est par ailleurs doté sous la gouvernance de Talon, d’une Politique nationale de la santé (Pns) 2018-2030. Son objectif, corriger les déséquilibres régionaux et à renforcer la protection sociale. La vision de l’administration Talon d’assurer la couverture sanitaire universelle a conduit entre autres, à la construction de l’hôpital de référence d’Abomey-Calavi, au lancement de la réhabilitation/construction des hôpitaux de zones et centres hospitaliers départementaux. Le projet de construction du Centre hospitalier international de Calavi (Chic) lancé en 2020 a permis de doter le Bénin d’un complexe hospitalier aux standards internationaux pour endiguer les évacuations sanitaires coûteuses. Il porte l’ambition de devenir un pôle d’excellence sanitaire sous-régional.

En vue du renforcement du plateau technique, de grands investissements ont été consenti pour équiper les centres hospitaliers (Chu, Cnhu, Chu-Mel), en imagerie médicale, scanner et en laboratoires modernes.

La lutte contre le marché illicite des produits pharmaceutiques a permis de sécuriser la chaîne d’approvisionnement des officines publiques. Dans la même dynamique, des opérations d’envergure ont permis de saisir et d’incinérer de fortes quantités de produits issus du marché noir et de démanteler les réseaux de distribution irréguliers.

Au bout de 10 ans de réformes, parfois exigeantes, le système de santé béninois affiche un visage plus structuré. La consolidation des acquis et l’extension des dispositifs à l’ensemble du territoire restent les enjeux des prochaines années. Le nouveau chef de l’Etat hérite donc d’un secteur de la santé que l’équipe à laquelle il a appartenu a balisé. Les résultats de ces 10 ans de réformes, ajoutés aux différents programmes nationaux et à son projet de société augurent de beaux jours pour la santé au Bénin et l’ambition de la couverture sanitaire universelle.

Avec Lucette FASSINOU

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