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Niccola Milnes « Sans renseignement fiable, impossible de répondre aux menaces terroristes »

Niccola Milnes « Sans renseignement fiable, impossible de répondre aux menaces terroristes » (FR/EN)

Par Arnauld KASSOUIN
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Les femmes jouent un rôle indispensable dans la gestion des menaces liées au terrorisme. D’un, cela s’explique par leur proximité directe ou indirecte avec les groupes recourant au terrorisme.  Deux, leur capacité de rétention et de partage d’information relative aux dynamiques contextuelles de leur environnement fait d’elle un capteur humain de grande valeur. Au regard de ces alternatives positives, comment maximiser réellement l’apport des femmes dans la gestion du risque ? Dans cet entretien, Niccola Milnes, Spécialiste des questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme, répond sans ambages. Elle a procédé en mettant en avant le rôle des femmes dans le contre-renseignement.

Arnauld KASSOUIN : Quelle corrélation fondamentale existe-t-il entre le renseignement et la gestion du terrorisme selon-vous ?

Niccola Milnes : Dans son interprétation la plus simple, sans renseignement fiable, il est impossible de répondre aux menaces terroristes d’une manière qui contribue réellement à réduire ces menaces. Mais le renseignement est vaste : il en existe différents types. En plus, la manière dont ils sont collectés, compris, partagés et utilisés pour éclairer les réponses varie. Il y a évidemment des renseignements qui éclairent davantage les opérations cinétiques. D’autres aident à comprendre comment ces groupes se propagent, s’infiltrent et opèrent au niveau local. Notamment, comment ils gouvernent, gagnent la confiance des communautés, répondent aux griefs, etc. Tout cela doit être compris pour pouvoir ne serait-ce que commencer à apporter une réponse adéquate au terrorisme. L’ensemble repose donc sur différents types de renseignement.

Dans les pays du Sahel central, quelle lecture peut-on faire à l’heure actuelle de l’efficacité du renseignement dans les modalités de résolutions de conflits à configuration terroriste ?

Je suppose qu’en fin de compte, ils ne le sont pas. Mais, je dirais aussi que ce n’est pas la bonne question. Ce que nous devrions nous demander, c’est à quel point nous sommes efficaces pour garantir que les différents flux de renseignements sont triangulés, interprétés ensemble, compris de manière holistique et utilisés pour prendre des décisions éclairées par les bonnes personnes au bon moment. Nous entendons souvent des acteurs de ce domaine dire que notre problème n’est pas lié aux renseignements ou aux données, mais au temps. Je suis tout à fait d’accord avec cela : notre problème réside davantage dans la compréhension de ce dont nous disposons, dans le temps nécessaire pour l’examiner, le contextualiser et nous assurer que les bonnes personnes (celles qui sont capables de saisir les nuances contextuelles) fournissent les informations au bon moment.

Il s’agit davantage d’un problème de coordination et de coopération que d’un problème de « renseignements ». Nous nageons dans l’information. Mais comme nous pouvons le constater, la menace ne cesse de croître, et même si nous avons fait d’énormes progrès en matière de connaissances, d’interventions, de compréhension, etc., tant que cela continuera à fonctionner en silos, cela ne suffira jamais à « résoudre les conflits terroristes ». Ces groupes ont un avantage stratégique en matière de triangulation, de coopération et de coordination que nous n’avons pas encore su égaler.

Pensez-vous que l’intégration du genre dans le renseignement pourrait modifier la doctrine de gestion du terrorisme dans les États d’Afrique de l’Ouest ?

Je pense qu’il est absolument crucial de l’intégrer, et qu’il s’agit actuellement d’une énorme lacune dans la réponse à la menace terroriste dans la région. On a entendu, au fil des années, beaucoup de discours de façade sur une « réponse genrée au terrorisme ». Toutefois, quand on regarde ce qui se fait concrètement sur le terrain, il y a très peu de résultats tangibles. Cela s’explique probablement par le fait qu’il est très vague de parler d’« intégrer le genre dans la réponse ». Qu’est-ce que cela signifie réellement ? À quoi cela ressemble-t-il concrètement ? Pourquoi veut-on le faire ? Si une approche n’est pas claire sur ces points, elle ne peut pas être efficace.

