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Zleca : Les bases de la réalisation jetées à Cotonou

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Les députés du Parlement de la Cedeao sont à Cotonou depuis hier. Pendant cinq jours, ils se pencheront sur la concrétisation de la Zone de Libre-échange continentale africaine (Zleca) dans un contexte de menaces transfrontalières. La réunion délocalisée de la ‘’Commission mixte commerce, douane et libre circulation / politique macroéconomique et  recherche économique/ comptes publics/ administration, finances et Budget’’ a été ouverte, mardi 3 novembre, par le président du Parlement béninois, Louis Vlavonou à l’hôtel Golden Tulip de Cotonou en présence de Sidie Mohamed Tunis, président du Parlement de la Cedeao.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

L’un des espoirs des pères fondateurs de la Cedeao, c’est bien le démantèlement des barrières nationales pour un ensemble intégré au sein duquel les populations se déplacent et vivent en harmonieux. Mais des obstacles continuent toujours de se dresser sur le chemin de ce noble idéal. « Le thème de la rencontre qui s’ouvre ce jour à savoir : « Zone de Libre-Echange Continentale Africaine : possibilité de réalisation dans un contexte de menaces transfrontalières (terrorisme et insécurité, pandémie et protectionnisme) », nous introduit d’emblée au cœur de la problématique de l’intégration africaine dans un contexte où semblent se multiplier plutôt les facteurs de désintégration. En effet, la gestion faite par certains Etats de ces différentes menaces et de bien d’autres encore de moindre importance ou plus localisées et qui a entrainé par endroits des violences xénophobes ou des fermetures unilatérales de frontières, semble remettre en cause les principes fondamentaux de la coopération et de l’intégration tant désirée », a déploré le président du Parlement béninois, Louis Vlavonou. Et de citer Kwame Nkrumah, alors président du Ghana en Mai 1963 à l’Oua (Organisation de l’Unité africaine, actuelle Union africaine) : « Tant que nous n’aurons pas réussi à mettre un terme à ce danger, par la compréhension mutuelle des questions fondamentales et par l’unité africaine qui rendra périmées et superflues les frontières actuelles, c’est en vain que nous aurons combattu pour l’indépendance. Seule l’Unité africaine peut cicatriser cette plaie infectée des litiges frontaliers entre nos divers Etats. ( … ) Le remède à ces maux est entre nos mains mêmes. Il nous confronte à chaque barrière douanière, il crie vers nous du fond de chaque cœur africain. En créant une véritable union politique de tous les Etats indépendants d’Afrique, dotée de pouvoirs exécutifs pour exercer une direction politique, nous pouvons avec espoir et confiance répondre à chaque circonstance critique, à chaque ennemi, à chaque problème complexe. »

Tous les Etats ont donc intérêt à travailler à « concrétiser, à l’horizon 2063 la vision panafricaine d’une Afrique intégrée, prospère et en paix, dirigée par ses propres citoyens et représentant une force dynamique sur la scène internationale », a-t-il insisté.

Dans son allocution, Vlavonou rappelle également l’un des contenus phares de ladite intégration, à savoir la suppression, dans l’immédiat, « des droits de douane sur 90% des biens, permettant ainsi l’accès aux denrées, aux biens et aux services à travers le continent ; ce qui devrait contribuer à accroitre de 52% le commerce interafricain d’ici 2022, selon les estimations de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique ». Par conséquent, il espère, enfin, que les réflexions lors de cette réunion délocalisée à Cotonou, « permettront d’éclairer et de galvaniser davantage les acteurs à tous les niveaux, et que chacune des difficultés recensées actuellement sera l’occasion d’un nouveau progrès sur le chemin salutaire de l’intégration africaine ».

Sont attendus à la réunion, des experts de la Zleca pour parler aussi bien aux députés qu’aux populations des différents niveaux d’avancement dans l’exécution de ce projet de libre échange continentale.

Le choix de Cotonou

« Nous avons choisi Cotonou pour plusieurs raisons. Premièrement,  pour la stabilité et comme je vous l’ai dit, le Bénin est un exemple de démocratie ici en Afrique de l’ouest et même en Afrique de manière générale. Le Bénin a parcouru un très long chemin sur le plan de stabilité et nous sommes ici pour féliciter le peuple béninois qui est au cœur de la démocratie béninoise ». Lors d’une conférence de presse, c’est ainsi que le Président du parlement de la Cedeao, Sidie Mohammed Tunis a justifié le choix porté sur la capitale économique du Bénin pour abriter ladite réunion, initialement prévue au Nigeria. Il a enfin dit « remercier le Chef de l’État, son Excellence Monsieur Patrice Talon pour l’accueil chaleureux et les bonnes conditions dont nous bénéficions depuis notre arrivée à Cotonou. Et nous espérons que ces choses vont se poursuivre afin que notre séjour ici au Bénin soit mémorable ».

Faut-il ajouter que le Bénin accueille également, depuis  lundi 2 novembre, une réunion du Bureau du parlement pour examiner et adopter le budget du parlement de la Cedeao pour l’exercice 2021.

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