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Romain Da Costa : «Romuald Wadagni n’est pas seulement un technocrate, c’est un homme brillant»

Par Koladé Raymond FALADE
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Romain Da Costa, président du Haut conseil des Béninois de l’extérieur (Hcbe), salue la désignation de Romuald Wadagni comme candidat de la mouvance présidentielle pour 2026. Dans un entretien accordé à Bénin Intelligent, il voit en l’actuel ministre de l’Économie et des finances, « un homme brillant », au parcours reconnu aussi bien au plan national qu’international. Pour lui, la diaspora n’a pas d’agenda particulier à opposer à celui du pays : elle doit plutôt s’aligner sur la dynamique enclenchée sous Patrice Talon et prolongée par son dauphin. Tout en appelant les acteurs politiques à dépasser les postures et à faire preuve d’objectivité, l’ancien haut fonctionnaire invite ses compatriotes à voir en Wadagni la garantie d’une continuité fondée sur la compétence et le consensus.

Bénin Intelligent : Bonjour monsieur, merci de vous présenter.

Romain Da Costa : Je m’appelle Romain Da Costa. Je suis le président du bureau exécutif mondial du Haut Conseil des Béninois de l’extérieur. Dans la vie, j’ai été fonctionnaire de l’administration territoriale en France. Je suis retraité depuis septembre 2024, après 43 ans de carrière.

Bravo et félicitations. Quelle a été votre première réaction à l’annonce de la désignation de M. Romuald Wadagni comme candidat de la mouvance présidentielle pour 2026 ?

Que voulez-vous que je vous dise ? Première réaction ou réaction tout court ? Vous savez, à mon âge, qui n’a pas rêvé d’être président ? J’ai une image de sagesse. Quand Barack Obama a été désigné candidat à la présidence des États-Unis, j’ai vu le pasteur Jesse Jackson en larmes, tellement il était heureux. C’était un de ses rêves qu’il n’avait pas pu réaliser. C’est l’attitude que j’aimerais que tous les anciens de ce pays adoptent envers Romuald Wadagni.

Tous ceux qui ont rêvé d’être président et qui, pour une raison ou une autre, n’ont pas pu atteindre ce rêve, doivent aujourd’hui se lever comme un seul homme et soutenir cette candidature. Car il y a eu beaucoup de spéculations, beaucoup de candidats potentiels. Nous ne sommes pas là pour juger qui peut le plus ou le moins. Chacun a ses raisons de se penser capable. Mais une fois le choix fait, ceux qui ont en esprit le développement et le bonheur de ce pays doivent se ranger derrière ce choix. C’est ainsi que nous continuerons à avancer.

Même si, au départ, ce que Patrice Talon voulait faire n’était pas compris, critiqué, et paraissait dur, il a tenu bon parce qu’il savait où il allait. Grâce à sa persévérance, petit à petit, tout le monde a fini par suivre sa vision. Lorsque les deux blocs politiques qu’il a contribué à mettre en place se sont accordés pour dire : « c’est lui que nous choisissons », cela prouve qu’il y a eu arbitrage et consensus. Cela me donne une immense satisfaction.

La désignation de Romuald Wadagni, suivie d’une large adhésion et d’une vague de consensus, a été pour moi un énorme soulagement. Car notre Constitution dit bien : deux mandats, pas plus. Beaucoup craignaient que Patrice Talon ne parte pas. Mais il nous donne une belle leçon : il a fait ce qu’il devait faire en dix ans et, au lieu de dire « après moi, le déluge », il a parlé à ses collaborateurs pour qu’ils l’aident à choisir le meilleur pour continuer.

Romuald Wadagni n’est pas seulement un technocrate, c’est un homme brillant. Je le connais personnellement, je suis son aîné. Ce que je ressens pour lui, c’est de l’admiration, comme pour mes enfants. Brillant à l’école, brillant comme étudiant, brillant au travail, compétent comme ministre des Finances pendant neuf ans. Et ce n’est pas seulement le Bénin qui l’a reconnu, mais aussi les plus grands acteurs de la finance et du développement à l’international. Il aurait pu partir ailleurs, à la Bad par exemple, mais il a choisi de rester et de servir son pays.

