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Intégration des Ame dans la Fonction publique : Ancienneté, âge et statut au cœur du dispositif

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Les Aspirants au métier d’enseignant (Ame) pourraient bientôt voir leur situation professionnelle évoluer. À l’issue d’une rencontre avec le président de la République, Romuald Wadagni, vendredi 11 septembre au palais de la Marina, le principe d’un recrutement progressif sur titre a été annoncé pour ces enseignants pré-insérés. Une option qui écarte l’hypothèse d’un nouveau test d’évaluation comme condition préalable à leur intégration.

Le dispositif envisagé repose notamment sur l’ancienneté. Les enseignants ayant cumulé trois contrats successifs en qualité d’Ame constituent le premier vivier concerné. Le traitement se fera par promotion et par vague, avec une priorité accordée à la promotion de 2019. Celle-ci représente plus de la moitié de l’effectif global des Ame.

Son intégration devra être achevée avant l’ouverture des prochaines vagues. L’âge sera également pris en compte dans le processus.

Les modalités présentées prévoient une limite de 35 ans pour les catégories C et D et de 40 ans pour les catégories A et B, conformément au Statut général de la Fonction publique. Cette disposition vise notamment à permettre aux agents intégrés de disposer d’une période de cotisation suffisante pour atteindre les 15 années nécessaires à l’ouverture des droits à une pension de retraite.

L’autre évolution annoncée concerne le statut des enseignants concernés. Ils devraient relever du régime des Agents contractuels de droit public des collectivités territoriales décentralisées (Acdpctd).

Ce cadre doit notamment leur permettre d’être affiliés à la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) et de bénéficier d’une gestion de carrière associant les ministères chargés de l’enseignement et les collectivités territoriales.

L’accès aux services financiers figure également parmi les avantages attendus de ce nouveau statut, notamment en matière de crédit bancaire. Pour les Ame, l’enjeu ne se limite donc pas au mode d’intégration, mais touche également à la sécurisation de leur parcours professionnel et social.

La perspective annoncée a été accueillie favorablement par les représentants des enseignants.

Pancrace Dossou, de la Fédération nationale des collectifs des enseignants pré-insérés du Bénin, a fait état d’un consensus autour des modalités présentées et appelé ses collègues à faire preuve de courage et d’abnégation. Rodoine Montanh, du Creuset national des aspirants au métier d’enseignant, a, pour sa part, estimé que les premières avancées pourraient intervenir avant la fin de l’année.

Les organisations syndicales présentes à la rencontre, notamment la Cosi-Bénin, la Csa-Bénin et la Cstb, ont néanmoins appelé à la concrétisation rapide des annonces. Le principe étant posé, plusieurs étapes réglementaires et administratives restent à franchir avant le démarrage effectif de l’opération.

La Csa-Bénin a notamment relevé les difficultés liées au calendrier, estimant qu’il serait difficile de boucler l’ensemble du processus avant la prochaine rentrée scolaire. Les syndicats souhaitent toutefois que le gouvernement engage rapidement les différentes étapes devant conduire à la mise en œuvre du dispositif.

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