Fondateur de la plateforme Maketou, il fait partie de cette nouvelle génération d’entrepreneurs africains qui tentent de redéfinir les règles de l’entrepreneuriat digital.
À seulement 22 ans, ce jeune béninois s’est progressivement imposé comme une figure montante de l’écosystème numérique local. À l’origine de plusieurs initiatives dans le domaine du marketing digital et de la vente de produits numériques, il revendique un positionnement clair : celui d’un acteur engagé dans la structuration d’un modèle économique encore peu exploité en Afrique francophone.
Un parcours forgé entre débrouillardise et apprentissage
Né à Bohicon le 28 mai 2003, au Bénin, Wilson Botoyiye grandit dans un environnement modeste où les ressources sont limitées et où les valeurs de travail et de persévérance occupent une place centrale.
Très tôt, il développe une relation particulière avec l’effort. Petite anecdote, adolescent, il commence à travailler dans l’usine de son père pour gagner de quoi s’acheter une simple manette de jeu. Une expérience fondatrice qui marquera durablement sa perception de l’argent et de la valeur du travail. C’est finalement vers Internet qu’il se tourne. Encore élève, il découvre les plateformes de freelancing et commence à proposer de petits services en ligne. Les débuts sont difficiles.
Erreurs, échecs, bannissements : son apprentissage se fait dans la réalité brute du terrain. Et progressivement, il parvient à générer ses premiers revenus en ligne, allant jusqu’à financer lui-même une partie de sa scolarité. Une étape décisive qui transforme une simple curiosité en véritable trajectoire.
Du freelancing à la structuration d’un modèle digital
Contrairement à de nombreux jeunes attirés par les promesses rapides du digital, Wilson Botoyiye s’inscrit dans une logique plus structurée. C’est dans cette réflexion qu’émerge progressivement ce qu’il présente aujourd’hui comme son cœur de vision : le business model des produits digitaux.
Par produits digitaux, il faut entendre tout ce qui n’est pas physique mais numérique : e-books, services en ligne, contenus téléchargeables, entre autres. Un modèle basé sur la création et la commercialisation de contenus ou de services accessibles en ligne, sans contrainte géographique.
Maketou : une plateforme pour contourner les limites des paiements en Afrique
C’est dans cette dynamique qu’est né Maketou, présenté comme un « PayPal africain ». Pensée comme une plateforme de distribution de produits digitaux, Maketou ambitionne de permettre aux créateurs africains de vendre leurs offres et de recevoir leurs paiements sans dépendre des solutions internationales, parfois inaccessibles ou limitées pour le continent.
Selon les données communiquées par son fondateur, la plateforme a déjà permis de reverser plus d’un million de dollars (environ 560 millions de FCFA) aux créateurs africains. Un chiffre significatif, qui témoigne d’une activité réelle, même si l’écosystème reste encore en phase de structuration.
Au-delà des performances financières, c’est surtout l’intention qui retient l’attention : créer une infrastructure locale adaptée aux réalités africaines. Pour Wilson Botoyiye, le digital ne doit pas être uniquement perçu comme un outil de consommation, mais comme un levier de production.
