Home Actualité Attaque du “point triple” : La Csa-Bénin, la Cgtb et l’Unstb annulent leur cérémonie d’hommage aux victimes

Attaque du “point triple” : La Csa-Bénin, la Cgtb et l’Unstb annulent leur cérémonie d’hommage aux victimes

Par Koladé Raymond FALADE
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La cérémonie d’hommage et de soutien aux Forces de défense et de sécurité, initiée par les confédérations syndicales pour ce samedi 18 janvier, n’a pu avoir lieu. Elle a été annulée en raison de la militarisation des voies d’accès au lieu prévu pour l’événement.

Très tôt le samedi matin, les responsables de la Csa-Bénin, de la Cgtb et de l’Unstb, initiateurs de la cérémonie d’hommage, ont constaté « le déploiement de la police pour empêcher l’accès au lieu de la cérémonie, la Bourse du Travail, la maison des travailleurs ». Tenant compte de l’environnement « socio-politique tendu et des défis sécuritaires auxquels fait face le pays », les trois organisations syndicales ont décidé d’annuler la cérémonie.

Dans une déclaration conjointe, celles-ci ont appelé « les travailleurs, les organisations de la société civile et tous les citoyens qui s’étaient déplacés à éviter tout comportement de violence ou de défiance et à se retirer des alentours de la Bourse du Travail pour retourner tranquillement à leurs occupations habituelles ».

«Ne pas faire le jeu de l’ennemi»

Sur cette initiative des confédérations syndicales, le gouvernement ne trouve pas l’importance. Lors d’une conférence de presse, vendredi 17 janvier, le secrétaire général adjoint du gouvernement, porte-parole du gouvernement, a conseillé aux syndicalistes « de ne pas faire le jeu de l’ennemi ». « L’ennemi aurait voulu nous voir nous arrêter, que le pays s’arrête subitement et que nous soyons plongés dans la psychose. Nous ne sommes pas tombés dans ce jeu », a déclaré Wilfried Léandre Houngbédji.

Il a ajouté que même les pays les plus touchés par ce phénomène, qui ont souvent décrété des jours de deuil national, ont cessé cette pratique. Ils se sont rendu compte que cela « alimente l’appétit des mécréants qui organisent ces attaques ».

Pour Wilfried Léandre Houngbédji, « le meilleur hommage que nous puissions rendre aux Forces de défense et de sécurité, c’est de leur garantir des conditions de travail optimales pendant qu’ils sont vivants, pour qu’ils accomplissent leur devoir envers la République ». « Et s’ils venaient à disparaître en nous défendant, c’est d’avoir dans nos cœurs le souvenir de leur combat et de leur engagement. Mais c’est aussi et surtout de rester debout face à l’adversité, et de dire à l’ennemi que le Bénin, tel le roseau, peut ployer mais ne rompt pas. Et nous ne rompons pas », a-t-il souligné.

Pour rappel, une position de l’armée béninoise a été attaquée le mercredi 8 janvier par des terroristes. Dans cette attaque, qui s’est déroulée au “point triple” situé au nord du pays entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger, une trentaine de soldats ont perdu la vie.

Suite à ce drame, certains ont souhaité que le gouvernement organise une cérémonie d’hommage ou des jours de deuil national en hommage aux soldats tombés au champ d’honneur. Mais le gouvernement a opté pour une autre approche. « Leur agenda n’est pas l’agenda du gouvernement », a précisé Wilfried Léandre Houngbédji.

« Pendant qu’ils étaient à leurs considérations, le ministre délégué auprès du président de la République et de la Défense nationale avait déjà pris contact avec chacune des familles concernées », a-t-il informé. Il a également indiqué que le chef d’état-major général des armées leur a rendu hommage, lors de la célébration du 48e anniversaire de l’agression du 16 janvier 1977.

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