Les préoccupations des populations du Plateau étaient au cœur des échanges, vendredi 4 septembre, à la préfecture de Pobè. À l’occasion du lancement des activités du conseil départemental du Conseil économique et social (CES), le président de l’institution, Abdoulaye Bio Tchané, a invité les conseillers à se rapprocher davantage des communautés afin de mieux porter leurs attentes au niveau national.
Cette étape de la tournée nationale de lancement des activités des conseils départementaux coïncidait avec l’ouverture de la deuxième session ordinaire du conseil départemental du CES du Plateau. Elle a permis de préciser les ambitions de la huitième mandature, notamment celle de rapprocher davantage l’institution des citoyens.
Pour Abdoulaye Bio Tchané, la départementalisation du CES doit modifier le rapport entre l’institution et les populations. Il souhaite voir le CES jouer davantage son rôle de relais des préoccupations exprimées à la base. « Je veux que le Conseil économique et social change afin de porter davantage la voix des sans-voix.
Les citoyens qui n’avaient aucune porte à taper peuvent désormais taper à votre porte pour faire entendre leurs préoccupations », a déclaré le président du CES.
Selon lui, les conseillers départementaux doivent être au contact des réalités vécues dans leurs territoires afin de mieux les faire remonter au niveau national. Il les a particulièrement exhortés à assumer leur rôle d’interface entre les populations et les institutions. « Vous devez porter les préoccupations des populations du département du Plateau. Vous êtes l’interface de nos populations au niveau national », a-t-il lancé aux conseillers.
Cette mission s’inscrit dans les quatre grands axes retenus par la huitième mandature. Il s’agit notamment de renforcer la pertinence du CES, de développer la proximité citoyenne, de consolider le dialogue avec les autres institutions de la République et de contribuer au rayonnement international du Bénin.
Le Plateau expose ses préoccupations
À l’étape de Pobè, le préfet Délonix Kogblévi a présenté plusieurs défis auxquels sont confrontées les populations des cinq communes du Plateau. Il a notamment évoqué le désenclavement routier, le soutien au secteur agricole, l’autonomisation des femmes, l’emploi des jeunes et la gestion durable des ressources naturelles.
Pour le préfet, les conseillers départementaux ont désormais un rôle important à jouer dans la remontée de ces préoccupations. Il a salué la proximité nouvelle offerte par le CES et appelé à une collaboration renforcée entre les acteurs locaux et l’institution. « Votre rôle est plus décisif. Vous êtes la voie, la boussole et le miroir des réalités vécues par nos concitoyens à la base. Le département du Plateau fait face à des défis environnementaux, sociaux, économiques, sécuritaires et culturels majeurs », a-t-il déclaré.
Délonix Kogblévi a également mis en avant le potentiel économique du département. Selon lui, les ressources disponibles sur le territoire peuvent constituer un véritable levier de développement. « Nous n’avons pas grand-chose dans notre sous-sol, mais ce que nous avons sur notre sol peut nous procurer la richesse et le bien-être dont nous rêvons tous », a-t-il souligné.
Ces différentes préoccupations sont appelées à alimenter le travail des conseillers départementaux, qui devront recueillir les attentes des populations, les analyser et les porter auprès du CES.
La coordonnatrice départementale du CES dans le Plateau, Awaou Bissiriou, a réaffirmé l’engagement de son équipe à accompagner les orientations de la huitième mandature. Elle a insisté sur la nécessité de renforcer la présence de l’institution au sein des communautés et de mieux prendre en compte leurs aspirations.
Selon elle, la départementalisation a permis de rapprocher davantage le CES des réalités locales. « Nous avons jeté les bases plus solides et redonné à l’institution sa pertinence et sa visibilité plus près des réalités locales », a-t-elle déclaré.
Pour les cinq prochaines années, la coordination entend contribuer à une action du CES plus utile, plus performante et plus proche des citoyens, notamment sur les grands enjeux économiques, sociaux et environnementaux.
La rencontre de Pobè a également servi de cadre à l’explication des réformes récentes intervenues dans le fonctionnement du CES. Le deuxième vice-président de l’institution, Pascal Essou, a présenté les implications de la loi organique du 31 juillet 2026 relative à l’intégration des fonctions du Médiateur de la République au sein du CES.
Cette réforme a entraîné une adaptation du Règlement intérieur de l’institution, déclaré conforme à la Constitution par la Cour constitutionnelle le 27 août 2026. Désormais, les fonctions relevant du Médiateur de la République sont exercées par le premier vice-président du CES, conformément aux nouvelles dispositions.