Romuald Wadagni n’a pas été choisi pour son origine régionale, comme certains le disent. Oublions le régionalisme. Il a été choisi parce qu’il est compétent. Voilà la vérité. Et moi, je suis soulagé, car nous craignions tous qu’après dix ans, on retourne à nos vieux fonctionnements. Avec Romuald Wadagni, je suis convaincu que la dynamique sera prolongée et nous serons nombreux à l’accompagner.

Quel impact cela peut-il avoir sur l’image du Bénin auprès de la diaspora et des partenaires internationaux ?

La diaspora, c’est le Bénin. Avant de partir, nous étions tous ici. La diaspora n’a pas d’avis particulier qui diffère de celui des Béninois de l’intérieur. C’est un échantillon représentatif du pays : certains soutiennent, d’autres s’opposent, d’autres encore sont au milieu. Elle n’est pas au-dessus des Béninois du territoire, elle fait partie intégrante de la nation et doit s’aligner sur la dynamique politique enclenchée au pays.

Alors vous, personnellement, sur quels chantiers attendez-vous M. Romuald Wadagni ?

Je ne l’attends pas sur des chantiers particuliers, car tout est déjà tracé. Le Programme d’actions du gouvernement 2016-2021, puis celui de 2021-2026, ne seront pas totalement achevés. Il lui reviendra de poursuivre ce qui reste. Il a aussi participé à la vision « Bénin 2060 ». Donc, je ne l’attends pas sur un point précis, mais sur la continuité de tout ce processus qu’il a contribué à créer. Sa tâche sera plus facile que celle de Patrice Talon, qui est parti de zéro. Romuald Wadagni hérite d’une base solide et a le devoir de continuer.

Que répondez-vous à ceux qui pensent que ce sera juste le prolongement du régime Talon et qu’il sera téléguidé ?

Je ne sais pas s’il sera téléguidé ou pas, et je ne peux pas empêcher les gens de fantasmer. La mauvaise foi, on ne peut pas l’empêcher. Certains comparent par exemple les hôpitaux construits aujourd’hui à ceux de 1963. Mais en 60 ans, combien de lits ont été ajoutés par les différents présidents ? Zéro. Talon en a construit 450. Dire qu’il n’a rien fait, c’est de la pure mauvaise foi.

Il y en a qui disent qu’on ne mange pas les routes. C’est faux. La route, sa première vertu, c’est la santé. Rouler sur des routes dégradées réduit l’espérance de vie. Ensuite, économiquement, la route permet d’ouvrir des zones, de valoriser des terrains, de transporter la production agricole vers les marchés. Enfin, la route, ce sont des milliers d’emplois pour les Béninois qui la construisent. Des millions de familles vivent aujourd’hui grâce aux chantiers routiers. Donc dire « on ne mange pas la route » est une absurdité.

Quel message souhaitez-vous adresser aux acteurs politiques à l’approche des élections ?

Je n’ai pas d’appel particulier à lancer. La seule chose que je demande, c’est l’objectivité. Heureusement, le système actuel est clair : on avance avec ceux qui adhèrent, et ceux qui refusent restent en marge, pendant que le pays continue à progresser.

Certains acteurs politiques, surtout de l’opposition, reconnaissent que Patrice Talon a réalisé de grandes choses. Mais ils lui reprochent aussi d’avoir restreint les libertés publiques : des compatriotes en prison, d’autres hors du territoire national pour des raisons politiques etc. Pensez-vous que le prochain président devra travailler sur ce chantier ?

Soyons clairs : au Bénin, ceux qui sont en prison ne le sont pas pour des querelles personnelles, mais pour des faits et des délits jugés. « Tu pèches, tu payes. » Ce n’est pas une question de pardon politique. Regardez ailleurs : Nicolas Sarkozy porte un bracelet électronique en France, Bolsonaro risque 40 ans de prison au Brésil, Marine Le Pen pourrait être empêchée de se présenter en France. Ici, certains ont écopé de 20 ans. Ce n’est pas une affaire de réconciliation, mais d’application de la loi. Il faut arrêter de confondre justice et politique. Merci.

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