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PRÉDICATION : Jusqu’à quand y aura-t-il la paix dans nos églises ?

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Par Rév. KOUDJROHEDE Jean de Dieu, pasteur protestant méthodiste

Dans une prédication placée sous le thème « Jusqu’à quand y aura-t-il la paix dans nos églises ? », le révérend Jean de Dieu Koudjrohèdé interpelle les responsables ecclésiastiques ainsi que fidèles sur les dérives qui, selon lui, fragilisent le témoignage de l’Église. Gestion de l’argent, abus de pouvoir, favoritisme, injustice, mensonge et impureté … Il appelle à la transparence, à la repentance et à un retour aux valeurs chrétiennes.

Texte :
Jérémie 6:13-14, Ez 34:1-10, Es 1:21-23, Mat. 23:23-28, Actes 5:1-11, 1 Pierre 5:1-4

Introduction

C’est une question qui doit nous réveiller. « Jusqu’à quand y aura-t-il la paix dans l’Église ? »
Cette question n’est pas une attaque contre l’Église, c’est un cri de douleur pour l’Église.
L’Église appartient à Jésus-Christ. Elle n’appartient ni à un président, ni à un pasteur, ni à un évêque, ni à un conseil, ni à une génération. Jésus a dit : « Je bâtirai mon Église, et les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle » (Matthieu 16:18).

Mais lorsque ceux qui sont chargés de conduire le peuple de Dieu commencent à utiliser leur position pour leurs intérêts personnels, lorsque la vérité est remplacée par le mensonge, lorsque la justice est remplacée par le favoritisme, lorsque l’argent destiné à l’œuvre de Dieu est mal géré, lorsque l’impureté gagne les responsables, l’Église doit s’arrêter et entendre la voix de Dieu : Jusqu’à quand ?

1. Jusqu’à quand l’Église va-t-elle tolérer ce que Dieu condamne ?

Bien-aimés, le prophète Jérémie déclare : « Depuis le plus petit jusqu’au plus grand, tous sont avides de gain, depuis le prophète jusqu’au sacrificateur, tous usent de tromperie. » (Jérémie 6:13).

Le problème n’est pas seulement dans le monde. Il peut entrer dans la maison de Dieu. Et aujourd’hui, le problème est réel dans l’Église. Oui, la corruption peut entrer dans les bureaux de l’Église. Le mensonge peut entrer dans les réunions. Le favoritisme peut entrer dans les nominations. L’argent peut devenir une idole – Le pouvoir peut remplacer le service…. Et lorsque cela arrive, il ne faut pas simplement demander : « Qui a fait cela ? » Il faut demander : « Seigneur, qu’est-ce qui est arrivé à ton Église ? »

2. Quand les bergers se nourrissent eux-mêmes, les brebis souffrent : c’est malheureux.


Oui, Ézéchiel 34 est extrêmement sévère contre les mauvais bergers. Dieu dit : « Malheur aux pasteurs d’Israël, qui se paissaient eux-mêmes ».

Remarquons bien : Dieu ne condamne pas le fait d’être responsable. Il condamne le responsable qui oublie pourquoi Dieu lui a confié la responsabilité. Le ministère n’est pas un trône. Le ministère est un service. La responsabilité ecclésiastique n’est pas une propriété privée. C’est une charge confiée par Dieu. Ainsi donc, un président doit servir, un pasteur doit servir, un directeur doit servir, un conseil doit servir, un responsable doit servir. Jésus lui-même a dit : « Celui qui voudra être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave » (Matthieu 20:27).

Alors, quand le responsable devient dominateur, manipulateur, injuste ou intéressé, il faut revenir à la parole du Christ.

3. Bien-aimés, l’argent de Dieu ne doit jamais devenir l’argent personnel.

On ne peut jamais confondre sa propre poche et la caisse commune de l’Église.
L’Église peut avoir besoin d’argent.
Elle peut construire.
Elle peut payer ses ouvriers.
Elle peut soutenir les pauvres.
Elle peut envoyer des missionnaires.
Elle peut former des serviteurs. Mais l’argent de l’Église doit être administré avec transparence, intégrité, responsabilité et crainte de Dieu.

Paul, l’apôtre écrit : « Nous recherchons ce qui est bien, non seulement devant le Seigneur, mais aussi devant les hommes » (2 Corinthiens 8:21). Voilà un principe puissant. Il ne suffit pas de dire : « Dieu connaît mon cœur ». Il faut également accepter que la gestion soit contrôlée, vérifiée et expliquée.

En effet, je connais une église locale où les responsables financiers font périodiquement de compte rendu à son Assemblée avec transparence et explication assortie d’applaudissements. C’est un témoignage à l’actif de ces responsables.
Une Église saine ne doit pas avoir peur de la transparence. La lumière ne détruit pas une œuvre honnête. Elle la protège.