C’est extrêmement important. Quand-même, tant qu’on n’est pas clair sur le « pourquoi », je ne vois pas comment on peut espérer que cela fonctionne. Ce pourquoi ne peut pas se réduire à cocher une case d’indicateur. Il existe de très nombreux aspects expliquant pourquoi et comment les femmes jouent des rôles critiques dans ce contexte. Mais ces rôles sont profondément nuancés sur le plan contextuel et culturel. Oui, les femmes voient et entendent beaucoup de choses dans les villages et dans leurs foyers. Oui, elles sont beaucoup plus susceptibles de se confier à du personnel militaire féminin qu’à du personnel masculin. Mais nous devons aussi comprendre ce qui guide réellement leurs processus de décision. Quels sont les besoins qui comptent le plus pour elles ? Quels facteurs influencent leurs choix plus fortement que ceux que nous avons pu supposer importants ? Tout cela est pertinent.

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Dans un contexte de porosité entre populations et groupes armés, quelles pressions (sociales, maritales ou économiques) peuvent pousser les femmes à s’impliquer dans le renseignement ? Et pourquoi ?

Je pense que tous ces facteurs peuvent jouer un rôle. Une chose que notre recherche a clairement mise en évidence, c’est que ce que les femmes souhaitent avant tout, c’est vivre leur vie sans ingérence. Elles aspirent à un niveau de base de sécurité et de sûreté suffisant pour vaquer à leurs occupations quotidiennes, développer leurs petites activités commerciales, célébrer ensemble, gérer leur foyer, etc. Lorsque des groupes, qu’il s’agisse de l’armée, de groupes armés, etc. menacent ces aspects essentiels, elles ne l’acceptent pas. Cependant, nous avons également constaté que les liens sociaux et conjugaux avaient une grande importance. Par exemple, dans le cas du JNIM, plus leurs maris et leurs fils rejoignaient les rangs et combattaient pour le JNIM, en particulier lorsqu’il s’agissait de riposter à des attaques militaires, plus elles acceptaient au fil du temps de faire elles aussi partie du JNIM.

Y a-t-il quelque chose de spécifique dans le renseignement recueilli par les femmes (renseignement d’ambiance, mouvements de troupes, logistique) par rapport à celui recueilli par les hommes ?

Qu’une femme choisisse ou non de partager ces informations, elle est toujours en train de collecter et d’accumuler des points de données. C’est presque inhérent à la vie quotidienne. Elles voient et remarquent tout, et il y a bien sûr des indicateurs importants qu’elles remarquent, qu’il s’agisse d’achats au marché, de mouvements de troupes, de maladies, etc. Les femmes partagent ces informations avec leurs proches, car cela a toujours été ainsi. C’est essentiel pour leur survie. Les données et les « indicateurs » auxquels elles sont les plus sensibles au quotidien sont bien sûr légèrement différents de ceux des hommes de leur village, mais ils sont également très instructifs. Il existe également des informations auxquelles elles n’ont pas forcément accès : certaines peuvent les apprendre par leur mari, d’autres non.

Est-ce que l’établissement d’une relation de confiance entre les femmes des zones frontalières et les forces de sécurité est le « chaînon manquant » pour empêcher l’avancée des groupes vers les pays côtiers ?

Je pense que c’est extrêmement important, mais cela doit obligatoirement impliquer des membres féminins des forces de sécurité. Je pense que le plus prometteur serait d’avoir davantage de points de contact civils-militaires féminins qui pourraient s’engager régulièrement dans ces communautés et passer du temps avec les femmes qui y vivent.

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Quelles réformes concrètes recommandez-vous pour garantir que les stratégies de « police de proximité » dans les pays du golfe de Guinée intègrent véritablement les réseaux de femmes existants ?

Je ne voudrais certainement pas parler au nom de ces réseaux de femmes qui s’étendent sur plusieurs pays. Donc ma première recommandation serait de leur poser la question directement ! Mais pour apporter une réponse plus utile, fondée sur mon travail au fil des années, je dirais qu’il faut d’abord offrir des garanties que les femmes pourront partager des informations en toute sécurité si on les sollicite pour le faire. C’est une peur immense, et légitime, car la manière dont l’information est traitée dépend énormément du niveau de formation, de la compréhension des protocoles, du respect, etc., à un échelon très local.

La crainte de représailles est significative, que ce soit le risque d’être découvert au sein de la communauté pour avoir partagé des informations, ou d’être interrogé par les forces de sécurité pour les avoir transmises. Les implications en termes de réformes sont donc multiples et différentes selon les cas. La formation, la création d’espaces sûrs et confidentiels, un environnement respectueux, etc. sont des éléments essentiels, mais il est également crucial de garantir et de préserver l’anonymat.

