Home Actualité Olushegun Bakari : « Il s’agit d’aller libérer et réinstaller un président [Mohamed Bazoum] régulièrement élu » 
Shegun Adjadi Bakari

Olushegun Bakari : « Il s’agit d’aller libérer et réinstaller un président [Mohamed Bazoum] régulièrement élu » 

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
0 Commentaire

Que va-t-il se passer dimanche à l’expiration de l’ultimatum donné par la Cedeao aux militaires au pouvoir au Niger si le président Mohamed Bazoum n’est pas libéré et rétabli dans ses fonctions ? La question préoccupe les populations des pays membres de l’organisation ainsi que la communauté internationale. « Passez l’ultimatum, toutes les autres pistes seront envisagées y compris le recours à la force » a lancé jeudi le ministre béninois des Affaires étrangères Olushegun Adjadi Bakari interrogé sur Rfi. La force, rappelle-t-il, est l’intervention militaire demandée par les chefs d’État de la Cedeao lors de la session extraordinaire du dimanche 30 juillet à Abuja.

Mais l’intervention militaire, s’il devrait y en avoir, « il ne s’agit pas d’intervenir contre un pays », clarifie Olushegun Bakari qui répond ainsi au Mali et au Burkina Faso qui avaient mis en garde la Cedeao dans un communiqué. Il s’agit plutôt « d’aller libérer une autorité démocratiquement élue prise en otage par des personnes qui avaient la charge de sa sécurité ». Le ministre béninois des Affaires étrangères a indiqué que la Cedeao « n’est pas dans le cadre des fantasmes de guerre. Il s’agit d’aller libérer et réinstaller un président régulièrement élu », a-t-il rectifié.

Le chef de la diplomatie béninoise soutient que ce qui s’est passé au Niger n’est pas un coup d’État. Mais plutôt « une prise d’otage, un kidnapping ». Dans ce cas, la Cedeao n’est pas « dans une négociation ou de proposition. L’objectif premier est de pouvoir faire libérer l’otage et que l’otage revienne à une vie normale ».

En cas d’intervention militaire « le Bénin en tant que membre de la Cedeao comme les autres pays » est prêt à envoyer ses soldats, a promis le ministre.

 

Intégralité de l’intervention de Olushegun Adjadi Bakari sur Rfi

 

Journaliste : Olushegun Adjadi Bakari bonjour !

Olushegun Adjadi Bakari : Bonjour !

 

Une délégation de la Cedeao menée par l’ancien président Nigérian Abdulsalami Aboubakar devrait se rendre mercredi à Niamey. C’est une médiation de la dernière chance ? 

Olushegun Adjadi Bakari : Ecoutez, je pense que cela correspond toujours à la vision portée par les chefs d’État de la Cedeao qui consiste à laisser la porte ouverte et à privilégier le dialogue. Donc une médiation de la dernière chance jusqu’à la dernière minute, il y a un ultimatum qui a été donné et tant qu’on n’est pas au terme de cet ultimatum, toutes les voies permettant d’avoir une sortie de solution qui soient acceptables seront utilisées.

 

On sait que l’ancien président Mahamadou Issifou mène aussi des négociations en coulisse. Qu’est-ce qui est proposé aux putschistes aujourd’hui ? 

Il y a eu un message qui était très clair porté par les chefs d’État qui est celui de dire : nous ne sommes pas dans un cas de coup d’État. Je pense que là-dessus, il faut que nous soyons tous d’accord. Il s’agit d’une prise d’otages, d’un kidnapping. Et lorsqu’on est face d’une prise d’otage, d’un kidnapping, on n’est pas dans une négociation ou de propositions. L’objectif premier est de pouvoir faire libérer l’otage et que l’otage revienne à une vie normale. Donc, dans le cas présent, l’objectif c’est de faire en sorte que le président Bazoum, président démocratiquement élu par le peuple nigérien reprenne ses fonctions de président du Niger.

