L’African Business Law Firms Association (ABLFA) a organisé, le 7 septembre 2026, un colloque sur le thème : « Réussir l’investissement en Afrique, c’est allier profitabilité et humanité », à Paris. Ce symposium a rassemblé des participants de divers horizons et d’institutions africaines de développement. Dans son mot de bienvenue, Mᵉ Michel Brizoua-Bi a invité ses confrères à se remobiliser afin « qu’une priorité soit donnée à la construction de places de droit de rang international en Afrique ».
L’investissement en Afrique conserve ces dernières années une progression relativement stable. De 4,5 % en 2025 en matière de croissance économique, selon les Perspectives économiques régionales 2026, la performance de l’Afrique subsaharienne devrait baisser à 4,3 % en 2026. Cette récession est aussi observée au niveau des investissements directs étrangers (IDE), qui n’ont capté que 59 milliards de dollars US en 2025, soit 38 % de moins qu’un an plus tôt. Ces chiffres sont issus du Global Investment Trends Monitor. Les performances susmentionnées de la croissance économique africaine et l’attrait de ses secteurs rentiers sont évidents. Dans son allocution, Me Brizoua-Bi rappelle toutefois qu’ils « ne doivent pas masquer les défis importants » à relever. En réalité, pour le président-fondateur de l’ABLFA, Me Brizoua-Bi, « dans la compétition mondiale pour l’attraction de l’investissement privé, les nations du monde ne se limitent plus à vendre uniquement leurs atouts économiques ».
Autrement dit, l’attractivité économique n’est pas le seul facteur attirant les investisseurs. En vérité, au-delà de la variable sus-évoquée, l’environnement juridique joue aussi un rôle crucial. Dans cette logique, « l’investisseur qui prend des risques est en quête d’espaces offrant une sécurité juridique et judiciaire optimale », révèle Me Brizoua-Bi. Cela s’explique par la multiplicité des cadres réglementaires nationaux, des mécanismes de règlement des différends et des considérations fiscales, s’apparentant à un complexe labyrinthe juridique. En avoir la maîtrise permet donc aux investisseurs de naviguer efficacement dans des paysages juridiques multiniveaux. « Les grandes métropoles l’ont compris », argumente Me Brizoua-Bi. « Elles sont construites, aux côtés de Londres, de Genève, de Singapour ou de New York, comme des places de droit de référence mondiale », va poursuivre ce dernier. Ceci justifie l’appétence systématique des investisseurs internationaux pour le règlement de leurs différends au sein de places d’arbitrage extracontinentales.
Crédibilité internationale
Les centres d’arbitrage du continent qui jouissent d’une crédibilité internationale ne manquent pas. La Cour Commune de Justice et d’Arbitrage de l’OHADA à Abidjan, les centres d’arbitrage du Caire, de Kigali, de Lagos, de Casablanca ou de Maurice illustrent cet état de fait. Ils ont été érigés « en vue de garantir aux investisseurs privés la sécurité juridique de leurs investissements en cas de différends », déclare Me Brizoua-Bi. Toutefois, dans la perspective d’offrir plus de possibilités aussi bien aux investisseurs qu’à l’investissement en Afrique lui-même, Me Brizoua-Bi annonce que « le temps est donc venu de doter l’Afrique de places de droit de réputation internationale ». Puisqu’en dépit de tout, la recherche de « recettes pouvant amplifier les réussites de l’investissement en Afrique » fait aussi partie des missions de l’ABLFA. « Nos clients, les investisseurs, les régulateurs, les États et la société civile nous attendent à cet effet », affirme le Maître.
Avant de clore ses propos introductifs, Me Brizoua-Bi a aussi rappelé l’importance de prioriser l’humain dans toutes les initiatives. « Un investissement sans visage humain est fragile », dit-il. Il explicite en détail « qu’il peut menacer la stabilité des pays d’accueil et finir par se retourner contre l’investissement lui-même ». À titre d’exemple, il évoque que « nous en connaissons tous des exemples : des projets à l’arrêt, des concessions renégociées, des contrats parfaitement rédigés qui n’ont pas survécu à la perte de leur acceptabilité sociale, etc. ». Subséquemment, apporter plus d’humanité dans l’investissement en Afrique permettrait non seulement d’insuffler des transformations aussi bien au niveau structurel que conjoncturel. Pour lui, « les Avocats ne sont pas des chasseurs d’honoraires ; ils sont animés d’un idéal humaniste ». C’est ce qu’on devrait aussi retenir des avocats.
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