Et par-dessus tout, la raison pour laquelle vous demandez aux femmes de partager des informations doit être convaincante. Il faut être explicite sur le « pourquoi » : en quoi cela répond-il à leurs propres préoccupations ? Comment cela contribue-t-il à ce qu’elles souhaitent pour leur communauté ? Pour leurs enfants ?

Au-delà de la sécurité, comment l’autonomisation économique des femmes peut-elle servir de levier pour assécher les sources de renseignement des groupes terroristes ?

Je pense qu’il existe toujours un scénario très spécifique dans lequel cette hypothèse peut tenir. A savoir que l’autonomisation économique peut réduire une vulnérabilité qui pourrait pousser les femmes à partager des renseignements avec les groupes armés. Mais nous ne devrions pas chercher à universaliser cela comme une approche systémique globale.

Les femmes sont prêtes à partager des informations pour toutes sortes de raisons différentes. Parfois, par lien de parenté et de loyauté. Ou par colère et sentiment de revanche face aux dommages réels infligés par l’État. Il en est de même par peur de ne pas coopérer avec le groupe armé. Il y a tellement de motivations différentes.

Bien sûr, l’autonomisation économique des femmes est un bénéfice net positif, mais nous ne devrions pas supposer que son absence les pousse à partager des renseignements qu’elles n’auraient autrement pas partagés. Comme notre recherche l’a clairement montré, la plupart des femmes que nous avons interrogées et qui vivaient sous le contrôle du JNIM avaient en réalité des petites entreprises florissantes avant l’arrivée du JNIM. Elles décrivaient être capables de subvenir aux besoins de leur foyer. C’est précisément le JNIM qui a interrompu cela en interdisant le travail à l’extérieur du foyer (comme la vente sur les marchés ou l’agriculture, etc.).

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Comment les femmes qui vivaient dans les zones contrôlées par le JNIM organisèrent leur résilience ? Quelles leçons susceptibles les femmes vivant dans des zones enregistrant des incidents dans les pays côtiers pourraient-elles en tirer profit ? Une anecdote … 

Sur la manière dont les femmes des pays côtiers touchés par le terrorisme pourraient s’inspirer des expériences des femmes vivant déjà sous le contrôle de JNIM, je pense qu’il est important d’être honnête. Si le JNIM parvient réellement à prendre le contrôle d’un territoire, il existe de véritables limites à ce que les femmes peuvent faire. Et c’est là une limitation fondamentale de la « prévention » ou de la « lutte contre » le phénomène. Ces approches reposent sur un contrat social avec les forces de sécurité, selon lequel celles-ci tiennent la ligne (et pour faire référence à mes réponses précédentes, la sécurité des femmes est ce qui importe le plus).

Cela étant dit, la recherche a montré que des bases solides établies au préalable font une réelle différence.

L’indépendance économique (beaucoup ont parlé avec fierté de leurs petites entreprises qu’elles possédaient avant l’arrivée de JNIM – elles voulaient y revenir – ; même si elles n’ont pas pu les maintenir sous JNIM. Je considère cela comme une forme de résilience, dans le sens où il s’agit de leur mode de vie préféré, celui qu’elles choisiraient si elles en avaient la possibilité). Des liens communautaires étroits et une confiance dans les leaders locaux (un facteur massif dans le fait de briser collectivement les règles lorsque JNIM ne regardait pas – et une solidarité importante est née du fait de le faire ensemble). Tout cela n’est possible que lorsqu’il existe un haut niveau de cohésion sociale de base. Je pense que c’est extrêmement important, tant pour permettre aux femmes de continuer à rejeter certains aspects du JNIM que pour éviter qu’elles ne se retournent les unes contre les autres.

La véritable résilience

Un fort sentiment de maîtrise de leur propre religion a également été déterminant. Se sentir suffisamment confiantes dans leur interprétation de l’islam pour rejeter celle du JNIM et argumenter avec eux. Cela était évidemment extrêmement nuancé pour de multiples raisons : la recherche portait sur des femmes peules, qui sont déjà des musulmanes profondément pratiquantes, vivant dans des communautés tout aussi observantes. Cela leur a donné une forme particulière de confiance pour contester les règles et les interprétations imposées par JNIM. C’est une confiance très contextuelle qui ne s’appliquerait pas nécessairement à toutes les communautés des États côtiers.

