Une cinquantaine de jeunes, dont une forte représentation féminine, ont été formés du 16 au 18 mars 2026 à Kandi sur la gouvernance démocratique, la participation citoyenne et le leadership. Organisée par l’Ong Filles en actions dans le cadre du projet Sawara, cette académie vise à renforcer l’implication des femmes dans les processus de décision, encore marqués par des déséquilibres persistants.
Malgré des avancées enregistrées ces dernières années dans la représentation des femmes au sein des institutions, leur participation effective aux sphères de décision demeure limitée. En cause, des contraintes d’ordre socio-économique, des normes socioculturelles restrictives, mais aussi des obstacles institutionnels qui freinent l’accès des femmes aux espaces de pouvoir. Cette réalité pose la question de l’inclusion dans la consolidation de l’État de droit et du fonctionnement démocratique.
Durant trois jours, les participant.es ont été outillé.es sur les principes de la gouvernance démocratique, le Code électoral, la cohésion sociale, la culture de la paix, ainsi que sur les techniques de plaidoyer et d’analyse critique de l’information.

L’approche pédagogique, alternant sessions théoriques, simulations et travaux de groupe, a mis l’accent sur l’engagement civique et la capacité d’intervention dans l’espace public. « Participer à la vie démocratique ainsi qu’à la cohésion sociale de sa communauté est un acte de dignité », a déclaré Brian Sossou, présidente de l’Ong Filles en actions, qui a appelé les jeunes, notamment les femmes, à investir davantage les espaces de décision.
Favoriser l’émergence d’une génération éclairée
Au-delà du renforcement des connaissances, l’initiative s’inscrit dans une dynamique plus large visant à favoriser l’émergence d’une génération de citoyens et citoyennes éclairés, capables d’exercer pleinement leurs droits et responsabilités. Elle entend également lever certains freins liés à l’accès à l’information, à la prise de parole et à la participation aux débats publics.
Sur le terrain, les femmes jouent déjà un rôle important dans la prévention des conflits et le maintien de la paix au niveau communautaire, bien que cette contribution reste souvent peu reconnue. Les stigmatisations et les barrières sociales continuent toutefois de limiter leur pleine participation aux processus décisionnels.

À l’issue de la formation, les participant.es ont affiché des signes d’appropriation des contenus. Plusieurs ont gagné en confiance et en aisance dans la prise de parole, et se projettent désormais comme relais d’influence dans leurs milieux respectifs, notamment dans les universités, les quartiers et les espaces professionnels. « Les jeunes sont le présent et ont un rôle spécial à jouer dans le développement de leur pays », a souligné Fahad Adamou, maire des jeunes de Kandi. Il a insisté sur leur responsabilité dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale.
Un accompagnement post-formation garanti
La consolidation des acquis passera, selon les organisateurs, par un accompagnement post-formation et le renforcement du leadership féminin, afin de faire face aux résistances socioculturelles persistantes. La cérémonie de clôture, marquée par la remise d’attestations, a consacré l’engagement des participants. L’Ong Filles en actions a salué leur assiduité, tout en reconnaissant l’appui des autorités locales, notamment la mairie et la préfecture de Kandi.

Au terme de cette académie, une cinquantaine de jeunes femmes et hommes mieux outillé.es se sont engagé.es à promouvoir une citoyenneté active, une cohésion sociale renforcée et une participation plus inclusive à la vie publique. Un signal encourageant, même si le défi d’une représentation équitable des femmes dans les instances de décision reste entier.
Le projet Sawara est exécuté par un consortium composé de l’Ong Filles en actions, Cfi médias, Brut Afrique, la Fondation Hirondelle et de l’Institut pour la gouvernance démocratique (Igd), avec le soutien financier de l’Union européenne au Bénin.