 

Vous avez encore l’espoir d’une sortie de crise apaisée et sans violence ? 

Nous l’espérons mais dans tous les cas, les valeurs démocratiques, les valeurs de préservation de stabilité démocratique et de transition démocratique devront prévaloir au sein de l’espace Cedeao. C’est le message que les chefs de l’État ont porté et je pense que c’est très important de rester là-dessus.

 

Monsieur le ministre, si les militaires refusent de rendre le pouvoir d’ici dimanche, que peut-il se passer ? 

Les chefs d’État dans le communiqué de la conférence des chefs d’État ont été très clairs. Passez l’ultimatum, toutes les autres pistes seront envisagées y compris le recours à la force.

 

Et s’il était décidé de recourir à la force, qui pourrait être chargé d’intervenir parmi les pays membres de la Cedeao ? 

Je pense que l’objectif c’est de tout faire pour qu’on n’arrive pas à cette solution mais si cela devrait arriver, je pense qu’il y a des mécanismes qui sont en place.

 

Est-ce que le Bénin pourrait envoyer un contingent de soldats dans le cas de cette intervention armée ? 

Bien sûr que le Bénin en tant que membre de la Cedeao comme les autres pays de la Cedeao sont prêts à participer à la résolution de cette crise si on devrait arriver à cette solution qui serait déplorable ; parce que en réalité aujourd’hui, la piste de la négociation reste sur la table, reste prégnante, reste la plus envisagée. Mais dans le cas où on n’arriverait pas au terme de l’ultimatum à une solution négociée qui serait la meilleure pour tous, il faudrait bien entendu envisager toutes les autres solutions comme évoquées par les chefs d’État.

 

Vous le disiez, les chefs d’État-major des pays de la Cedeao sont réunis jusqu’à ce vendredi à Abuja. Leur mission concrètement, c’est de parvenir à mettre sur pied une force militaire et un plan d’intervention d’ici dimanche ? 

Je pense que leur réunion fait partie de réunion régulière en fait. Vous savez, depuis un certain nombre de temps, il y a ce creuset des chefs d’État-major qui est en place ; ont l’habitude de travailler ensemble. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a cette force en attente de la Cedeao dont l’opérationnalisation a commencé depuis un certain nombre de temps. Donc, je pense que, opérationnellement, il y a déjà une convergence. Après, sur les petits détails de la façon dont les choses pourraient se passer, je pense qu’il y a des voix beaucoup plus autorisées que la mienne.

 

Olushegun Adjadi Bakari, les militaires au pouvoir à Bamako et Ouagadougou ont prévenu qu’une intervention militaire au Niger serait considérer comme une déclaration de guerre dans le pays. Alors est-ce que vous ne craignez pas qu’une intervention armée déclenche une implosion de la Cedeao ou voire un conflit régional ?

S’il devrait avoir une intervention militaire au Niger, il ne s’agit pas d’intervenir contre un pays. Il s’agit d’aller libérer une autorité démocratiquement élue prise en otage par des personnes qui avaient la charge de sa sécurité. Donc, en réalité on n’est pas dans le cadre des fantasmes de guerre, etc. Il s’agit d’aller libérer et réinstaller un président régulièrement élu.

Olusegun Adjadi Bakari, merci !

 

Propos transcrits par Raymond FALADE/Bénin Intelligent

 

LIRE AUSSI: Intervention militaire de la Cedeao au Niger : Quels faisabilité, atouts et risques ?

LIRE AUSSI: Présence stratégique de Tinubu, opposition aux abonnés absents, terrorisme. Retour croustillant sur le défilé militaire

Lire aussi

Laisser un commentaire

A propos de nous

Bénin Intelligent, média au service d’une Afrique unie et rayonnante. Nous mettons la lumière sur les succès, défis et opportunités du continent.

À la une

Les plus lus

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter pour être notifié de nos nouveaux articles. Restons informés!