Un autre aspect important était le rôle des célébrations culturelles. Le JNIM en interdisait la plupart, et cela constituait un grief majeur pour ces communautés, qui ont souvent enfreint ces interdictions et organisé ces célébrations en secret. J’ai trouvé cela intéressant, car il existe depuis un certain temps un débat dans les milieux de la PVE/CVE/Stabilisation sur le fait de savoir si le soutien aux activités culturelles constitue un gaspillage d’argent et comment on peut arguer qu’elles contribuent de manière significative à contrer les efforts de ces groupes. Or, il s’est avéré que ce sont précisément ces droits culturels et ces rites de passage qui sont devenus la ligne rouge pour les communautés, le moment où elles ont collectivement décidé de défier les règles de JNIM (quoique discrètement). C’est cela, la véritable résilience.

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Niccola Milnes : « Without reliable intelligence, it’s impossible to respond effectively to terrorist threats »

Women play an indispensable role in managing terrorist threats. First, this stems from their direct or indirect proximity to groups that resort to terrorism. Second, their ability to retain and share information about the contextual dynamics in their environment makes them highly valuable human sensors. Given these positive contributions, how can we truly maximize women’s input in risk management ? In this interview, Niccola Milnes, a specialist in security and counterterrorism issues, answers directly and without hesitation. She highlights the role of women in counterintelligence.
Arnauld KASSOUIN : What fundamental correlation do you think exists between intelligence and terrorism management ?

Niccola Milnes : In its simplest interpretation, without reliable intelligence you can’t begin to respond to terrorist threats in a way that actually helps reduce the threat. But intelligence is vast – there are different kinds, and how they are collected, understood, shared and used to inform responses vary. You obviously have intelligence that informs more kinetic operations, and intelligence that helps inform our understanding of how these groups spread, infiltrate, operatae at a very grassroots level – including how they govern, win over communities, address grievances etc. All of this must be understood to even begin to have an adequate repose to terrorism. This all depends on different types of intelligence.

In the countries of the west Sahel, how effective is intelligence currently in resolving terrorist conflicts ?

I suppose utlimately it isn’t, but I would also argue this isn’t the right question. What we want to be asking is how effective are are we at ensuring different streams of intelligence are triangulated, interpreted together, understood holistically, and used to make informed decisions by the right people at the right times.

We often hear those in this space say that we don’t have an intelligence/data issue, we have a time issue. And I totally agree with this – our issue is more in understanding what we have, having the time to consider it, contextualize it, ensure the right people (who can actually make sense of contextual nuance) are feeding in at the right times. It is a coordination and cooperation issue much more than it is an ‘intelligence’ issue. We are swimming in information. But as we can see, the threat is growing, and though we have great breakthroughs in insights, interventions, understanding etc, to the extent that this continues to operate in silos, it will never be enough to ‘resolve terrorist conflicts’ – these groups have a strategic advantage of triangulation, cooperation, and coordination in a way that we have not figured out yet.

Do you think that integrating gender into intelligence could change the doctrine of terrorism management in West African states ?

I think it is definitely critical to ingegrate, and currently sits as a huge gap in the response to the threat of terrorism in the region. We have seen lip service paid to a ‘gendered response to terrorism’ over the years, but when you look at what is being done in practice, there is very little to show for it. This is probably because it is so vague to talk about incorporating gender into a response. What does that actually mean ? what does it look like ? Why do you want to do this ? If an approach isn’t clear on this, it won’t be effective. It is hugely important, but unless you are clear on why you are doing this – and the why cannot simply be to tick an indicator box – then I don’t see how you can expect it to be effective. There are so many aspects of how and why women play critical roles in this – but they are contextually and culturally nuanced. Yes women see and hear a lot in the villages and their homes. Yes, they are much more likely to respond to female military personnel over male military personnel. But we also need to understand what drives a woman’s deicion making. What needs matter most to them ? What factors inform the decisions they make more than others that we may have assumed were important. This is all relevant.

In a context of porosity between populations and armed groups, what pressures (social, marital, or economic) can push women to get involved in intelligence ? And why ?

I think those can all be factors, but one thing the reserach we did made clear, is that what women want more than anything is to live their lives without inteference. They want a baseline level of security and safety – enough to go about their day, engage in their small business ventures, celeberate with each other, manage their households etc. When groups – be it military, armed group, etc – threaten those aspects, they are not happy. However we also saw that social and marital ties really mattered . For example with JNIM, the more their husbands, sons joined the ranks and fought for JNIM – especially when this was in resopnse to being targeted by the military – the more they accepted over time that they were a part of JNIM as well.

Is there anything specific about the intelligence gathered by women (atmospheric intelligence, troop movements, logistics) compared to that gathered by men ?

