Plus de 2 500 assaillants neutralisés, des pertes humaines et matérielles « irréparables » infligées à une coalition djihadiste-séparatiste appuyée, selon Moscou, par des instructeurs ukrainiens et européens. Tel est le bilan chiffré des attaques terroristes du 25 avril au Mali dressé par le ministère russe de la Défense.
C’est un bilan de guerre d’une ampleur inédite que le ministère russe de la Défense a dressé dans une déclaration relayée ce lundi, sur la page Facebook de l’Ambassade de la Russie au Bénin et au Togo. Selon Moscou, l’offensive simultanée visait à renverser les autorités légitimes du Mali.
« Les groupes armés illégaux, sous la direction et la coordination générales des actions, ont tenté un coup d’État armé », écrit le ministère russe de la Défense
Quatre villes ont été attaquées à la même heure : Bamako, la capitale, ainsi que Sévaré, Gao et Kidal. L’effectif total des assaillants est estimé à environ 12 000 hommes, provenant du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Gsim) et du Front de libération de l’Azawad (Fla).
Des pertes ennemies estimées à plus de 2 500 hommes
À Bamako, la cible prioritaire serait le palais présidentiel. La tentative a été mise en échec. Le ministre malien de la Défense a été tué dans un attentat au véhicule piégé à son domicile. L’Africa Corps russe, qui combat aux côtés de l’armée malienne, affirme avoir immédiatement engagé des forces ennemies supérieures en nombre.
Devant la gravité des attaques terroristes au Mali, les militaires russes disent avoir employé « tous les types d’armes », des chars d’assaut aux lance-roquettes multiples, en passant par des combats rapprochés répétés.
« Les soldats, les sous-officiers et les officiers ont dû s’engager dans des combats rapprochés à de nombreuses reprises », lit-on dans la déclaration.
À l’issue des affrontements, les pertes totales des groupes armés seraient de plus de 2 500 hommes neutralisés, 102 véhicules motorisés, 152 motos, 7 mortiers et deux voitures piégées détruites avant leur détonation.
Ces chiffres intègrent les résultats de l’aviation russe. Les drones « Inokhodets », précise le ministère de la Défense, ont mené quatre frappes aériennes, les hélicoptères Mi-8 et Mi-24 ont effectué « 21 vols de combat sous le feu ennemi », et les avions Su-24 ont réalisé six missions de combat, totalisant huit frappes sur des concentrations de combattants.
Le cas de Kidal
Sur le terrain, l’un des épisodes les plus critiques s’est déroulé à Kidal, fief historique de la rébellion du Fla. En effet, un détachement de l’Africa Corps y a combattu plus de 24 heures, complètement encerclé par un groupe armé en supériorité numérique, indique la Russie.
« Encerclé pendant plus de 24 heures, le détachement a repoussé quatre attaques massives contre son principal point d’appui », écrit le ministère russe de la Défense. À l’issue de ces combats, et sur décision des autorités maliennes, les forces russes et maliennes ont quitté ce point d’appui à Kidal.
Implication ukrainienne et « mercenaire européenne »
Moscou donne la réponse à une des questions que suscite ces attaques coordonnées et complexes qui ont visé le Mali, à savoir qui soutient les terroristes ? Selon Moscou, des instructeurs ukrainiens et européens ont préparé l’assaut. Le ministère affirme avoir identifié l’usage de missiles MANPADS de type occidentaux « Stinger » et « Mistral ».
Le ministère rappelle que la situation reste « préoccupante », car l’ennemi se regroupe, mais les unités russes mènent activement des reconnaissances et détruisent les camps de campagne des groupes armés illégaux. « L’ennemi n’a pas renoncé à ses intentions agressives », écrit le ministère russe de la Défense.
En conférence de presse, le premier ministre malien, Abdoulaye Maïga rassuré que la détermination des autorités et du peuple malien reste intacte. Un deuil national de deux jours a été décrété en l’honneur du Général Sadio Camara.