4. Bien-aimés, jusqu’à quand l’injustice sera-t-elle utilisée comme instrument de gouvernement ?


Oui, il existe une injustice qui fait particulièrement mal : lorsque celui qui devrait défendre la justice devient lui-même une source d’injustice.
On peut blesser un serviteur de Dieu par une décision injuste. On peut briser une famille par une décision arbitraire. On peut humilier un pasteur par une affectation utilisée comme punition. On peut favoriser certains et marginaliser d’autres. Mais l’Église doit se souvenir d’une chose : Dieu voit ce que les hommes ne voient pas.
Le Psaume 11:7 nous dit : « Car l’Éternel est juste, il aime la justice ».
L’Église de Jésus-Christ ne doit pas être gouvernée par la vengeance. Elle doit être gouvernée par la justice, la vérité, la sagesse, et l’amour.

5. Bien-aimés, le mensonge ne peut pas construire durablement l’Église : C’est impossible.


On peut tromper une assemblée – on peut tromper un conseil – on peut tromper un synode ou une conférence. On peut même tromper pendant un certain temps ceux qui nous entourent, même ceux qui nous conseillent –  mais on ne trompe jamais Dieu.

Par exemple dans Actes 5, le texte nous présente Ananias et Saphira. Le problème n’était pas seulement l’argent, le problème était le mensonge. Pierre, l’apôtre dit : « Ce n’est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu ». Terrible parole en vérité !
Lorsque la vérité est volontairement cachée dans l’Église, ce n’est pas simplement un problème  administratif. C’est un problème d’ordre spirituel. C’est un démon qui dérange.

6. Bien-aimés, l’impureté au sommet de l’Église est une blessure pour le corps de Christ, voire un scandale.


L’Église doit parler avec courage de la sainteté que John Wesley a mentionnée dans sa doctrine.
Un responsable spirituel ne peut pas prêcher la pureté tout en vivant dans l’impureté. Il ne peut pas demander aux jeunes de respecter le mariage tout en détruisant lui-même les foyers. Il ne peut pas condamner publiquement le péché et le pratiquer secrètement.

Jésus dit dans Matthieu 23:27 : « Vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui au-dedans, sont pleins d’ossements de morts ». C’est une parole terrible.
Dieu ne cherche pas des responsables qui ont seulement une belle apparence spirituelle. Dieu cherche des hommes et des femmes dont la vie correspond au message qu’ils annoncent.

7. Bien-aimés, jusqu’à quand les petits seront-ils sacrifiés pour protéger les grands ?

Voilà une question que l’Église doit avoir le courage de poser. Pourquoi parfois protège-t-on le puissant et abandonne-t-on le faible ? Pourquoi demande-t-on au petit de se taire ? Pourquoi certaines personnes sont-elles intouchables ? Pourquoi certaines fautes sont-elles pardonnées aux dirigeants et sévèrement condamnées chez les fidèles ?

Dieu n’est pas partisan du ”deux poids et deux mesures”. C’est pourquoi le protestantisme rejette toute  « infaillibilité papale » ou présidentielle. Dieu seul est immuable. C’est pourquoi l’Apôtre Jacques dit : « Vous faites du favoritisme, vous commettez un péché.» (Jacques 2:9).

Je connais une grande Église qui a connu une crise sans précédent qui a duré près de vingt ans. Et Dieu dans sa bonté envoya le Roi “Cyrus” qui a fait une œuvre de réconciliation et d’unification et quelques années après, le président qui est appelé à consolider cette paix retrouvée, tombe dans le même travers et plus gravement encore que ce qu’on reprochait aux responsables de la première crise ! Et maintenant, la campagne a déjà commencé ou le mot d’ordre  est : « celui que je vous dis de voter, c’est lui que vous devez plébisciter. Si  possible, scannez votre vote et me l’envoyer ». Quel dommage pour l’Eglise ! 

Pour quelle paix, pour quelle justice ? L’Église ne peut pas proclamer la justice devant le monde et pratiquer l’injustice à l’intérieur. Ce faisant, veut-on la paix dans l’église ?

8. Bien-aimés, la vraie paix n’est pas le silence.


Voici quelque chose que nous devons comprendre. Le silence n’est pas toujours la paix. Parfois, on dit : « Il faut préserver la paix dans l’Église. » Mais quelle paix ? Une paix ou personne n’a le droit de parler ? Une paix où les victimes doivent se taire ? Une paix sur le dos de la transparence bancaire, sans culture de la pureté ? Une paix où le mensonge est protégé ? Une paix où l’injustice est cachée ?
Ce n’est pas la paix biblique. La véritable paix de Dieu passe par la vérité. Jésus dit : « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira.» (Jean 8:32). La vérité peut faire mal au commencement. Mais le mensonge détruit à la fin.