Whether or not a woman chooses to share this information, she is always gathering and collecting data points. It is almost inherent for living daily life. They see and notice evyerhing, and there are of course important indicators that they would notice – whehter it is market purchases, troop movements, illnesses etc. Women share information with those they are closest to, because this is how it has always been. It is critical for surivial. The data points and ‘indicators’ that they would be most atune to on a daily basis will of course be a bit different to the men in their village, but they are hugely informative as well. There is also inofrmation that they may not be as privy to – some might hear things from their husbands, others not.

Is building trust between women in border areas and security forces the “missing link” in stopping the advance of groups towards coastal countries ?

I think this is hugely important but it has to invovle female security force members. I see the most promise in having more female civ-mil touch points who can engage in these communities often, spend time with the women in the communities.

What concrete reforms do you recommend to ensure that “community policing” strategies in Gulf of Guinea countries truly integrate existing women’s networks ?

I certainly wouldn’t want to speak on behalf of these women’s networks spanning multiple countries – and so my first recommendation would be to ask them ! but to offer a more useful response, based on my work over the years, I would say that there needs to be assurances that women can be safe sharing information if they are solicited to do so. This is a huge fear, and a warranted one as how information is handled depends hugely on the level of training, understanding of protocol, respect etc at a very local level. Fear of retaliation is significant – whether it is by being found out in the community that you shared infromation, or interrogated by the security forces for having shared this information. So the implications for what these means in terms of reform are obviously different – training, creating safe spaecs, a respectful environment etc is huge, but also ensuring and safeguarding anonymity, ett is critical. And above all else, it needs to be compelling – the reason for sharing. So being clear on why you are asking the to share – how does this address their own concerns about what they want for their community ? for their children ?

Beyond security, how can women’s economic empowerment serve as a lever to dry up terrorist groups’ sources of intelligence ?

I think there is always a very specific scenario where that assumption can hold – that economic empowerment can reduce a vulnerability that might lead women to share intel with armed groups – but we should not attempt to universalize this as a whole systems approach. Women are willing to share information for all sorts of different reasons – sometimes it is kinship and loyalty, sometimes it is out of anger and sense of retribution for real harm inflicted on them by the state, sometimes it is out of fear of not cooperating with the armed group. There are so many reasons. I think women’s economic empowerment is a net positive of course, but we shouldn’t assume the lack of this drives them to share intelligence they otherwise wouldn’t have. As our research showed clearly, most of the women we interviewed who were living under JNIM actually had thriving small businesses before JNIM came – they described being able to meet the needs of their household. It was JNIM that interruppted this by forbidding work outside of the household (like selling in markets or farming etc).

How did women living in areas controlled by JNIM organize and build their resilience? What lessons could women in coastal countries’ areas affected by terrorist incidents draw from their experiences ?

On how women in coastal countries affected by terrorism draw from the experiences of women already living under JNIM – I think it is wroth being honest that if jNIM actually gains territorial control, there are real limits to what women can do. And this is really a fundamental limitation of ‘prevention’ or ‘countering’ – it relies on a social contract with the security forces that they hold the line (and refereeing my previous responses here – that security to women matters the most). That being said, the research did show that strong foundations beforehand make a genuine difference. Economic independence (so many spoke with pride about their small businesses they had before JNIM – they wanted to go back to this – so though they haven’t been able to maintain it under JNIM, I would consider it resilience in the sense that it is their preferred way of life and one that they would choose if they had a choice); tight community bonds & trust in local leaders (massive factor in collectively breaking rules when JNIM wasn’t looking – and there was significant solidarity that came with doing that all together) – this is only possible when there is high baseline social cohesion, and I do think this is massively important both in terms of women still finding ways to reject aspects of JNIM, but also in not turning on each other; a strong sense of knowing their own religion was also huge – feeling confident enough in their interpretation of Islam to reject JNIMs and argue with them – this was obviously incredibly nuanced for many reasons – the research was on Peulh women, who are already deeply observant Muslims – living in deeply observant communities – so this gave them a specific kind of confidence to push back on JNIM’s rules and interpretations that was highly contextual – it wouldn’t apply to all communities in the coastal states. Another aspect was the importance of cultural celebrations – JNIM forbid most of these, and this was a significant grievance for these communities who often broke those interdictions and engaged in these celebrations in secret. I found this interesting because there has been a debate for a while in PVE/CVE/Stabilization circles about whether supporting cultural activities is a waste of money, and how it can ever be argued to meaningfully counter the efforts of these groups. But it turns out, it was these very cultural rights of passage that became the line in the sand for communities for when they collectively decided to defy JNIM’s rules (albeit quietly). That is true resilience. 

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