Le Laboratoire de biomathématiques et d’estimations forestières (Labef) de l’Université d’Abomey-Calavi a lancé, lundi 1er juin, un atelier de formation intensif hybride (en ligne et en présentiel) consacré à la modélisation des maladies infectieuses. Il a permis, pendant cinq jours, de renforcer les compétences de 240 mastorants, doctorants, post-doctorants, chercheurs et professionnels de santé publique dans le domaine stratégique de l’anticipation et le contrôle des épidémies.
Il s’agit de doter les participants des outils mathématiques et statistiques nécessaires pour modéliser la propagation des maladies infectieuses telles que le paludisme, la Covid-19, Ebola, le mpox, la dengue ou le choléra.
« L’objectif de cet atelier est de renforcer les capacités des participants en matière de concepts fondamentaux de la modélisation des maladies infectieuses, de construction de modèles compartimentaux, d’analyse mathématique des modèles, d’estimation des paramètres à partir des données, ainsi que d’évaluation de l’impact des interventions de santé publique », a expliqué le professeur Romain Glèlè Kakaï, directeur du Labef.
La formation a été structurée autour des modèles compartimentaux, socle de la modélisation épidémique déterministe. Ces modèles subdivisent la population en compartiments (susceptibles, exposés, infectieux, guéris, décès) et examinent les flux entre ces compartiments dans le temps et dans l’espace, en intégrant des paramètres épidémiques, démographiques et environnementaux. Le paludisme a constitué le fil rouge pratique de la formation, avec une application concrète sur le logiciel R.
À l’issue de l’atelier, les participants sont désormais capables de simuler et visualiser la dynamique épidémique, d’estimer des paramètres à partir de données réelles et de modéliser l’impact des interventions de santé publique : vaccination, confinements, lutte antivectorielle, etc.
« Notre mission est précisément de construire et d’utiliser ces modèles pour mieux comprendre les phénomènes complexes qui affectent nos sociétés, et d’éclairer les décisions susceptibles d’améliorer la santé et le bien-être de nos populations », a déclaré le Dr (MC) Jonas T. Doumate, directeur adjoint du Labef.
L’atelier a été financé par le Vaccine impact modelling consortium (Vimc), avec le soutien du Hrh-Semca, de la Fondation Alexander von Humboldt et du Sub-Saharan Africa Consortium for Advanced Biostatistics (Ssacab Programme).
Cette initiative s’inscrit dans une série démarrée en 2025, axée sur la modélisation appliquée avec R. Elle traduit la volonté du Labef de combler un déficit criant de compétences en modélisation épidémique sur le continent africain, alors que les épidémies successives ont rappelé l’urgence de former une masse critique d’experts capables d’éclairer les décisions de santé publique.