9. Bien-aimés, l’Église doit revenir à la repentance.


Le remède n’est pas seulement de changer les dirigeants. Le remède est plus profond : Il faut revenir à Dieu.

  • Il faut une repentance personnelle.
  • Une repentance pastorale.
  • Une repentance institutionnelle.
  • Une repentance financière.
  • Une repentance morale.
  • Une repentance spirituelle.

Il faut pouvoir dire : « Seigneur, nous avons péché. Pardonne-nous. Purifie-nous. Restaure ton Église. »
Dans 2 Chroniques 7:14, la parole de Dieu dit :

« Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’humilie, prie, et cherche ma face, et s’il se détourne de ses mauvaises voies, je l’exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai son pays. »

Oui, Dieu peut encore restaurer son Eglise. Bien aimés, ne perdons pas l’espérance. L’Église peut être malade sans être morte. Il existe encore des serviteurs honnêtes. Il existe encore des pasteurs fidèles. Il existe encore des chrétiens qui aiment la vérité. Il existe encore des hommes et des femmes qui refusent de vendre leur conscience et de se courber devant Baal. Il existe encore une génération qui veut servir Dieu sans vendre son âme au pouvoir, à l’argent ou aux intérêts personnels.

Dieu prépare toujours un reste fidèle. Le prophète Élie pensait être seul. Mais Dieu lui dit : « Je me suis réservé en Israël sept mille hommes » (1 Rois 19:18).
Alors, même lorsque la situation semble sombre : Dieu n’a pas abandonné son Église.

Bien-aimés, chers frères et sœurs dans le Seigneur Jésus, jusques à quand ?

La question demeure : Jusqu’à quand ?

  • Jusqu’à quand l’injustice ?
  • Jusqu’à quand le mensonge ?
  • Jusqu’à quand la corruption ?
  • Jusqu’à quand la mauvaise gouvernance ?
  • Jusqu’à quand l’impureté ?
  • Jusqu’à quand le favoritisme ?
  • Jusqu’à quand le silence devant ce qui détruit le témoignage de l’Église ?

Mais aujourd’hui, Dieu nous pose une question plus profonde : « Et toi, que vas-tu faire pour que mon Église retrouve sa sainteté ? »

Ne cherchons pas seulement les coupables. Demandons-nous : suis-je moi-même fidèle ? 

Ne demandons pas seulement : « Quand les dirigeants vont-ils changer ? » Demandons :

« Seigneur, commence par moi ».

Car la réforme de l’Église commence toujours par la réforme du cœur. Que chacun se remette en cause et s’agenouille devant le trône de la grâce pour demander le pardon de ses fautes. L’Église doit être en paix, l’Église appartient à Jésus-Christ.

  • L’argent de l’Église doit servir la mission de Dieu !
  • Le pouvoir dans l’Église doit devenir service !
  • La vérité doit remplacer le mensonge !
  • La justice doit remplacer le favoritisme !
  • La sainteté doit remplacer l’impureté !
  • La transparence doit remplacer l’opacité !
  • L’amour doit remplacer les divisions !

Et Jésus-Christ doit reprendre la première place !
Jusqu’à quand ?

Jusqu’à ce que l’Église se réveille ! Jusqu’à ce que les responsables se repentent ! Jusqu’à ce la vérité soit restaurée! Jusqu’à ce que la justice coule comme un fleuve ! Jusqu’à ce que l’Église retrouve sa dignité ! Et jusqu’à ce que le monde puisse regarder l’Église et dire : « Voilà un peuple qui appartient véritablement à Jésus-Christ ! » Amen !

PRIONS

Père Éternel, au nom puissant de Jésus-Christ, nous nous levons aujourd’hui contre tout ce qui détruit ton Église : le mensonge, l’injustice, la corruption, l’impureté, les divisions, les abus de pouvoir et toute mauvaise gouvernance. Seigneur, renverse toutes oeuvres des ténèbres qui s’opposent à la vérité ! Dévoile ce qui doit être dévoilé, redresse ce qui doit être redressé, et purifie ce qui doit être purifié. Donne à ton Église des dirigeants intègres, humbles, justes et craignant Dieu. Que personne n’utilise ton œuvre pour ses intérêts personnels. Que toute forteresse de mensonge tombe ! Que toute injustice soit brisée ! Que toute corruption soit exposée et arrêtée ! Que la sainteté, la justice et la vérité reprennent leur place dans ton Église !
Seigneur, protège les innocents, fortifie ceux qui souffrent et donnent du courage à ceux qui défendent la vérité sans haine ni vengeance.

Nous déclarons que Jésus-Christ demeure le seul Seigneur et le seul chef de son Église ! Que ta lumière chasse toutes les ténèbres,  que ta paix remplace les divisions et que ton Esprit conduise une véritable restauration au nom de Jésus-Christ, Amen !

« Réveille-toi, toi qui dors ! »

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