Le Festival scolaire et universitaire du théâtre et de chorégraphie (Festhec) a 20 ans cette année. La 20e édition se déroulera du 14 au 20 août prochain à Grand-Popo dans le département du Mono. Le promoteur du Festival, Jean Louis Kédagni l’a annoncé jeudi 20 avril, lors d’une conférence de presse animée au centre Festhec Okinawa à Abomey-Calavi couplée avec la remise de trophées aux gagnants de la 19e édition.
Par Raymond FALADE
L’édition 2023 du Festival scolaire et universitaire du théâtre et de chorégraphie (Festhec) sera consacrée essentiellement aux 20 années d’existence dudit festival. « Pourquoi les autres ont laissé ? Pourquoi nous on a continué jusqu’à maintenant. Est-ce que nous pouvons continuer encore ? »
Ce sont autant de questions sur lesquelles les différents acteurs réfléchiront au cours de la rencontre qui durera une semaine, a indiqué Jean Louis Kédagni, promoteur du festival. Il est prévu cette année ajoute-t-il, des conférences et une communication qui sera donnée par un acteur français « spécialiste des arts, jeunes publics en milieu scolaire ». Avec ce dernier, un bilan sera également fait sur comment « les arts jeunes publics en milieu scolaire » se passe de l’autre côté de l’hexagone.
Le Festhec est né en 2004. Il a pour objectif de préparer la relève chaque année. « Et nous faisons l’effort depuis 20 ans. 20 ans de résistance, nous sommes-là », se réjouit le promoteur.
Les débuts de l’aventure
Les premières éditions se sont déroulées les mercredi 11, samedi 14 et mercredi 18 août 2004. A partir de la 10e édition, le festival a connu la participation de plusieurs pays étrangers tels que le Togo, Ghana, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Guinée Conakry et le Sénégal.
Pour faire fonctionner ce festival, les organisateurs vont dans les collèges, « pour jouer, demander 100f aux élèves pour suivre les spectacles. Ce sont ces sous que nous récoltons. On les divise en deux. Une partie pour les acteurs, la restauration et tout, et la seconde partie, on les garde. C’est ce qui est fait chaque mois. Avant le Festival, chaque mois, on programme des spectacles, on va jouer dans ces établissements. Et quand on récolte ses sous, c’est à base de cela qu’on cherche le lieu », raconte Jean Louis Kédagni.
Le festival a donc fonctionné depuis lors sans grands moyens. « Après la 10e édition, le gouvernement a pensé à nous avec 0,2% du budget. Après cette édition, on a eu la chance d’être accompagné deux ou trois fois et c’est fini. Si non n’avait pas des gens à côté, des parents ou des amis, on ne pourra plus faire le festival », avoue-t-il.
Le Festival scolaire et universitaire du théâtre et de chorégraphie (Festhec) est une opportunité pour les enfants d’éclore leur talent artistique. Car, à part l’Ecole international de théâtre du Bénin où il faut avoir le Bac avant d’y aller, le pays ne dispose pas d’une école du théâtre. Pour le promoteur du Festhec, « s’il n’y a pas ces genres de festival qui existe, je ne pense qu’on trouverait même la relève ».
Des produits de fierté
« Même si l’objectif n’est pas d’amener les gens à devenir des acteurs », 20 ans après, le Festhec a déjà produit de nombreux acteurs. Au nombre de ceux-ci, Lucas Alavo, Karl Tokoudagba, promoteur de Festhed à Natitingou, Franck Béhanzin et bien d’autres. D’autres produits de ce festival ont obtenu des bourses et sont actuellement en France, aux Etats-Unis, a dévoilé Jean Louis Kédagni. Pour l’édition 2023, plusieurs activités sont au programme. A savoir, la danse, la musique, l’art plastique, la lecture…
Des prix ont été remis aux lauréats de la 19e édition. Il s’agit des trois premiers de chaque catégorie. Ainsi, pour la catégorie théâtre universitaire, l’Université d’Abomey-Calavi a remporté les 2e et 3e prix, et l’université du Togo s’en sort avec le 1er prix.
Pour ce qui est du théâtre secondaire, le Collège Catholique Père Planque de Cotonou est 1er suivi du Complexe scolaire Monseigneur Brésillac d’Abomey-Calavi, 2e. En chorégraphie, le Ceg Akassato est 1er devant le Ceg Zogbo, 2e.

